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Belgique

"Joyeuse sortie" à Liège: le couple royal ému

"Joyeuse sortie" à Liège: le couple royal ému
19 juil. 2013 à 05:55 - mise à jour 19 juil. 2013 à 09:154 min
Par Thomas Nagant
La foule était nombreuse au centre ville de Liège ce vendredi matin.
 
Quelque 5000 personnes assistaient à la dernière sortie officielle de sa majesté le roi Albert II et de la reine Paola avant l'abdication du Roi programmée ce dimanche 21 juillet. Les souverains ont entamé avec un peu de retard sur le planning le bain de foule. Albert II a posé le pied beaucoup plus tôt que prévu après son trajet en voiture dans la foule qui s'est déplacée pour lui rendre hommage.
 
Les acclamations sont chaleureuses et les "Vive le roi", "Vive la reine", nombreux.

Bain de foule pour le couple royal

Bain de foule pour Albert II et Paola à Liège

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Le bain de foule a duré une demi-heure. Albert II et Paola ont ensuite été accueillis à l'hôtel de Ville, où Paola, manifestement émue, a discrètement essuyé une larme en saluant la foule au balcon.

Les larmes de Paola au balcon de l'Hotel de Ville

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Réception officielle

Une réception donnée en l'honneur du couple royal a ensuite débuté à l'Hotel de Ville. Le bourgmestre de la ville, Willy Demeyer, leur a adressé un discours.

La Ville de Liège a remercié les souverains en offrant à la reine Paola un livre d'art consacré à la gare Calatrava. Le roi Albert II a quant à lui reçu les archives diffusées lors de la réception à l'hôtel de Ville ainsi que le cliché immortalisant sa présentation à la population liégeoise le 7 juillet 1935 par la reine Astrid devenant ainsi officiellement "prince de Liège".

Albert et Paola à l'Hotel de Ville de Liège
Albert et Paola à l'Hotel de Ville de Liège RTBF
 
Visite à l'Opéra royal de Wallonie
 
Les souverains ont été auparavant accueillis à l'ORW par le gouverneur Michel Foret, le bourgmestre Willy Demeyer, le député-président André Gilles et le directeur Général de l'Opéra Stefano Mazzonis.
 
La Reine Paola a été fleurie par une fillette de 8 ans. Cette "joyeuse sortie" a débuter par une présentation de l'édifice rénové et inauguré en septembre 2012 en présence des membres du collège communal de Liège, du collège provincial et des bourgmestres de la province. Le visite proprement dite de l'ORW, proposée au couple royal, débutera par la chambre technique, se poursuivra par un passage par la terrasse de l'Opéra offrant une vue sur la ville, avant de s'achever par une démonstration scénique.
 
 

Albert II et Paola à l'ORW

Visite d'Albert II et Paola à l'Opéra Royal de Wallonie

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Une visite attendue
 
Une dernière visite royale, cela commence par la pose de banderoles par du personnel communal. Aux couleurs noires, jaunes, rouges évidemment. Enfin à quelques nuances près... "A mon avis ils se sont trompés. De près on dirait du bleu marine mais de loin on dirait du noir..." Son collègue, lui s'offre une vue royale perché sur un élévateur. "Ah oui effectivement, si je pouvais emprunter le camion élévateur à la Ville, effectivement, je prendrais deux-trois copains et on se mettrait dans un coin bien placé pour voir la venue du roi, effectivement".
 
Pas l'ombre d'un flonflon aux terrasses ensoleillées des bistrots face à l'Hôtel de Ville. Des terrasses qui devront afficher une taille XXS. "Apparemment, pour des mesures de sécurité, on ne pourra pas placer toute notre terrasse et donc on ne pourra malheureusement pas accueillir plus de monde que d'habitude", explique le patron du Pilori, Gilles Goffinet. "Je serai derrière mon bar et je les inviterai à boire un cocktail, un kir royal... avec du Cava ça va "?
 
Certains clients sont déjà installés. Leurs avis sur cette visite royale divergent. "C'est du folklore bon enfant mais ils coûtent beaucoup d'argent. Ils sont sûrement bien gentils mais je trouve que ça n'a pas trop d'intérêt", dit l'un. "Peut-être par hommage à ma grand-mère je viendrai parce qu'elle aimait bien le Roi et la Reine mais moi personnellement, non". Cheveux gris plutôt attendris, cheveux au vent plutôt indifférents, tous s'accordent au moins sur un point : avoir réservé cette dernière visite royale à la cité ardente, c'est une attention plutôt galante.
La foule attend le couple royal à Liège
La foule attend le couple royal à Liège THOMAS LONGRIE - BELGA
"Les Wallons, par esprit de contradiction, pourraient être monarchistes"

Le Roi a une "relation particulière" avec la ville de Liège, explique son bourgmestre Willy Demeyer, invité par la rédaction de Matin première, ce vendredi. "Cette histoire se noue lorsque la reine Astrid présente le roi Albert depuis le perron de l’hôtel de ville", après sa naissance, ajoute-t-il.

"Il y a eu indéniablement une relation dès le départ", renchérit Alain Collignon, historien et chercheur  au Centre d’Études et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGESoma). Mais elle n’a pas été "nécessairement très soutenue ; il n’a pas fait pour Liège plus ou moins que pour d’autres villes", ajoute le chercheur, qui rappelle tout de même la présence du roi Albert II place Saint-Lambert, au lendemain de la tragique fusillade qui a coûté la vie à cinq personnes, en 2012.

Willy Demeyer, qui attend beaucoup de monde pour la "joyeuse sortie" du couple royal à Liège, admet que la Cité ardente, au cours de son histoire, a bien été opposée à la monarchie, essentiellement au sortir de la Seconde Guerre mondiale ; rappelant en outre qu’il y a eu des morts durant cette période. Pour Alain Collignon, "il n’y a pas que Liège et sa région qui fut opposée à la monarchie", et il est important de rappeler que ce positionnement de la population était dû à "l’attitude de Léopold III : on contestait ses tendances autoritaires et ses positionnements pendant la guerre".

Et l’historien de préciser : "Il y avait en tout cas un courant républicain qui dépassait le cadre de seul parti communiste". Des socialistes et des libéraux ont aussi été républicains. Mais "ce climat-là a totalement disparu. Il subsiste çà et là des individualités ou des cercles républicains".

"La monarchie a évolué. Une monarchie telle qu’au début des années 50 ne pourrait plus subsister, ici ou ailleurs",  précise Alain Collignon. Par ailleurs, "les Flamands semblent plutôt anti-monarchiques tendance républicaine, et les Wallons, par esprit de contradiction pourraient être monarchistes", dit-il, à moitié en boutade. Willy Demeyer, interrogé sur le supposé esprit républicain liégeois, enchaîne : "Les Liégeois s’accommoderaient bien d’une république, mais par pragmatisme, une royauté ne les dérange pas".

 

 
 
RTBF, avec agences

Joyeuse "sortie" : résumé de la visite à Liège

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