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La couleur des idées

L’Asturienne, le nouveau récit de Caroline Lamarche : quand l’héritage devient œuvre littéraire

Caroline Lamarche à Rixensart en mai 1997.
24 sept. 2021 à 15:23 - mise à jour 08 oct. 2021 à 12:592 min
Par Tania Markovic et Pascale Seys

Quand les mines disparaissent, que reste-t-il du passé industriel qui hissa la Belgique parmi les premières puissances industrielles du XIXe siècle ? Lorsqu’un "malheur dynastique" survient et qu’un homme, "héritier d’une longue chaîne de pionniers de l’industrie, se trouve le premier à ne pas pouvoir rejoindre cette illustre position", que lui reste-t-il ? Que faire de notre héritage, matériel comme immatériel ? Voici quelques questions qui apparaissent en filigranes du dernier ouvrage de Caroline Lamarche.

 

Cette semaine, La Couleur des idées se met au service de la littérature, art majeur permettant aux histoires personnelles d’entrer en résonance avec la grande histoire. C’est le cas du dernier ouvrage de Caroline Lamarche, L’Asturienne, paru aux éditions Les Impressions nouvelles.

L’Asturienne raconte l’enrichissement d’une puissante famille liégeoise, pionnière de la métallurgie du zinc au milieu du XIXe siècle dans la province espagnole des Asturies, le tout sur fond d’un roman d’aventures industriel qui a propulsé la Belgique sur le marché mondial.

Il s’agit d’un récit personnel. En effet, la famille dont il est question est celle de Caroline Lamarche et le travail titanesque effectué par l’auteure n’est autre que ce qu’elle nomme son "héritage immatériel" qui lui a été légué par son père. Ce dernier a rassemblé compulsivement photographies, écrits et correspondances en lien avec l’histoire familiale (en l’occurrence celle de son épouse). Lorsque son père décède, en 2001, Caroline Lamarche n’est pas dépositaire de cette mémoire : à l’époque le sujet ne l’intéresse pas. Ce n’est qu’en 2013 qu’elle "commence à ouvrir les malles" et s’y plonge à corps perdu. Depuis lors elle n’en est plus sortie, entreprenant un travail de longue haleine pusique huit ans et six versions ont été nécessaires pour lui permettre d’effectuer un choix parmi les archives et de se tracer un chemin au milieu de son histoire familiale ! Caroline Lamarche – jusque-là connue comme romancière et nouvelliste (lauréate du prix Rossel en 1996 pour Le jour du chien, elle obtient également le Goncourt de la Nouvelle en 2019 avec Nous sommes à la lisière), voulait faire œuvre littéraire : c’est la première fois qu’elle écrit un livre de trois cents pages, un défi pour elle ! C’est aussi la première fois que son point de départ est une matière documentaire. Une quête mémorielle qui aura nécessité la passion des "vieux papiers", de la patience, un amour pour l’écriture et une grande implication personnelle.

Un entretien mené par Pascale Seys à écouter ci-dessous ce samedi 24 septembre dès 11 heures

La couleur des idées

Caroline Lamarche

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