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Athlétisme

L'athlé innove pendant le Covid : "Pour survivre, il faut être créatif et sortir de ses habitudes"

L'athlé innove pendant le Covid : "Pour survivre, il faut être créatif et sortir de ses habitudes"
11 juin 2020 à 05:16Temps de lecture2 min
Par Martin Weynants

Ce jeudi 11 juin, le meeting d’Oslo propose un programme alléchant et innovant. Pour l’occasion le Bislett a même changé de nom. Les Impossible Games sont le dernier exemple d’un athlé new-look qui s’est adapté pendant confinement lié au Covid-19.

Sclérosé et incapable d’évoluer, l’athlétisme a souvent été considéré comme un sport trop attaché à ses traditions. Et c’est vrai que le premier sport olympique a peu changé. Le matériel, les pistes et la technique ont fait progresser différentes disciplines mais les formats de compétition eux sont quasiment restés inchangés depuis que les JO ont été rénovés.

Les propositions pour moderniser l’athlé de Papa ont même souvent provoqué des crispations et des réticences. On pense notamment à la volonté de refondre les épreuves combinées, portée par Svein Arne Hansen en 2017. Pas vraiment accueillie chaudement par les spécialistes.

Évoluer ou disparaître. Tel semblait le sort promis à l’athlé. Et pourtant dans la crise actuelle, c’est clairement l’un des sports qui a le plus réussi à exister. Et avec de nombreuses innovations.

Une créativité stimulée par le confinement

World Athletics, le nouveau nom de la fédération internationale, a soutenu les "Garden clashes" entre les perchistes (hommes et dames) puis les décathloniens. Les initiatives individuelles et les organisateurs de meeting n’ont pas non plus manqué d’idée. Le 12 juin Düsseldorf sera le théâtre d’un concours de perche en mode Drive-in. La Norvège est aussi à la pointe du combat. Après un 5000 m dans les rues de Stavanger, le Bislett d’Oslo a imaginé une version "covid" de son rendez-vous annuel – les Impossibles Games - avec un duel à distance "Afrique-Norvège" en demi-fond et des courses avec les stars locales sur des distances inhabituelles (300 m haies,…).

"Je suis content de voir que ça bouge que l’athlétisme sort un peu de sa léthargie en étant un peu créatif en jouant avec de nouvelles règles. Pour survivre, il faut être créatif. Il faut sortir de ses habitudes. Comme désormais, on est que dans l’exhibition tout est permis. Pour des championnats homologués, on doit rester dans les traditions. Ici on peut vraiment faire tout ce qu’on veut. Il faut se rappeler que le sport est un jeu. On joue au foot ou au tennis, on joue désormais à l’athlétisme", se réjouit Frédéric Xhonneux notre consultant.

"Le petit bémol, c’est que cela concerne très peu de personne. Il y a très peu de compétitions. La grande majorité des athlètes restent dans les starting-blocks", ajoute-t-il.

Un pentathlon en 30 minutes avec Nafi, Frédéric Xhonneux en rêve

Zürich, qui devait accueillir la finale de la Diamond League, a emboîté le bas avec des formats similaires. Le Mémorial Van Damme se prépare à une édition totalement différente des 43 précédentes. Ces dernières semaines, les têtes chauffent chez Golazo, l’organisateur, pour proposer une expérience attrayante et innovante.

Frédéric Xhonneux a une idée pour le meeting bruxellois. "Vu les qualités des athlètes qu’on a chez nous, je pense qu’il y a pas mal de choses à faire. Si tout est permis Je pense à Nafi (Thiam). Quelque chose qui pourrait être extrêmement spectaculaire, ce serait de la voir faire un heptathlon en 45 minutes sur le modèle du décathlon en une heure. Et comme elle préserve son coude, pourquoi pas organiser un pentathlon (sans le javelot donc) sur 30 minutes et à distance contre Katarina Johnson-Thompson (la championne du monde de Doha) par exemple. Et si on peut rêver, ça pourrait se faire en live sur la RTBF et sur la BBC".

L’athlé s’est projeté vers l’avenir et a entamé sa révolution. Dans la difficulté, le premier sport olympique
 a su s’adapter rapidement.

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