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L'eau en bouteille pas toujours conforme aux critères de potabilité

L'eau en bouteille pas toujours conforme aux critères de potabilité
28 janv. 2016 à 14:50 - mise à jour 28 janv. 2016 à 14:503 min
Par Olivier Thunus

Le secteur public de l'eau représente 5 600 emplois en Wallonie. Le triple dans le privé. De nombreuses personnes qui travaillent donc à l'assainissement et à la distribution de l'or bleu, une eau qui doit être potable quand elle sort du robinet. C'est une obligation. L'Organisation mondiale de la Santé a d'ailleurs définit les critères sur base desquels une eau peut être qualifiée de potable. Or certaines eaux en bouteille que l'on trouve dans les commerces ne répondent pas à cette définition de potabilité.

"Une eau potable, c’est une eau qui n’est pas dommageable pour la santé, pendant la vie d’une personne, donc un âge moyen de 70 ans à raison d’un litre et demi bu par jour. Sur base de ce constat, l’Organisation mondiale de la Santé a émis des paramètres maximum à ne pas dépasser", explique Ariane Claessen, formatrice au polygone de l'eau à Verviers.

"Dans le commerce, certaines eaux présentent des minéraux en excès. Des minéraux qui ne sont pas dommageables à court terme, c’est pour ça que vous avez souvent une annonce qui édicte ‘variez les eaux minérales’, pour ne pas surcharger le travail de nos reins. Ces eaux-là ne respectent pas certains critères de potabilité puisque le calcium par exemple est supérieur à la norme édictée en la matière. Ça ne veut pas dire que ces eaux sont dangereuses. Quant il y a un manque d’un élément comme le calcium ou le magnésium, il vaut mieux en discuter avec son médecin pour voir la meilleure manière de retrouver cet élément : est-ce que c’est via la prise d’une boisson enrichie en la matière, ou est-ce via d’autres compléments alimentaires ?"

Hausse jusqu’en 2019

L’eau en bouteille reste bien plus chère que l’eau du robinet, qui a l’obligation d’être potable. Et le prix de l'eau, c'est un élément important du budget des ménages. Ce prix, il va continuer à augmenter jusqu'en 2019 et le principe du pollueur-payeur reste d'actualité. Après, il faut s'attendre à une stabilisation. Deux volets le composent : la distribution et l'assainissement. Et durant les prochaines années, c'est le volet assainissement qui sera surtout la cause de l'augmentation.

Cette augmentation du prix de l’eau avoisinera les 10 pc d’ici 2019. Pourquoi à cause du secteur assainissement ? Parce que c'est là qu'il reste principalement des investissements à faire : "On est maintenant à 90 pc des eaux usées qui sont traitées dans des stations d’épuration, en matière d’assainissement collectif. Il reste donc un solde de 10 pc de la population à assainir en collectif. Il y a aussi 10 pc de la population qui vit en assainissement autonome et qui a été un peu délaissé. Et donc il est vrai que les gens sont souvent démunis par rapport au système qui est installé : il est enterré, ça nécessite aussi de l’entretien, et donc là on vise à améliorer tout ce qui concerne le suivi des système au niveau de l’entretien, du contrôle également, et aussi de tout ce qui concerne la vidange des boues de stations d’épuration individuelles", précise Jean-Luc Lejeune, conseiller à la Société publique de gestion de l’eau.

Recherche des fuites

Un autre élément qui joue sur le prix de l'eau, ce sont les fuites dans le réseau d'eau. C'est un vrai problème auquel s'attaquent les sociétés de distribution. "On a un projet à la SWDE qui est de sectoriser tout notre réseau d’eau en zones au sein desquelles on sait précisément ce qui rentre et ce qui sort. Et en comparant le résultat de ce calcul à des références, on peut dire si la zone est en fuite ou pas. Ensuite on envoie du personnel pour pouvoir détecter les fuites et les localiser de manière précise sur base de la recherche d’un bruit", explique Denis Devos, en charge de la recherche des fuites à la SWDE. "Une nouvelle technique est aussi d’injecter de l’hydrogène ou de l’hélium dans les conduites d’eau et de détecter les émissions de ce gaz à la surface du sol, et donc de détecter les fuites".

Les fuites représentent jusqu'à 30 pc de pertes d'eau de distribution en Wallonie, une région qui en Europe n'est pas dans les plus mal loties en la matière.

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