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Wimbledon

Kyrgios a bien les armes pour battre Djokovic en finale

Nick Kyrgios va jouer sa première finale de Grand Chelem face à Novak Djokovic.
10 juil. 2022 à 06:00Temps de lecture4 min
Par Raphaël Deby

Certains pourraient être déçus en voyant que la finale de Wimbledon n’opposera pas Novak Djokovic et Rafael Nadal. Un rendez-vous manqué à cause d’une déchirure abdominale de l’Espagnol. Le feu d’artifice attendu pour l’histoire n’aura pas lieu mais la finale entre le Serbe et Nick Kyrgios pourrait tout autant offrir un spectacle historique.

Cela a beau être sa première finale de Majeur, le sulfureux Australien a plus d’un tour dans son sac. Très attendu au All England Club après une tournée sur gazon prometteuse, Kyrgios savait bien qu’il avait une opportunité en or d’inscrire son nom parmi les grands du sport. Pas favori de cette finale, l’Aussie a tout de même des atouts importants dans sa manche pour s’imposer.

Un mental bien présent

Qu’il semble un peu loin le temps où l’Australien ne faisait parler de lui que par ses frasques. Dans un entretien à nos confrères de L’Équipe, Kyrgios a fait une révélation qui illustre parfaitement son changement de cap : "Fut un temps où il fallait me faire sortir de force d’un pub à 4h du matin pour jouer un deuxième tour de Wimbledon contre Nadal. Ouais, mon agent a dû venir me sortir du pub à l’aube, avant mon match sur le Centre Court. J’ai parcouru un long chemin…". Si le principal intéressé n’est pas devenu un modèle de professionnalisme, cette déclaration démontre bien le cap mental franchi par le natif de Canberra.

Kyrgios a joint les actes à la parole. Son parcours a été semé d’embûches mais il sera bien sur le Centre Court ce dimanche. Après une victoire étriquée face au Britannique Paul Jubb, 219e mondial, il a ensuite serré le jeu pour ne laisser aucune chance à Filip Krajinović (ATP 31) puis s’est extirpé de la menace Stéfanos Tsitsipás (ATP 5) dans une rencontre électrique. En huitièmes de finale, c’est son épaule qui aurait pu l’arrêter mais il a serré les dents face à Brandon Nakashima (ATP 56) avant de dérouler face à Cristian Garín (ATP 43). Pour atteindre sa première finale de Grand Chelem, le public attendait un affrontement de haute volée face à Rafael Nadal (ATP 4) mais les abdominaux du Majorquin en ont décidé autrement. Ce dimanche, Kyrgios aura l’avantage d’avoir eu trois jours de repos même s’il pourrait souffrir de l’absence de rythme après avoir joué tous les deux jours depuis le début de la quinzaine.

Invaincu face au Serbe

C’est assez surréaliste pour le souligner : en deux affrontements entre les deux hommes, Kyrgios s’est imposé… deux fois. Toutefois, il faut prendre ces résultats avec des grosses pincettes. D’abord, ces deux rencontres ont eu lieu sur dur au début de 2017, année où le champion serbe n’était que l’ombre de lui-même, complètement vidé mentalement après avoir enfin remporté Roland-Garros l’année précédente, seul Majeur qui manquait à son palmarès.

Autre élément important : ces rencontres avaient lieu en deux sets gagnants, contrairement à la finale de ce dimanche. Face à des joueurs du calibre du Djoker, la tâche est d’autant plus compliquée tant des champions tels que lui ont l’expérience et un avantage psychologique certain sur des novices comme Kyrgios à ce niveau. Malgré cela, l’Australien a bien raison de croire en ses chances. Sans avoir perdu le moindre set face au Djoker, le 40e mondial sait qu’il a les armes pour franchir cette dernière montagne.

Djokovic a montré ses limites

Mine de rien, Novak Djokovic joue gros ce dimanche, très gros même. Absent en Australie, battu par Nadal à Roland-Garros et probablement absent à l’US Open puisque les États-Unis imposent toujours la vaccination obligatoire pour les étrangers, Nole sait bien que cette finale représente sa dernière chance de sauver sa saison. Oui, les mots ne sont pas exagérés. S’il s’incline, ce n’est pas sa victoire à Rome qui limitera les dégâts. Pour le Serbe, seuls les Majeurs comptent.

Victorieux six fois à Londres dont lors des trois dernières éditions, Djokovic était le grand favori en arrivant en Angleterre et ce n’est pas le départ prématuré de plusieurs outsiders qui a changé cela, au contraire. Si certains adversaires ne lui ont opposé aucune résistance, Djokovic n’est pas aussi dominateur qu’il a pu l’être par le passé. En six matches, il a tout de même concédé cinq manches. Lors de ses six sacres, sa moyenne de sets perdus avant la grande finale n’est que de 2,6. Ce chiffre n’a jamais dépassé quatre. Une victoire ce dimanche signifierait donc le trophée le plus difficilement conquis par le Serbe, avant la finale.

L’important pour lui sera surtout de bien entamer sa rencontre. Face à un Kyrgios novice en finale qui pourrait se crisper sous le poids de l’enjeu, Djokovic sait qu’il a l’occasion de ne pas le laisser rentrer dans le match en attaquant ce choc pied au plancher. Toutefois, depuis le début du tournoi, le numéro 3 mondial a montré quelques faiblesses en entame de rencontre. Ses cinq sets concédés ont tous été dans les deux premières manches. Dès qu’il a remporté une deuxième manche, il a enchaîné en bouclant la rencontre. Le joueur est d’ailleurs conscient de ce problème : "Lors de la demi-finale, je n’ai pas bien commencé puis, comme souvent dans ce tournoi, j’ai ensuite trouvé mon rythme pour finalement m’imposer."

Le public aime Kyrgios et sa folie, il sera peut-être d’ailleurs d’un grand soutien. Si l’entame de match est à l’avantage de l’outsider du jour, la rencontre pourrait bien ressembler à des "feux d’artifice" comme dit Djokovic, de quoi donner une chance à Kyrgios de rentrer dans le cercle fermé des vainqueurs de Grand Chelem comme Daniil Medvedev, Dominic Thiem ou encore Marin Cilic, juste à côté des légendes de ce sport.

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