RTBFPasser au contenu

Week-end Première

L' anesthésiste, métier risqué mais indispensable

L' anesthésiste, métier risqué mais indispensable
18 janv. 2022 à 07:03 - mise à jour 18 janv. 2022 à 07:033 min
Par Olivier Marchal

Le sommeil, qui occupe près d’un tiers de notre vie et qui parfois nous prend en traître aux détours d’une conférence, d’un film ou d’un article un peu trop long, comporte aussi des avantages majeurs pour la Médecine. Avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on découvre le métier d’Anesthésiste.

 

Anesthésiste, un métier récent fruit d’une longue histoire

Car avant d’en arriver à nos jours, et comme souvent d’ailleurs lorsqu’il s’agit d’Histoire des Métiers, il aura fallu passer par des siècles et des siècles de bricolages, de tâtonnements et d’élaborations de solutions parfois vraiment foireuses.

Ce qui n’a, en réalité, rien d’étonnant, car la naissance d’un métier est toujours le fruit d’un carambolage entre évolution des sciences, des techniques et des mœurs.

Et ici, pour le métier d’anesthésiste et son acte principal – l’anesthésie, il faut se rendre compte qu’aux cœurs des berceaux de l’Humanité, il a très vite fallu arracher des dents, amputer des jambes, soigner des plaies parfois lourdes, et du coup, produire des solutions, faites de quelques coups de génie et de beaucoup bricolage.

Chez les Pharaons : par le biais, entre autres, de poudre de pierre de Memphis et des éponges imbibées fourrées dans les narines et la bouche des patients. Chez les Grecs, plutôt branchés plantes : les stars : c’était la mandragore et le pavot.

Sans compter sur la technique la plus commune chez nos ancêtres, la plus trash aussi, qui consistait à brûler la chair du patient, le blesser, le frapper, afin de produire une contre-douleur voire un évanouissement, et permettre ainsi, durant un court laps de temps, d’arracher la dent malade en question ou d’amputer le membre visé.

Les grandes guerres : berceau de l’anesthésie moderne

Les Historiens situent la naissance du métier d’anesthésiste fin du 18e siècle, à travers trois facteurs clés.

Les guerres incessantes, d’abord. Pensez seulement à ce courageux et inventif chirurgien militaire, Dominique Larrey, obligé d’amputer à la chaîne, à vif et par centaines, les non moins courageux soldats de Napoléon, et ce à l’aide de simples blocs de glace pour tout anesthésiant. Ces guerres, surtout celles de 14-18 et de 39-45, seront donc un immense terrain de recherche et d’applications, à qui l’on doit encore les fondements des techniques actuelles.

Le développement de la Chirurgie, aussi, à travers la stabilisation des premiers protocoles. Le tout rendu possible par les progrès rapides et l’essor de la chimie des gaz. Dont le protoxyde d’azote, par exemple, permit d’extraire les premières dents, dans une certaine décontraction, suivi ensuite de développement de l’usage du chloroforme et de l’éther.

Evolution des techniques mais aussi des mentalités, car outre les doutes, la méfiance, voire les accusations de sorcellerie qui planèrent longtemps sur le fait d’endormir les patients, il fallut également convaincre, plus trivial, les docteurs de l’époque, de ne plus fumer le cigare en salle d’opération, tant l’éther – produit extrêmement inflammable, faisait planer un réel risque d’explosion.

Anesthésiste un métier indispensable et sûr

Aujourd’hui purgé de ses vieux démons et d’un passé de savant fou, la science anesthésique et la fonction d’anesthésiste occupent une place centrale dans la médecine moderne. Car l’anesthésiste est littéralement : le médecin spécialisé dans l’endormissement d’une partie de l’organisme, permettant les interventions chirurgicales ou d’autres actes de soin.

Pour ça, il va évaluer les risques, préparer le patient, pratiquer les injections et s’assurer durant toute l’opération que tout va bien, que le patient ne s’éveille pas trop tôt ou ne parte pas " trop loin ".

Un métier risqué. Assurément. Pour lequel il faut une bonne résistance au stress.

Risque cependant compensé par un niveau de salaire élevé, allant de 150 à 300 mille euros brut par an et qui trouve certainement une partie de sa justification dans le fait " qu’endormir c’est bien. Mais réveiller c’est mieux. Car un anesthésiste qui ne ferait que la moitié du boulot, ne serait pas docteur, mais plutôt criminel. " D’où l’importance aussi réelle qu’imaginaire de la fonction.

Dès lors, conscient qu’il ou elle tient notre vie entre ses mains, et avec l’aide précieuse de ses instruments, protocoles et produits, l’anesthésiste mérite qu’on prenne la peine de l’appeler par son nom entier : anesthésiste-réanimateur.

Envie d’en faire votre métier, ou de le conseiller ?

Un chemin : réussir le concours d’entrée en médecine, puis le cursus de médecine classique avant de s’orienter vers un master de spécialisation. Et, bonne nouvelle, il y a, en Belgique francophone, tout ce qu’il faut pour apprendre le métier.

Et si besoin de plus d’infos sur ce métier ou sur d’autres, connectez-vous du lundi au vendredi, de 9h à 12h, sur Miti : la plateforme d’orientation en ligne entièrement gratuite de la Wallonie et de Bruxelles, ou bien via vos Cités des Métiers préférées : Bruxelles, Charleroi, Liège et Namur.

Toute ma vie j'ai rêvé d'être anesthésiste

La chronique d'Olivier Marchal

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

30 janv. 2021 à 08:00
1 min
13 janv. 2021 à 06:00
3 min

Articles recommandés pour vous