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Julien Chang, jeune prodige sans prétention

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26 août 2022 à 14:51Temps de lecture2 min
Par Diane Theunissen

Il y a quelques jours, l’auteur-compositeur-interprète américain Julien Chang revenait sur le devant de la scène avec “Time And Place”, un single acoustique, organique et terriblement touchant qui une fois de plus, confirme le talent indéniable de cet artiste en pleine ébullition.

J’ai découvert Julien Chang dans le sous-sol d’un bar londonien. C’était en octobre 2019, peu de temps après la sortie de son tout premier album, le sublime et épatant Jules. 19 ans tout cassé, l’air réservé et foncièrement gentil, ce bonhomme originaire de Baltimore nous livrait à moi et aux 50 autres personnes présentes un concert à cœur ouvert, entouré de ses formidables musiciens – une bande de potes rencontrés sur les bancs de l’école de la Baltimore School for the Arts, où le jeune Julien Chang passait, enfant et jeune adolescent, le plus clair de son temps à étudier le jazz et la musique classique.

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Pendant le concert – entre les anecdotes racontées par le leader du groupe – la formation jazz-rock dévoile, sans prétention aucune, une palette de talents musicaux sans pareille : sans crier gare, les improvisations au clavier et autres solos de batterie, guitare et saxophone se suivent dans une ambiance de concert d’école à la fois timide, endiablée et ultra décomplexée. Ces kids ont de l’or dans les doigts et s’en rendent à peine compte ! Les morceaux de l’album s’entrechoquent, bluffants et éclectiques : doté d’une voix envoutante et d’une plume de poète, Julien Chang captive le public avec ses compositions tantôt jazzy, tantôt rock psyché. Ses mélodies infusées de références indie-pop restent en tête juste assez longtemps, et donnent envie de prendre le premier train, de se nicher près de la fenêtre et de regarder le paysage défiler.

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Une chose est sûre : les morceaux de Julien Chang appellent au rêve et à la déconnection. Tandis que “Deep Green” – le titre d’ouverture du disque – rappelle les arrangements mélancoliques d’un Sufjan Stevens, “Moving Parts” et “Dogologue” offrent une atmosphère plus décalée, et nous emmènent dans une dimension où le soleil brille et les oiseaux chantent. Alors que sur le hit “Memory Loss”, l’artiste nous dévoile un sens du rythme comparable à celui des kings de Tame Impala, c’est sans doute le contemplatif “Butterflies from Monaco” qui aura le plus retenu mon attention, mêlant la voix éthérée de Chang aux délicieuses lignes de Nord et guitares seventies. Un album complet, entièrement auto-enregistré et autoproduit, qui témoigne de la vision remarquable et des capacités instrumentales époustouflantes d’un artiste doué à l’imagination débordante. 

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Près de trois ans plus tard, ce véritable talent brut revient sur le devant de la scène avec “Time And Place”, un single acoustique qui renforce l’authenticité de son projet tout en y ajoutant une jolie touche de maturité. Comme une balade au gout citronné, ce titre arrive quelques semaines après le délicieux “Marmalade”, qui a déjà conquis toute la côte Est. Les deux titres figureront sur The Sale, deuxième album tant attendu dont la sortie est prévue le 4 novembre prochain.

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Grandi de ses expériences diverses, Julien Chang nous livre deux titres à la fois complexes, percutants, introspectifs et acidulés, et dévoile le deuxième volet d’un projet qui en vaut vraiment, vraiment la peine. 

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