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C'est vous qui le dites

L'abbé Benoît Hauzeur : " Par téléphone, ce n'est pas une confession "

L'abbé Benoît Hauzeur : " Par téléphone, ce n'est pas une confession "

C'est vous qui le dites

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15 nov. 2017 à 11:232 min
Par C'est vous qui le dites

Avant le tribunal tout à l’heure… Donnez-vous raison à ce prêtre qui n’a pas donné l’alerte alors qu’un fidèle lui disait son envie de suicide et s’est suicidé. Le prêtre évoque le secret de la confession.

En 2015, le prêtre Stroobandt de Bruges reçoit un appel de Tony, 54 ans. L’homme est dépressif, il connaît bien l’homme d’Église. Il lui dit son désir d’en finir. Plus tard, alors qu’il s’est suicidé, sa veuve découvre des SMS envoyés au prêtre qui prouvent que l’homme d’Église savait. Problème dans le droit canon : la confession ne peut pas être trahie. Le prêtre dit " qu’il a fait tout ce qu’il pouvait faire pour l’en dissuader ". Tout à l’heure, la Chambre du Conseil décidera de renvoyer ou non ce prêtre devant le tribunal correctionnel. L’enjeu ? Savoir si une confession par téléphone est une confession ET analyser la question de la non-assistance coupable à personne en danger qui est une infraction pénale. Droit belge : s’il a respecté le secret mais a violé l’obligation de porter secours à autrui alors il y a infraction pénale (péril grave imminent urgent auquel on ne peut faire face qu’en dénonçant les faits). Choisir entre poursuite et excommunication.

L'abbé Benoît Hauzeur, prêtre à Watermael-Boitsfort et responsable des services aux paroisses à Bruxelles : " Rome ne nous envoie aucun texte. Cela remonte à la tradition et dans ce sens-là, il n’y a pas eu de norme à ce sujet-là. Il savoir ce qu’est un secret de confession : stricto sensu, le secret de la confession relève plutôt d’un absolu. "

Sur le terrain, le libre arbitre est toujours premier et il y a ce qu’on appelle la conscience : " Il y a toujours une réflexion de conscience pour voir si on est bien dans le cadre d’une confession et quelles sont éventuellement les suites qu’on peut donner à un entretien. En tout cas, ça se dit toujours avec la personne. Mais on est quand même, a priori, dans le cadre d’un secret. "

Pour l'abbé Benoît Hauzeur, la conversation téléphonique de 2 heures ne peut être considérée comme une confession au sens strict du terme : " On ne peut pas confesser par téléphone. D’autant plus qu’on ne sait pas du tout où est l'interlocuteur avec qui on parle, ni quelles sont les personnes autour de lui. Là, on ne peut certainement pas parler de confession dans un entretien ! La confession est clairement un entretien de personne à personne dans un lieu discret où les interlocuteurs peuvent se parler. Ce n'est certainement pas le cas du téléphone. "

Il y a eu des échanges par sms mais cela ne peut pas être considéré comme une confession : " On est là dans le cadre d’un échange, d’un entretien qui peut être mis sous le cadre du respect de la communication privée. Mais je ne pense pas qu’on puisse invoquer le cadre d’une confession à proprement dite. On est plutôt dans un entretien où les personnes travaillent en conscience sur ce qu’il semble bon de donner comme suite à l’entretien ou les informations qui sont partagées. "

Selon l'abbé Benoît Hauzeur, cette histoire ne remet pas en question le secret de la confession : " Le secret de la confession relève vraiment de la conscience. La loi positive est celle de l’assistance à personne en danger. À ma connaissance, dans l’histoire de l’Eglise, le secret de la confession est un des secrets les plus défendus. Mais ça relève quand même de la conscience du prêtre. "

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