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Just Mustard : "L’Irlande est un si petit pays qu’on se sent réellement connectés les uns avec les autres"

Just Mustard.
19 avr. 2022 à 12:56Temps de lecture6 min
Par Renaud Verstraete

L'Irlande serait-elle devenue la mère patrie des meilleurs groupes de rock du moment ? Just Mustard ne fait en tout cas pas figure d'exception. Des ambiances sombres, presque malsaines par moment, des guitares bruyantes et une voix perçante : Just Mustard risque de marquer la scène shoegaze en ce début d'été. Le quintet de Dundalk sortira son deuxième album "Heart Under" le 27/05 prochain. Rencontre avec Katie et David, respectivement chanteuse et guitariste, quelques semaines avant d'embarquer pour une tournée européenne aux côtés de Fontaines D.C.

Hello Katie et David ! Vous vous apprêtez à sortir un nouvel album le 27/05 prochain. Qu'est-ce qui a changé depuis "Wednesday" sorti en 2018 ? 

David: Notre premier disque nous paraît si loin maintenant. C’était nos premiers morceaux. A l’époque, on avait presque pas joué en dehors de Dundalk notre ville d’origine, seulement quelques fois à Dublin. Depuis, on a pas mal tourné et ça a vraiment influencé notre musique. Voir comment elle peut sonner sur des scènes différentes, cela a aussi changé la manière dont on compose. 

Depuis quelques mois, les yeux sont rivés sur la scène rock irlandaise. Cela fait quoi de faire partie de cet enthousiasme pour les groupes irlandais ?

Katie: Je ne sais pas si on a vraiment le sentiment d'appartenir à une scène en particulier. On a par contre vraiment le sentiment de faire partie de la scène de Dundalk parce qu’on a grandit là-bas. On se disait justement récemment que l’on se sentait un peu déconnecté des autres groupes irlandais depuis le confinement parce qu’on a plus eu l’occasion de jouer des festivals en Irlande. C’est généralement l’occasion de rencontrer d’autres groupes du pays et de partager de bons moments avec des gens qui ont des intérêts similaires.

David: L’Irlande est tellement un petit pays que l’on partage une sorte de fierté nationale. Je suis fan de beaucoup de groupes irlandais. On se sent connecté aux autres parce que l’Irlande est un si petit pays que l’on rencontre des gens tout le temps.

Vous venez de passer une étape supplémentaire en tant que groupe en signant avec Partisan (label de Fontaines DC, IDLES, ...). Est-ce que vous avez ressenti une certaine pression en écrivant ce deuxième album ? 

David: Peut-être individuellement mais pas vraiment en tant que groupe. On ne s’est pas mis la pression. Le fait qu’on ait signé chez Partisan et qu’on ait commence à écrire l’album pendant les confinements de 2020, c’était de toutes nouvelles expériences pour nous. C’était une période presque irréelle. C’était la première fois qu’on écrivait un album en partant de rien.

Katie: C’était aussi la première fois qu'on ne pouvait pas sortir de chez nous (rires). Le soutien du label nous a aidé à garder le cap et nous a poussé à continuer d’écrire. Cette fois-ci, nous n’étions plus les seuls à croire dans ce qu’on faisait.

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Lorsque l'on écoute votre musique, il y a toujours un duo basse/batterie solide autour duquel vous semblez construire des idées avec les guitares et la voix. Est-ce que c'est comme cela que vous composez, d'une manière circulaire ?

David: Oui c’est sûr, quand on trouve une bonne ligne de basse et un bon beat de batterie, c’est presque la moitié du job de fait du côté instrumental. Les guitares se rajoutent par la suite et sont utilisées pour apporter des dynamiques et des effets.

Katie: Je pense que partir de la basse et de la batterie, c’est la manière la plus simple de composer un morceau. Ca m’inspire beaucoup pour le chant. Il y avait un morceau que l’on essayait d’écrire sans ligne de basse et ça n’allait nulle part. C’était juste un "hum" continu. Je n'arrivais à rien imaginer sur ce morceau (rires). 

David : On a fini par enregistrer une basse fantôme juste le temps de finir le morceau, on l’a retirée après. Et ça donne super bien comme ça ! 

Vous avez déjà dévoilé quelques extraits de l'album dont le très bon "Still", que vous jouez en concert depuis un moment. Quelle est l'histoire derrière ce morceau en particulier ? 

Katie: Ce morceau a commence sur une boucle écrite pendant le confinement. David avait cette sorte de guitare rythmique et un beat de batterie. Je lui ai dis que c’était super mais qu’il devait en faire une chanson complète (rires).

David: C’est un des morceaux qui a le plus évolué sur l’album. Les voix et la guitare lead plus noisy changeaient constamment. Je pense qu’on a fini par enregistrer au moins 8 versions de ce morceaux, c’était interminable (rires).

Katie: On a même eu 3 ou 4 noms différents pour ce morceau. C’était un peu une situation à la Frankenstein (rires).

Vous jouez beaucoup sur les effets de guitares pour créer des textures et des ambiances atmosphériques. Est-ce que vous réfléchissez déjà à la production au moment de composer les morceaux ?

David: On compose vraiment en réfléchissant à la production, on joue avec beaucoup d’effets sur nos guitares et sur la basse, sur les voix aussi. Parfois Katie utilise des effets sur sa voix pour écrire les lignes de chant. Quand on rentre en studio, l’objectif c’est d’essayer de capturer ce son parce que l’essentiel du mood est déjà présent. Cette fois-ci on a pas mal expérimenté au niveau des textures, on voulait que tout sonne beaucoup plus proche et plus présent.

Vous avez enregistré l'album aux Attic Studios dans le Donegal (ndlr : région au nord de l'Irlande). Comment cela s'est déroulé ? Vous avez des anecdotes particulières à raconter sur l'enregistrement ? 

Katie: C’est super beau, là-bas dans le nord du pays. C’était vraiment étrange parce que le Donegal est passé en confinement au moment de notre arrivée. Tout le monde était confiné et nous on était confiné dans le studio. C’était vraiment bizarre mais c’était une super expérience d’être là.

David: Et pour une anecdote... C’était un studio sur plusieurs étages. Pour descendre dans la live room, il y avait un long escalier en métal. Shane, notre batteur, a commencé à frapper dessus avec ses baguettes entre deux prises. Ca résonnait à mort mais c'était impressionnant (rires). Donc on s’est dit qu’on allait l’enregistrer et le mettre sur le disque !

Artwork de l’album "Heart Under", sortie prévue le 27/05.
Artwork de l’album "Heart Under", sortie prévue le 27/05. - Aquarelle réalisée par Graham Dean

La pochette de ce nouvel album est assez sombre et reflète bien l'ambiance du disque. Comment en êtes-vous arrivé à collaborer avec le peintre Graham Dean et quel sens donnez-vous à la pochette ? 

Katie: Je suis tombée par hasard sur le travail de Graham sur Instagram, parce que je suis quelques pages d’art sur Instagram (rires). J’aimais beaucoup l’idée de l'aquarelle. On s’attendait à ce que ça soit difficile de trouver la pochette de cet album, mais lorsque j’ai vu le travail de Graham, je me suis tout de suite dis : "OK, c’est la représentation visuelle de cet album pour moi". Heureusement, tout le monde était d’accord et Graham était partant pour travailler avec nous sur nos visuels.

David: Il a tout de suite compris où on voulait aller avec cet album. On lui a envoyé les paroles de l’album et il est revenu assez rapidement avec une série de peintures. Celle que l’on a choisie s’appelle “In The Waterway” et son titre est issu des paroles d'un de nos morceaux. Notre musique résonnait en lui autant que ses peintures faisaient sens pour nous. On lui a laissé carte blanche.

Vous venez de sortir un nouveau single "Mirrors", un morceau où vous chantez à deux voix. Est-ce quelque chose qui vous intéressait particulièrement pour ce morceau ? 

Katie: On faisait beaucoup plus de double voix avant, David et moi. Puis au fûr et à mesure, j’ai fini par prendre le lead. Puis David a écrit Mirrors. Il a composé le morceau comme ça et ça ne marchait pas lorsque l’on retirait sa voix. Ça nous a paru naturel de chanter à deux sur ce morceau.

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Vous allez bientôt reprendre la route et serez en tournée ce printemps avec Fontaines D.C., en Europe et aux Etats-Unis. Comment vous sentez-vous à l'approche de la tournée ?

Katie: On a vraiment hâte. On a déjà fait des trips d’une journée ou deux avant. On se réjouit de pouvoir tourner sur une plus longue période et d’autant plus avec Fontaines DC. On a déjà eu l’occasion de jouer avec eux par le passé et on est vraiment fans de leur musique. C’est un environnement très confortable et je me réjouis de les voir jouer.

"Heart Under" sortira le 27/05 via Partisan Records. Le groupe sera en concert chez nous au Botanique le 19/10 prochain. 

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