RTBFPasser au contenu
Rechercher
Icône représentant un article video.

Vidéo

Juliette et Raphaël, adeptes du shibari : "On crée un moment de discussion non verbale et d'intimité"

Juliette, Raphaël et le shibari

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

24 mai 2022 à 05:00Temps de lecture5 min
Par Aline Jacobs et Adrian Platon

"Il y a beaucoup de stéréotypes autour du shibari. On nous pose toujours les mêmes questions : est-ce que vous êtes nus ? Est-ce que c’est sexuel ?". Depuis plusieurs années, Juliette et Raphaël pratiquent et enseignent le shibari : l’art japonais d’encorder quelqu’un. "Juliette attache et je suis attaché", précise Raphaël. "On imagine tout de suite cela comme une pratique extrême. Sur internet, on voit souvent des jeunes femmes qui se font attacher par des hommes plus âgés. Elles se font ensuite taper sur les fesses. C’est bien que cela existe. On peut voir le shibari de manière sexuelle, mais aussi comme une pratique proche du yoga, pour le lâcher prise. Il peut aussi y avoir un aspect thérapeutique", explique Juliette. "Ce que l’on fait avec Raphaël, c’est qu’on crée un moment de discussion non verbale et d’intimité", ajoute-t-elle. 

Le shibari est un art intense qui génère beaucoup de sensations. "Quand on attache, on se prend un bon shoot d’adrénaline car on a le corps de quelqu’un entre les mains", explique Juliette. Pour Raphaël, lorsqu’il est attaché, son corps sécrète de l’endorphine et de la dopamine : "C’est intense ce qui se passe. C’est une espèce d’état méditatif que je ne retrouve dans aucune autre pratique sportive ou intellectuelle. J’ai aussi appris des choses sur mon corps. Il y a des douleurs, mais on se rend compte que c’est surtout mental. La douleur n’est pas l’objectif."  

Sans consentement, pas de shibari 

Pour pratiquer le shibari, Juliette et Raphaël utilisent des cordes le plus souvent naturelles. "Pour le shibari, il faut des cordes et du consentement", précise Juliette. "Sans le consentement, le shibari serait une pratique barbare ou cruelle", ajoute Raphaël.  

Chaque session de shibari démarre donc par une discussion cadrée : "On se pose des questions. On demande si l’on peut ou non toucher certaines parties du corps, dans quel état d’esprit on est, par exemple. Le shibari met dans un état de conscience altérée. Il faut donc cadrer les choses avant de commencer", explique Juliette.  

Une pratique inspirée des Samouraïs 

"L’histoire du shibari n’est pas très fun", explique Juliette. Le shibari vient d’une pratique de Samouraïs au 17ème siècle : l’hojōjutsu. Une pratique utilisée pour capturer et torturer des prisonniers exposés ensuite sur la place publique, les bras attachés dans le dos. "En fonction des motifs faits avec les cordes sur l’avant de leur corps, on pouvait connaitre leur rang social, les fautes commises et la durée de la peine", ajoute Juliette.  

Au 20ème siècle, ces scènes ont été reproduites au théâtre lors de pièces traditionnelles japonaises. Une question s’est alors posée : comment éviter de torturer les acteurs ? "On s’est demandé comment faire pour représenter ces scènes sans devoir changer de comédien ou comédienne tous les soirs.Des estampes sont ensuite apparues, ainsi que des photos érotiques. C’est cela qui a inspiré la pratique actuelle du shibari"précise Juliette.  

Articles recommandés pour vous