Jusqu'à 18 ans de prison requis contre les membres de la cellule de Verviers

Le procès se tient au tribunal correctionnel de Bruxelles
19 mai 2016 à 12:43 - mise à jour 19 mai 2016 à 13:34Temps de lecture3 min
Par A. Lechien avec P. Michalle

Le réquisitoire a été prononcé ce jeudi au procès de la cellule djihadiste de Verviers qui se tient au tribunal correctionnel de Bruxelles. Sur les sept prévenus qui comparaissent au procès, quatre sont poursuivis comme dirigeants d'un groupe terroriste. Le procureur fédéral Bernard Michel a requis une peine de 15 ans de prison à l'encontre de Marouan El Bali, une peine de 16 ans de prison à l'encontre de Souhaib El Abdi et une peine de 18 ans de prison à l'encontre de Mohammed Hamza Arshad. Il estime que ces trois hommes sont coupables d'avoir dirigé une filière terroriste et d'avoir tenté de commettre des attentats en Belgique en 2015.

Le procureur a requis une peine de 15 ans de prison à l'encontre de Marouan El Bali, l'homme qui avait été interpellé le 15 janvier 2015 dans l'appartement de Verviers où la police avait mené un assaut. Les deux autres occupants de l'appartement, Khalid Ben Larbi et Sofiane Amghar, avaient été abattus par les forces de l'ordre.

Le procureur a aussi requis une peine de 16 ans de prison à l'encontre de Souhaib El Abdi et une peine de 18 ans de prison à l'encontre de Mohammed Hamza Arshad qui, a dit le procureur, "dissimule mal sa dangerosité. C'est tout de même lui qui a déclaré à l'issue d'une audience devant la chambre du conseil: 'vivement qu'on fasse tout sauter. C'est quand même pour ça qu'on est ici' ", a ajouté Bernard Michel.

Filière terroriste

Le procureur fédéral a également requis une peine de 10 ans de prison à l'encontre d'Omar Damache, qui est prévenu uniquement pour avoir dirigé cette filière terroriste mais pas pour avoir tenté de commettre des attentats.

Le procureur a ensuite requis une peine de 4 ans de prison à l'encontre d'Abdelmounaïm Haddad et une peine de deux ans de prison à l'encontre d'Ismail El Abdi, le frère de Souhaib El Abdi. Pour ces deux prévenus qui, eux, avaient été remis en liberté provisoire, le procureur s'est dit non opposé à une mesure de sursis. Ils sont suspectés d'avoir été membres de la filière.

Le procureur s'est par contre abstenu de requérir une peine à l'encontre de Karim Ahalouch, prévenu également pour avoir été membre de la filière, préférant attendre que ce dernier soit d'abord entendu par le tribunal. En effet, ce prévenu était là au début du procès mais ne s'est ensuite plus présenté aux audiences, pour des raisons de santé selon son avocate.

Enfin, Bernard Michel a requis des peines de cinq ans de prison à l'encontre de certains des neuf prévenus qui font défaut, et des peines de dix ans de prison à l'encontre de ceux d'entre eux qui sont en état de récidive légale.

Acte précurseur

Pour le procureur fédéral, Verviers c'est l'acte précurseur des attentats de Paris: même filière syrienne de Daesh, même coordinateur avec Abaaoud et même détermination des auteurs face aux autorités. "Le temps de lancer les sommations, et la police a entendu crier 'Allah Akbar' avant d'essuyer des tirs. Trois hommes au moins ont fait feu, deux sont morts et le troisième est ici dans la salle" a déclaré le procureur fédéral Bernard Michel. Pour lui, les éléments de l'enquête, la téléphonie, les écoutes dans l'appartement et les auditions successives des prévenus n'ont laissé planer aucun doute sur leur culpabilité. Tous savaient qu'ils participaient à un projet d'attentat en lien avec l’État islamique. Verviers comme Paris, et puis Bruxelles à nouveau, participent d'une même dynamique. C'est un même contexte: le retour en Europe de combattants partis rejoindre l’État islamique, et puis revenus frapper les pays dont ils sont issus.

Tout au long de la matinée, le procureur fédéral a contré les principaux arguments de défense des prévenus, ce qu'ils ont dit lors de leurs auditions. A une exception près, tous sont devenus amnésiques sur leurs relations et rejettent les responsabilités sur les deux djihadistes abattus à Verviers. Point par point, de manière très documentée, le réquisitoire a remis les pendules à l'heure.

Le procès se poursuivra vendredi matin avec la plaidoirie du conseil d'Omar Damache, Me Mehdi Abbes.