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Kazakhgate: de l'art de la démission et une question

Kazakhgate: de l'art de la démission et une question
08 mai 2018 à 09:36 - mise à jour 08 mai 2018 à 09:362 min
Par Philippe Walkowiak

 

Le MR n’aura pas tardé. Vite et fort. Circonscrire le Kazakhgate au seul Armand De Decker. Chez les libéraux francophones, la règle est claire : inculpation=démission des mandats.

Là où au PS, on tergiverse, où il n’y a pas de règles claires, le MR tranche.

Chez les socialistes, Didier Donfut a ainsi dû se dépouiller de tous ses mandats sans la moindre inculpation ou même information judiciaire, là où Alain Mathot (inculpé depuis… 2011 !) ou Jean-Charles Luperto entre autres sont toujours bel et bien en place à la différence d’Yvan Mayeur, ou André Gilles, inculpés de rien ou Stéphane Moreau poussé vers la sortie mais pas à cause de son inculpation (qui date de … 2014) !

Au PS, c’est un peu à la tête du client et en fonction du calendrier électoral ou des sondages.

Présomption

Lors des affaires Inusop, Agusta-Dassault, des pontes avaient dû quitter leurs fonctions ministérielles mais avaient généralement gardés leurs mandats électifs.

Plus que d’autres, Elio Di Rupo tient au respect de la présomption d’innocence, resté profondément marqué par un dossier Trugsnacht monté de toute pièce, ce qui n’avait pas empêché Didier Reynders ou Herman De Croo de réclamer sa démission.

Au MR, on tente de se montrer intransigeant ; cela avait été déjà le cas avec Serge Kubla, mais pas avec Richard Fournaux, député-bourgmestre de Dinant inculpé en 2005 pour corruption passive et finalement blanchi en … 2013. Le temps judiciaire n’est pas le temps politique, surtout en période électorale.

Kazakhgate, suite et … pas fin

Au MR, on respire. L’enquête judiciaire ne porte que sur l’influence qu’Armand De Decker aurait tenté d’avoir sur le ministre de Justice de l’époque. Pour l’instant, précise l’avocat général, n’excluant pas d’autres développements.

Le processus législatif curieux (une loi votée en quelques semaines en période d’affaires courantes, mal torchée, que l’on savait devoir réviser juste après le vote, que l’on recommande de ne pas utiliser) n’a sans doute pas livré tous ses secrets tant politiques que judiciaires, même si sur ce dernier aspect, il sera bien difficile d’obtenir des preuves tangibles.

La Justice belge n’est pas la seule à s’intéresser au Kazakhgate ; des juges d’instruction français tournent autour de l’entourage de Nicolas Sarkozy, dont plusieurs membres ont été mis en examen dans ce dossier.

La question centrale demeure : comment une loi qui arrangeait si bien les intérêts d’Armand De Decker et de ses riches clients a pu être votée dans des circonstances si particulières et qu’ils furent quasiment les seuls à en profiter ?

Pas sûr que la réponse vienne du parquet de Mons …

 

@PhWalkowiak

Kazakhgate : Armand De Decker démissionne du MR au JT du 07/05/2018

Kazakhgate : Armand De Decker démissionne du MR

JT 19h30

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