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L'échec des écoles belges

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11 févr. 2010 à 09:54Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Tout cela repose sur une étude de l'Ires (UCL) http://www.uclouvain.be/regards-economiques.html édifiante sur la situation de l'enseignement tant en Communauté Française qu'en Flandre.

L'enseignement est pourtant en débat et en réforme depuis 30 ans, sans visiblement empêcher que la situation se dégrade : un enfant de famille modeste a pratiquement 4 fois plus de risques de se retrouver dans l'enseignement professionnel qu'un enfant plus favorisé socialement. Dans aucun autre pays,  la situation n'est aussi inégalitaire. Le monde de l'enseignement réclame depuis longtemps des moyens supplémentaires. Or l'école, chez nous, est généralement plus confortablement financée que dans la plupart des autres pays développés. L'encadrement est aussi supérieur à la moyenne. Malgré cela, le niveau atteint par les élèves est généralement très inférieur aux moyennes.

C'est donc dans la structure-même, dans l'organisation de notre enseignement que le bât blesse. Et donc clairement, la responsabilité de ceux qui ont en charge l'enseignement depuis 30 ans est en cause.

La multiplication des réseaux, le choix très précoce des filières ou le redoublement fréquent, non seulement absorbent beaucoup de moyens mais génèrent une véritable ségrégation sociale. Les pays (généralement scandinaves) qui s'en sortent le mieux tant du point de vue de la mixité sociale que du niveau atteint par les élèves sont précisément ceux où le redoublement n'existe pas, où le choix de la filière est très tardif, où il n'y a pas de sélection sur les compétences et où il y a une relative autonomie des établissements scolaires. Chez nous, on fait "pilepoil" le contraire !

D'après l'étude, il faudrait développer la mixité scolaire dès l'école primaire et il est trop tard de s'y attacher à l'entrée du secondaire. La situation est tellement dégradée en Communauté Française, qu'il faudrait déplacer 42% des élèves issus de familles modestes vers d'autres établissements.

L'organisation de l'école est en chantier depuis de trop longues années. En vain. L'école constitue un réel axe de redéploiement économique. En Wallonie, plus d'un chômeur de longue durée sur deux n'a pas de diplôme du secondaire. A Bruxelles, un jeune (18-25 ans) sur trois est au chômage, faute de qualification. A méditer... avant d'agir.

 

Philippe Walkowiak

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