Coronavirus

Jusqu'à quel point les autotests antigéniques sont-ils fiables?

26 janv. 2022 à 19:33 - mise à jour 26 janv. 2022 à 22:50Temps de lecture3 min
Par Arnaud Ruyssen

Négatif à l'auto-test antigénique et puis positif au test PCR... Vous avez certainement déjà entendu ce genre de situations dans votre entourage. Plusieurs cas nous ont été rapportés à la rédaction, alors Déclic a voulu y voir clair : Jusqu'à quel point les autotests sont-ils dignes de confiance? Tentative de réponses. 

Céline: positive, symptomatique et pourtant négative à plusieurs auto-test.

Commençons par le cas de Céline, 36 ans, actuellement en quarantaine après un test PCR positif.  Il y a une dizaine de jour elle ressent quelques premiers symptômes suspects. Elle effectue un autotest avant d'aller travailler. Le résultat s'avère négatif. Le lendemain, les symptômes sont toujours là et Céline refait un test. Rebelotte le résultat reste négatif, elle choisit de se rendre à son travail. Le jeudi, les symptômes étant toujours bien là, Céline effectue un un troisième autotest antigénique qui s'avère cette fois… positif! Il sera d'ailleurs confirmé quelques heures plus tard par un PCR. C'est parti pour au moins 7 jours de quarantaine. 

Au cinquième jour de celle-ci, nous décidons de proposer à Céline (qui a toujours quelques symptômes) de refaire un autotest et même d'en faire 3, histoire d'en expérimenter plusieurs. L'un est salivaire, les deux autres se font via prélèvements nasaux. Ils se révèlent tous les 3 négatifs. 

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Une fenêtre d'efficacité assez réduite

Pour comprendre cette situation surprenante, nous prenons contact avec Benoît Muylkens, virologue et professeur à l'Unamur. Il n'est pas vraiment surpris par ces résultats. Cela tient, selon lui, au mode de fonctionnement spécifique de ces auto-tests antigéniques. "En fait, explique-t-il, ces tests ne détectent pas directement le virus mais une protéine qui l'accompagne et qui sert, en quelque sorte, à stabiliser le virus. Or cette protéine n'est vraiment détectable que 2 à 3 jours avant l'apparition des premiers symptômes et jusqu'à 6 ou 7 jours après…"

Et ça, c'est dans le cas où le test aurait une extrême sensibilité, ce qui n'est pas le cas des auto-tests que l'on trouve dans nos pharmacie et grands magasins. "Dans les faits, poursuit Benoît Muylkens, ces tests vont surtout être efficaces quelques heures avant l'apparition des premiers symptômes et jusqu'à 5 ou 6 jours après. C'est le principal défaut de ces tests, d'ailleurs. En amont des symptômes, ils détectent assez tard l'infection alors qu'une personne infectée peut parfois être déjà très contagieuse 24 à 48h avant que son infection ne se manifeste concrètement. C'est une des caractéristiques du COVID"

Un outil complémentaire aux PCR

C'est très différent avec les tests PCR. Ceux-ci fonctionnent via une amplification de traces du genome du virus. Il s'agit de multiplier, de manière exponentielle, de toutes petites traces du virus, ce qui permet de le détecter avec un degré élevé de certitude et bien en amont des symptômes.

Cependant, le défaut de cette méthode est qu'elle nécessite des opérations en laboratoires, qui prennent du temps. Il faut souvent plus de 24H pour obtenir le résultat d'un test ce qui empêche de facto un usage quotidien et aussi massif que pour les tests antigéniques.   

Autre défaut du PCR: il est tellement sensible que parfois vous êtes encore positif 3 ou 4 semaines après les symptômes, alors que vous n'êtes plus contagieux. Ce n'est donc pas un outil pertinent pour sortir les gens quarantaine… 

Utile ou pas, alors, l'autotest antigénique? 

Il est indubitablement utile pour ceux qui vont, par le biais de ce test rapide et très facile, découvrir qu'ils sont contagieux et s'isoler dans la foulée. Utile aussi pour déterminer si vous pouvez retourner au travail après plusieurs jours de quarantaine. Mais les cas énoncés plus hauts (ainsi que l'efficacité moyenne estimée autour de 80% pour ces tests) incitent à ne pas considérer pour acquis que l'on est "sûr" après un test négatif.  Si des symptômes ou des doutes persistent malgré des autotests négatifs, un test PCR est sans doute à privilégier et à effectuer sans tarder, en se méfiant d'un potentiel "faux sentiment de sécurité". 

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