RTBFPasser au contenu

Belgique

Thomas Orban, médecin généraliste: "L’appel à la responsabilité individuelle, je n’y crois pas"

Thomas Orban, médecin généraliste: "L’appel à la responsabilité individuelle, je n’y crois pas"
23 nov. 2021 à 21:56 - mise à jour 23 nov. 2021 à 22:062 min
Par Hugues Angot

Les chiffres ne cessent de grimper. Actuellement, on compte 654 patients Covid-19 dans les unités de soins intensifs. Cela représente une augmentation de 21% par rapport à la semaine précédente. Que faut-il penser de ces chiffres ? Faut-il envisager des mesures supplémentaires ? QR l’actu fait le point de la situation sanitaire avec Carole Schirvel, commissaire adjointe Covid-19 et Thomas Orban, médecin généraliste.

Mesures supplémentaires ?

La situation est en train de se détériorer, explique la commissaire adjointe Covid-19, c’est la raison pour laquelle le codeco de la semaine dernière a pris des mesures supplémentaires, notamment le port du masque en intérieur. "A ce stade, il en va de la responsabilité individuelle et collective de diminuer ses contacts. Le monde politique n’a pas pris de décision en ce sens, mais il pourrait changer d’avis d’ici une semaine ou deux en fonction de l’évolution sanitaire".

Responsabilité individuelle insuffisante ?

Carole Schirvel reconnaît qu’il y a une grande lassitude au sein de la population et que ces appels à la responsabilité ne sont pas assez suivis. "Si nous prenons des mesures plus fortes, il faut aussi que la population les suive pour qu’elles soient efficaces".

Pour le médecin généraliste Thomas Orban, la situation semble hors de contrôle. "Dans mon cabinet, on fait énormément de tests, et beaucoup sont positifs. Nous sommes vraiment dans un pic. A mon sens, il est temps de faire quelque chose. Appeler à la responsabilisation, je n’y crois pas… Je constate que mes patients ne comprennent pas, ou qu’ils n’ont pas envie de comprendre".


►►► A lire aussi : Une troisième dose chez les pharmaciens pour accélérer la vaccination ? "C’est une possibilité légale que Frank Vandenbroucke a ouverte"


Assouplissements trop rapides ?

Si le monde politique a décidé d’assouplir, c’est parce que le taux de vaccination était très élevé, explique Carole Schirvel. "Nous voulions voulait donner de l’espoir et des bouffées d’air. La fin du port du masque était un choix politique, mais, à présent, le dernier codeco est revenu un peu en arrière. Je crois qu’on apprend tous les jours. On n’imaginait pas être dans cette situation". La commissaire adjointe ajoute qu’il y a toujours un équilibre à trouver entre le risque et le bénéfice, tout en ayant aussi la volonté de permettre aux gens de travailler.

CST, inutile ?

Une fraude au pass sanitaire a été détectée suite à des suspicions de falsifications. En effet, la justice a été saisie ce lundi après avoir découvert l’encodage de 2018 faux certificats de vaccination (Covid Safe Ticket) par un médecin wallon, a indiqué l’AVIQ, l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité. Ces fraudes jettent un peu plus de discrédit sur ce dispositif, souvent décrié pour le faux sentiment de sécurité qu’il procure. Carole Schirvel affirme que le CST reste une barrière intéressante, mais reconnaît toutefois que le dispositif est plus efficace lorsque la circulation virale est plus faible. "Le CST seul ne suffit pas. Il faut compter aussi sur le masque."

Plus d’autotests ?

L’autotest est un outil intéressant dans certains cas, mais Carole Schirvel insiste qu’il ne s’agit pas non plus d’un outil infaillible. Le test est en effet moins efficace chez les patients asymptomatiques, et peut donc donner lieu à des faux résultats négatifs.

QR l'actu

QR l'actu

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous