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Joséphine Baker de la rue au Panthéon

Joséphine Baker
12 déc. 2016 à 08:24 - mise à jour 30 nov. 2021 à 07:21Temps de lecture2 min
Par Denis Marc

 

1906, Saint-Louis – Missouri. La petite Freda Joséphine McDonald naît des amours d’une danseuse métisse noire et amérindienne et – probablement – d’un musicien de rue itinérant. Dans une Amérique encore franchement raciste, la petite Joséphine doit très tôt travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Joyeuse et insolente, elle ne pense qu’à danser et blaguer. Après un premier mariage (à 13 ans !), et bourrée d’ambition, elle décide de faire carrière à Broadway. Passant d’une troupe à l’autre et remarquée pour ses chorégraphies "sauvages", elle est engagée pour un spectacle donné à Paris : La Revue Nègre. Peu pudique et vêtue d’un simple pagne de bananes, elle devient la coqueluche scandaleuse du Tout-Paris, rencontre Gabin, Picasso ou Colette, multiplie les amants célèbres (on parle de Simenon, de Le Corbusier,…) et les maîtresses. Elle interprétera les chansons des grands paroliers de l’époque. 
Plus tard, elle jouera un rôle important dans la résistance française, voulant rendre un peu "à ce pays qui lui a tout donné" en se transformant en espionne. Ainsi, on la connaît pour avoir dissimulé des informations dans des partitions musicales ou une liste d’espions nazis dans… son soutien-gorge. La guerre finie, elle adoptera 12 enfants des quatre coins du monde – sa Rainbow Tribe, qu’elle élèvera dans un château en promouvant un esprit d’entente multiculturel. Elle décède en 1975.

JB

Fantastique évocation de celle qui fut la femme noire américaine la plus riche du monde et – surtout – la première star mondiale noire par le duo Bocquet-Catel, après leurs déjà remarqués Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges. Si Joséphine est un peu oubliée aujourd’hui sa Panthéonéisation de ce jour et cet ouvrage rappellent à quel point elle fut une femme libre et scandaleuse dans les années 20 et 30. Son mode de vie, sa – grande – liberté sexuelle, son côté fantasque sont autant de contrepoints à une existence démarrée sous de sombres auspices dans une atmosphère d’apartheid. Bocquet réalise un travail biographique conséquent et utile dans cette brique de 407 pages fort documentée. Le volume de l’œuvre ne doit surtout pas rebuter le lecteur car l’ensemble se lit avec une grande facilité, le dessin tout en sobriété de Catel servant admirablement le propos.

 

En bref : une des meilleures BD de 2016, tout simplement.

 

TITRE : Joséphine Baker

AUTEURS : Catel et Bocquet

EDITEURS : Casterman

GENRE : J’ai deux amouuuurs, mon pays et Pâââris.

 

Denis MARC

Joséphine Baker
Joséphine Baker Casterman – 2016

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