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L'Art et la Douleur

L'Art et la Douleur
28 août 2021 à 12:005 min
Par Fabienne Vande Meerssche

Ce samedi 28 août 2021, les invité.e.s de Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) dans LES ÉCLAIREURS : sont Giulia Liberati, Docteure en Neurophysiologie et Chercheur Qualifié FNRS à l’UCLouvain (Institute of Neuroscience - IoNS) & Kim Oosterlinck, Professeur de Finance à Solvay Brussels School of Economics and Management, chercheur au Centre Emile Bernheim et historien de l’art (ULB).

 

DIFFUSION : samedi 28 août 2021 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 29 août 2021 à 23h10’

Giulia Liberati

Giulia Liberati

Giulia Liberati est Docteure en Neurophysiologie et depuis 2020, Chercheur Qualifié FNRS à l’UCLouvain où elle mène à l’Institute of Neuroscience (IoNS) des recherches en Neurophysiologie autour de la douleur.

Giulia Liberati est titulaire d’un Master en Psychologie clinique et Psychologie expérimentale à l'Université La Sapienza. Sa thèse, réalisée en partenariat avec l’Université La Sapienza et l'Université Eberhard Karls, s’intitule : "Développement d’une interface cerveau-ordinateur pour aider à classer les états mentaux des patients atteints de la maladie d’Alzheimer".

Les mécanismes de la douleur

Lors de sa thèse et de ses travaux sur la communication entre le cerveau et l’ordinateur - le BCI (Brain computer interfaces) -, Giulia s’est familiarisée avec l’ensemble de la neuroimagerie, qui lui permet notamment aujourd’hui de développer un nouvel axe de recherche orienté sur les mécanismes cérébraux de la douleur. Les voies nerveuses par lesquelles les signaux de douleur arrivent dans le cerveau (via la moelle épinière) sont bien connues et les régions cérébrales sous-corticales liées à la douleur ont été identifiées. Mais existe-t-il des zones corticales spécifiques à la douleur ? Cette question demeure. En effet, les mécanismes cérébraux de la douleur restent mal compris à ce jour, alors même que la douleur chronique est un problème de santé majeur, affectant au quotidien des millions de personnes dans le monde.

The Pain Matrix

Dans ses recherches plus récentes, Giulia Liberati a démontré avec ses collègues de l’IoNS (UCLouvain) que l'insula postérieure - région du cortex cérébral supposée "sélective de la douleur" et appelée plus couramment "zone d’aïe" - n'encode en réalité pas spécifiquement la douleur. Toutes les parties de l’insula étudiées par les chercheurs s'activent en réponse à divers stimuli visuels, auditifs et tactiles douloureux et non douloureux. Ce constat exclut, à priori, la possibilité d'un point spécifique de la douleur dans la région de l’insula postérieure. Cette découverte pourrait contribuer à remettre en question, de façon plus générale, le concept de "matrice de la douleurcorticale.

L’hypothèse sur laquelle travaille actuellement Giulia Liberati est que la douleur émergerait des oscillations spontanées du cerveau. Pour valider cette hypothèse, Giulia combine les techniques de neuroimagerie, l’électroencéphalographie et une nouvelle méthode d’analyse … la FT OO (soit la fréquence des oscillations spontanées). 

Ces modulations pourraient constituer, à l’avenir, les biomarqueurs de la douleur. 

Article FNRS.News
Article FNRS.News Tous droits réservés

Un article sur le parcours et les recherches de Giulia Liberati a été publié dans la revue FNRS News (pp. 38-39). Pour le consulter, cliquez ici.

Les principales publications de Giulia Liberati sont listées sur Pubmed.

Kim Oosterlinck

Kim Oosterlinck

Kim Oosterlinck est Professeur de Finance à l’Université libre de Bruxelles, chercheur au Centre Emile Bernheim et Vice-recteur à la prospective et aux ressources financières.

Après des études d’ingénieur commercial et un cursus en Histoire de l'Art et Archéologie (ULB), il a rédigé une thèse de doctorat en Économie et Gestion consacrée aux dettes souveraines par temps troublés.

Il a réalisé ensuite un séjour post-doctoral aux États-Unis (Rutgers University), puis a occupé une chaire en gestion culturelle (ULB, 2006-2011) avant de prendre une charge de Professeur de Finance (ULBSolvay, 2011-)

Ses principaux thèmes de recherche sont l'évaluation des obligations souveraines, l'histoire financière et les questions liées au marché de l'art.

Kim Oosterlinck a mené des recherches approfondies sur le marché de l'art sous l'occupation et y a consacré plusieurs publications, notamment "Art as a wartime investment : conspicuous consumption and discretion"publié dans The Economic Journal - porte sur la situation en France, et l’article "Quality and Authenticity in a Market under Pressure: the Case of the Dutch Art Market during WWII" analyse, quant à lui, le marché de l’art sous l’occupation aux Pays-Bas.

Dans ses recherches, Kim Oosterlinck révèle l’essor exceptionnel du marché de l’art pendant cette période troublée. L’achat d’or y étant interdit, les œuvres d’art constituaient un excellent investissement financier. En outre, le chercheur met en évidence la dynamique de prix plus élevés pour les timbres de collection ou les œuvres de petites dimensions, qui présentaient l’avantage d’être facilement dissimulées. Il met aussi en lumière l’apparition massive de faux pendant la période de guerre.

Le marché de l'art sous l'occupation
Le marché de l'art sous l'occupation Tous droits réservés

coutez ici sa conférence, en partenariat avec l’Académie Royale de Belgique, sur "Le marché de l’art sous l’occupation (1940-1944) en France, en Belgique et aux Pays-Bas".

Dans le cadre de ses recherches, Kim Oosterlinck s’intéresse aussi à des figures spécifiques du marché de l’art sous l’occupation, telles que celles du marchand d’art Gustav Cramer et de Max Friedländer, qui fut l'un des historiens de l'art les plus réputés sur la question des œuvres flamandes et hollandaises. Tous deux étaient juifs, avaient fui l'Allemagne pour échapper au régime nazi et s'étaient installés aux Pays-Bas avant l’occupation. Les forces d'occupation n’ignoraient rien de leur situation. Kim Oosterlinck soutient que leur vie a été épargnée en raison de leurs domaines d’expertise respectifs qui en faisaient des ressources précieuses pour le régime nazi. Ainsi, Max Friedländer fut protégé par Göring, tandis que Gustav Cramer (qui travailla pour des personnes en charge du musée du Führer à Linz) fut indirectement protégé par Hitler lui-même. L’analyse de Kim Oosterlinck révèle le dilemme moral vécu par ces deux hommes pour survivre pendant l’occupation.

Dans le cadre de ses recherches relatives au marché de l’art, Kim Oosterlinck est aussi le co-auteur de "Art dealers’ inventory strategy: the case of Goupil, Boussod & Valadon from 1860 to 1914". Cette publication met en perspective les stratégies de l’une des plus grandes galeries d'art actives en France à la fin du XIXe siècle.

Les mécanismes de la douleur & le marché de l'art sous l'occupation

Les travaux de Kim Oosterlinck concernent aussi la question des emprunts émis par Léopold II au nom de l’État indépendant du Congo. Dans les articles "Why did Belgium pay Leopold’s Bonds ?" et "King Leopold’s Bond and the Odious Debts Mystery", il interroge le caractère odieux de ces dettes, la façon dont le marché percevait le risque de ces emprunts, et l’absence de débat public sur la prise en charge de ces dettes par la Belgique (après que Léopold eut transféré en 1908 la souveraineté sur le Congo à la Belgique).

Notons qu’en juillet 2020, Kim Oosterlinck avait déjà participé à une émission "Les Éclaireurs" à propos d’un article co-écrit avec ses collègues Jean Lacroix et Pierre-Guillaume Méon: "Un effet positif des dynasties politiques : le cas du vote des pleins pouvoirs du 10 juillet 1940". Un article publié par le CEPR (Centre for Economic Policy Research) dans le cadre d’un programme de recherche en Histoire économique. 

Cliquez ici pour la notice "Les Éclaireurs" à ce sujet.

Consultez ici la liste des publications de Kim Oosterlinck.

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