RTBFPasser au contenu
Rechercher

Déclic

Journalistes et opposants politiques espionnés par Pegasus : un an après, où en est-on ?

L'invité

1 an de "Projet Pegasus"

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Il y a un an jour pour jour éclatait un véritable scandale d’espionnage révélé par un réseau de médias internationaux sous le nom de "Projet Pegasus". On apprenait qu’un logiciel espion s’était infiltré dans les smartphones d’activistes, de journalistes, d’élus politiques pour épier tous leurs faits et gestes.

Le 18 juillet 2021 ne marque que les débuts publics de l’affaire Pegasus. Dans les semaines et les mois qui suivent, on apprend qu’en Catalogne, des dizaines de personnes proches des mouvements indépendantistes ont été espionnées par les services de sécurité espagnols via Pegasus. En Pologne, l’homme qui organisait la campagne politique du principal parti d’opposition, en 2019, a été ciblé. Certains de ses messages sensibles ont fuité en pleine campagne. Remportée finalement de justesse par le parti adverse, Droit et Justice.

Ce logiciel espion est-il à même d’avoir un impact sur le cours de la politique ? Met-il des opposants en danger de mort ? C’est l’une des questions posées à Laurent Richard, journaliste et fondateur de "Forbidden Stories", le consortium de journalistes qui a révélé l’affaire Pegasus. Il rappelle :

Pegasus, c’est comme une personne au-dessus de votre épaule qui va pouvoir lire ce que vous lisez, voir ce que vous voyez, c’est considéré comme une arme militaire.

Une quarantaine de pays auraient acheté ce logiciel

Officiellement, toujours pour lutter contre le crime organisé et les terroristes. Le groupe NSO, qui vend le logiciel, demande aux états de respecter leurs propres lois "Mais comme souvent il s’agit d’états qui sont autoritaires et qui ont une triste réputation en matière de droits de l’Homme, ils font ensuite ce qu’ils veulent" déplore Laurent Richard. On estime les victimes à des dizaines de milliers mais il est très compliqué d’avoir un nombre précis à cause du manque de transparence des états et du groupe NSO.

Un an plus tard

La société qui vend le logiciel existe toujours. Il existe des pays de l'Union Européenne qui utilisent Pegasus, même si c'est dans un cadre réglementaire avec un magistrat qui valide des ordres d'interception. Mais la réalité c'est qu'il y a encore des victimes qui ne le savent pas encore. D'où l'importance que "Les états réagissent et inventent un mécanisme qui n'existe pas actuellement, pour protéger les citoyens" conclut le directeur de "Forbidden Stories".

Yuichiro Chino / GettyImages

Sur le même sujet

Predator : l’autre logiciel qui espionne les smartphones, utilisé par la Grèce et beaucoup d’autres

Monde

Espace : les États-Unis lancent un mystérieux satellite espion depuis la Nouvelle-Zélande

Espace

Articles recommandés pour vous