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Belgique

Kristof Calvo met en garde: "On ne va pas changer notre dépendance à la Russie pour une dépendance à Engie."

18 mars 2022 à 08:35 - mise à jour 18 mars 2022 à 09:47Temps de lecture13 min
Par David Manfredini, sur base de l'interview de Thomas Gadisseux

La décision sur la sortie, ou la prolongation, du nucléaire est attendue pour ce vendredi 18 mars. Le choix qui sera effectué durant les négociations sera particulièrement important pour l’avenir du pays.

Membre de Groen et ancien négociateur pour les verts pour l’accord du gouvernement de Croo, Kristof Calvo était l’invité de Thomas Gadisseux sur La Première ce vendredi 18 mars. Pour lui, il est temps pour le gouvernement Vivaldi de montrer qu’il n’est pas qu’un "gestionnaire de crise".

Un moment de vérité

Si le sujet du nucléaire revient de manière régulière au cœur de l’actualité, Kristof Calvo estime cependant que la décision attendue ce 18 mars est un moment de vérité : "On verra si la décision sera prise aujourd’hui, demain ou en début de semaine, mais c’est clair que c’est un moment important. Pas seulement pour le gouvernement, mais surtout pour le pays. Nous vivons un temps exceptionnel et dans un contexte comme celui-là, je pense que c’est important que les forces politiques se montrent ambitieuses et unies."

Il considère également qu’il est temps pour le gouvernement Vivaldi de montrer qu’il n’est pas qu’un gestionnaire de crise. Après la crise du coronavirus et désormais celle de l’Ukraine, Kristof Calvo désire que le gouvernement montre ce dont il est capable : "Vivaldi est également un cabinet d'"architectes". N’ayons pas peur d’investir dans l’avenir. Je pense que maintenant, avec le besoin d’investir dans la transition énergétique, c’est vraiment le moment pour le montrer pour de Croo, pour le gouvernement, pour Vivaldi et pour tous les partenaires." Il ajoute : "Tout le monde sait qu’avec des mini mesures, on ne va pas y arriver. Les vraies solutions on les connaît. C’est l’accélération de la transition énergétique, mais pour ça on a besoin d’ambition et de leadership. J’espère qu’on va en montrer dans les jours qui viennent."

Une flexibilité nécessaire

Si la position des verts vis-à-vis de la sortie du nucléaire a toujours été claire selon Kristof Calvo, il estime malgré tout que la situation actuelle nécessite que l’on s’adapte et que l’on garde l’esprit ouvert : "On a une guerre sur notre continent et je trouve difficile de dire que rien n’a changé." Il indique cependant qu’il n’est pas question de signer un "chèque en blanc" : "C’est important que l’on diminue notre dépendance à la Russie, mais on ne va pas changer notre dépendance à la Russie pour une dépendance à Engie."

Selon lui, le débat du nucléaire dure depuis bien trop longtemps : "J’en ai marre du débat sur le nucléaire. On en parle depuis 20 ans. Heureusement qu’on a un ministre qui gère le dossier. […] Les deux centrales nucléaires je les considère plutôt comme un fait divers, le vrai devoir c’est accélérer la transition. […] La vraie solution, c’est le renouvelable. C’est l’énergie de la paix, de la stabilité, de la liberté. Je pense que là l’ambition doit être énorme. On doit montrer que l’on est de vrais architectes et qu’on sait construire des solutions structurelles."

Une transition qui doit être "juste"

Bien que la date du 18 mars ait été décidée il y a maintenant 4 mois, Kristof Calvo prévoit des débats difficiles durant les prochains jours : "Je pense que les discussions ne seront pas évidentes, mais le renouvelable, l’indépendance énergétique, ce n’est pas quelque chose qui concerne uniquement les verts." Il explique également que la transition doit se faire de manière équitable pour les citoyens : "Pour nous écologiste, il est très important que la transition soit juste avec notamment l’extension définitive du tarif social. Quand je vois que les camarades socialistes disent que c’est important, je suis totalement d’accord avec eux. Je ne suis pas sûr que c’est présent dans l’esprit de tout le monde, mais pour nous c’est très important que la transition soit juste."

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