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Jugés trop compliqués, les objets connectés inspirent la méfiance

12 % des consommateurs pensent acheter en 2015 une montre intelligente ou un moniteur d’activité physique.
28 janv. 2015 à 10:45 - mise à jour 28 janv. 2015 à 11:19Temps de lecture3 min
Par Jean-Claude Verset

L’étude pompeusement intitulée "Engaging the Digital Consumer in the New Connected World" repose sur une enquête réalisée auprès de 24 000 consommateurs dans 24 pays. Et 83% d’entre eux disent éprouver des difficultés à utiliser les nouveaux équipements. Notamment les fameux moniteurs d’activité physique à porter sur soi, les montres intelligentes, les appareils médicaux portables, les thermostats intelligents pour la maison, les systèmes multimédias embarqués, les caméras de surveillance et les systèmes de sécurité résidentiels connectés.

Le problème, c’est la technologie ou c’est nous ?

Le problème vient visiblement des appareils. 21% des consommateurs les estiment difficiles à utiliser. Viennent ensuite 19% qui se plaignent de problèmes d’installation et enfin près de 20% qui doivent se sentir trompés, puisqu’ils estiment que "le fonctionnement ne correspond pas au message publicitaire."

Et c’est aujourd’hui un vrai problème. Les internautes qui disent avoir rapporté des bracelets connectés chez le vendeur sont légion. Quant aux thermostats intelligents, ils pratiquent un apartheid à géométrie variable dès qu’il s’agit de reconnaître les paramètres d'une chaudière.

Un problème de standard

Le premier obstacle à la convivialité des produits connectés est l’absence de standard. Certains de ces objets ne fonctionnent qu’avec une marque précise ou avec une version spécifique d’un système d’exploitation. Ensuite s’ajoute une couche de problèmes liés à la synchronisation entre Apple, Microsoft et Android.

Un constructeur dit avoir compris cette situation. Samsung, dont paradoxalement les montres ne fonctionnent qu’avec certains de ses smartphones, a déclaré que "Pour être une réussite, l'Internet des objets a besoin d'ouverture et de collaboration". Son Président Yoon prône une infrastructure ouverte: "Tous les appareils, quelle que soit leur plate-forme, doivent pouvoir communiquer entre eux. Pour tirer la quintessence de cet univers, l'IdO  (internet des Objet) doit s'étendre à tous les secteurs et tous les produits. Nous ne pourrons offrir une vie meilleure aux utilisateurs qu'en collaborant, par-delà les secteurs."

Mais quand on connaît la guerre que se livrent Apple et Samsung, on se dit que la collaboration "transsectorielle" (sic) demandée par Samsung n’est peut-être pas gagnée pour les mois qui viennent.

Le premier critère d’achat d’un objet connecté

Quel que soit l’âge où le pays, le premier critère d’achat est la simplicité d’utilisation promise (33%). Viennent ensuite " les caractéristiques du produit" (29 %), et la " fiabilité de la marque " (22 %). Or, ce critère de simplicité d’utilisation n’est vérifiable qu’après l’achat. Et ce sont les expériences négatives des gens qui nous entourent qui freinent les ventes.

C’est d’autant plus gênant que les produits qui sont maintenant bien maîtrisés, sont de moins en moins demandés. On pense aux PC et aux portables, mais déjà aussi, aux tablettes, smartphones et téléviseur HD.

Un frein au marché des objets connectés

La conséquence de l’inconfort ressenti par les utilisateurs est que dans les 12 prochains mois, les ventes de montres connectées seront encore modestes. 12 % des consommateurs pensent acheter en 2015 une montre intelligente ou un moniteur d’activité physique. Mais ils sont 40 % à envisager un tel achat au cours des cinq prochaines années.

Les autres produits qui seront fort demandés dans les 5 ans sont les caméras de surveillance, les systèmes de sécurité connectés résidentiels (41 % des répondants), les thermostats intelligents (39 %), les systèmes multimédias embarqués dans les véhicules (37 % et 19%), et aussi, les les imprimantes personnelles 3D (35% et 22%). Suivent les lunettes connectées à réalité augmentée (35 % et 16%), même si les Google Glass connaissent un flop retentissement.

Les baisses d'intérêt concernent essentiellement les appareils classiques: smartphones, tablettes, télé HD. 54 % des répondants envisagent d’acheter un smartphone au cours de l’année à venir, contre 58 % l’an dernier. Les tablettes enregistrent un déclin similaire, avec une intention d'achat de 38 % dans les 12 mois à venir, contre 44 % l’an dernier. De même, les téléviseurs HD ne recueillent plus que 36 % d’intentions d’achat, contre 44 % l'an dernier. Preuve que la gloire technologique est toujours éphémère.

Et la vie privée dans tout ça ?

Outre son déficit de convivialité, l’objet connecté suscite des craintes en matière de respect de la vie privé. Et principalement pour les produits qui participent à la santé (rythme cardiaque, phases de sommeil, pilulier pour les médicaments) et échangent des données avec des applications.

L’étude révèle que plus de la moitié des sondés (54 % de l’ensemble du panel interrogés, 63% en France) doutent de la fiabilité d’Internet en ce qui concerne la protection de leurs données personnelles. Et là, on ne peut pas vraiment leur donner tort.

Jean-Claude Verset

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