Monde

Journée cruciale pour Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen

Journée cruciale pour Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen

© JOHN THYS - BELGAIMAGE

15 juil. 2014 à 05:13 - mise à jour 15 juil. 2014 à 05:21Temps de lecture3 min
Par Céline Biourge

Jean-Claude Juncker se présente ce mardi devant les députés du Parlement européen à Strasbourg. Il doit convaincre, il doit obtenir une majorité de "oui" au sujet de sa candidature au poste de président de la commission. 376 votes positifs sur 751 seront un minimum.

Les deux grands groupes au parlement, démocrates-chrétiens, et socialistes ont signé un accord pour soutenir sa candidature, les libéraux s'y sont joints.

Mais le vote, programmé à 12H30, se fait à bulletins secrets, certains députés pourraient décider de ne pas suivre les instructions de leur groupe. De nombreuses défections sont attendues. Au moins une soixantaine d'élus des trois groupes voteront contre ou s'abstiendront, selon des décomptes officieux.

Le candidat espère compenser ces défections en ralliant les suffrages d'une partie des 50 députés Verts. "Son intervention avant le vote sera déterminante pour nombre d'élus tentés par l'abstention", a confié à l'AFP un responsable du Parlement. M. Juncker espère faire mieux que le social-démocrate allemand Martin Schulz, réélu début juillet président du Parlement européen avec 409 voix.

Les députés européens ne veulent pas lui donner un chèque en blanc. Ils entendent ainsi peser sur la composition de son équipe et sur la répartition des portefeuilles. Les libéraux ont montré qu'ils sont incontournables pour la constitution d'une majorité au Parlement et ils ont des revendications. Leur chef, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, réclame "une représentation pour sa famille politique dans toutes les institutions", et exige "pas moins de neuf postes de commissaire pour des femmes", comme dans la Commission sortante. Or la désignation des candidats est une prérogative des États et ils n'entendent pas se laisser dicter le choix de leur commissaire. Pour le moment, l'écrasante majorité des candidats désignés sont des hommes.

Les exigences des libéraux renvoient au grand marchandage engagé entre les capitales pour les deux derniers grands postes à pourvoir, chef de la diplomatie européenne et président du Conseil, et pour l'obtention de portefeuilles de poids au sein de l'exécutif.

Les socialistes revendiquent le poste de président du Conseil, actuellement occupée par le chrétien-démocrate belge Herman Van Rompuy, mais ils ne sont pas parvenus à s'entendre sur un candidat. Ils pourraient se satisfaire du poste de chef de la diplomatie avec en complément le portefeuille de l'Economie, brigué par l'ancien ministre socialiste français Pierre Moscovici.

La présidence du Conseil pourrait alors revenir au PPE ou aux libéraux, également en lice pour la seconde partie du mandat de président du Parlement européen. "Il s'agit plus d'un affrontement des forces politiques que d'une question de personne", confie une source européenne.

Après les déchirements avec le Britannique David Cameron fin juin, qui s'était retrouvé totalement isolé dans son combat contre M. Juncker, les chefs d'État et de gouvernement doivent décider de ces deux nominations à l'unanimité. En cas de blocage, ils pourraient finalement choisir d'attendre la constitution de la Commission européenne avant de désigner le futur président du Conseil, et renvoyer cette décision à un nouveau sommet en septembre ou en octobre.

Le sommet de mercredi soir à Bruxelles ne déboucherait que sur la nomination du successeur de la Britannique Catherine Ashton à la tête du service diplomatique. Le poste devrait revenir à une femme. La jeune chef de la diplomatie italienne, la social-démocrate Federica Mogherini, tient la corde, mais la Bulgare Kristalina Georgieva, proche du PPE et actuelle commissaire à l'Action humanitaire, brigue également la fonction.

Suivez en direct le vote du parlement Européen à Strasbourg

RTBF et AFP

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Commission Juncker: la slovène Bratusek retoquée par le Parlement

Monde

Articles recommandés pour vous