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Cinéma

John Wayne, 115 ans d’une fantastique chevauchée

John Wayne c’est 150 films dont 80 westerns

Pour célébrer les 115 ans de la naissance de John Wayne (c’était le 26 mai 1907), voici trois films incontournables, trois westerns, à (re) voir !

Dans sa vie, John Wayne peut tuer 6000 méchants, jamais il n’abattra un chien ou ne fera de mal à un enfant ; c’est ce qu’on appelle faire une carrière !

Il a raison Jacques Dutronc (à l’origine de cette pensée). Et quelle carrière le John ? Ou plutôt Marion Robert Morrison (son blaze véritable). Né le 26 mai 1907, nous célébrons les 115 ans de l’acteur américain qui a incarné le western. Résumée en quelques chiffres, la carrière de celui qu’on surnommait The Duke, c’est 150 films dont 80 westerns.

John Wayne, un cow-boy légendaire
John Wayne, un cow-boy légendaire (Warner Bros. Pictures)

Fils d’un vétéran de la Guerre de Sécession, pour Marion, enfin pour John Wayne, tout commence par de la figuration en 1926 dans le film "Tom, champion du stade". Il incarne un joueur de foot. Ça tombe car c’est ce qu’il est à l’université de Caroline du Sud. Rapidement, le jeune homme impose son impressionnant physique. Il faut dire qu’il mesure 193 centimètres. Vite repéré par un certain John Ford ("La chevauchée fantastique", "Rio Grande", etc.), le réalisateur ne peut plus se passer de lui. Par la suite, si Ford n’aura de cesse de réinventer le Western, Wayne tournera (avec lui, entre autres) les plus belles pages de l’histoire de ce genre particulier. Mieux encore, John Wayne, c’est l’incarnation même du Western et d’une certaine masculinité. Comme il joue (presque) toujours le héros solitaire, viril, patriotique et (un poil) macho, l’acteur dira de lui-même…

J’ai joué John Wayne dans tous mes films et ça m’a plutôt pas mal réussi !

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S’il ne fallait retenir que 3 films (pour célébrer cet anniversaire), laissez-nous d’abord vous conseiller "La prisonnière du désert" ou en VO dans le titre "The Seachers". Dans ce film, John Wayne incarne Ethan Edwards. Vétéran de la Guerre de Sécession (comme son père), il rentre enfin chez lui. Enfin non, il rentre chez son frère, sa belle-sœur et ses neveux et nièces. Nous sommes en plein Texas, en 1868. Dès la première scène, on comprend qu’entre elle (la belle-sœur) et lui, il y a davantage que de l’amour… fraternel. Voulant se rendre utile, Ethan part à la recherche d’un troupeau chassé par les Indiens. Mais quand il revient à la ferme, il trouve celle-ci complètement dévastée, ses occupants sauvagement assassinés. Seules manquent ses deux nièces, enlevées par les Comanches. Ethan décide de partir à leur recherche. Le voilà prêt à tuer tous les Indiens qu’il croisera sur sa route…

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Avec cette "Prisonnière", Ford propose ce qu’il imagine comme le film parfait, soit un film sans un plan de trop, une histoire sombre, un paysage éclairé d’une brillante lumière naturelle et des acteurs au top. Le voilà servi… et nous aussi. Rien que le premier plan du film vaut le détour et montre toute la maîtrise technique du réalisateur. Le film s’ouvre sur une pièce plongée dans le noir. Une porte s’ouvre sur un désert au soleil brillant de 1000 feux. La lumière entre. Apparaît alors une dame, de dos, qui sort de la maison. Un paysage se découvre en VistaVision. Une fois dehors, changement de plan. La dame est de face. Le soleil brille tellement fort qu’elle est obligée de porter une main au-dessus de ses yeux pour mieux voir l’étranger qui arrive sur son cheval. Re-changement de plan, avec là-bas, au loin, un cow-boy poussiéreux à cheval…

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Autre film à (re) voir, même genre… ce serait "L’homme qui tua Liberty Valance". Avec ce film, sorti en 1962, John Ford assure et assume la transition d’un western de studio vers un western entièrement tourné en extérieur (annonciateur du western à l’italienne), davantage poussiéreux et de plus en plus dur. Dans cette histoire, le sénateur Stoddard (James Stewart) et sa femme Hallie (Vera Miles) reviennent à Shinbone pour assister à l’enterrement de Tom Doniphon (John Wayne). Interpellé par cette présence, un journaliste local cherche à comprendre le pourquoi de cette visite ! ? Stoddard se met alors à raconter comment il a connu Tom dès années plus tôt et comment ils ont combattu le plus vicieux des cow-boys de l’époque, Liberty Valance (Lee Marvin) ! Ce film reste encore et surtout le film de cette réplique culte…

On est dans l’Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende !

Qui est finalement l’homme qui tua Liberty Valance ? Wayne ou Stewart ?
Qui est finalement l’homme qui tua Liberty Valance ? Wayne ou Stewart ? (Paramount Pictures)

Le troisième film qu’il faut voir avec John Wayne est encore un western mais il n’est pas signé par John Ford. Place à "Rio Bravo" de Howard Hawks, sorti en 1959, avec Dean Martin et Ricky Nelson. Nous sommes donc à Rio Bravo, une petite ville de l’Ouest sans histoire, ou presque. Joe Burdette, le frère d’un richissime éleveur, tue un homme désarmé. Il est aussitôt jeté en prison. Alors que ce puissant éleveur et ses hommes comptent prendre d’assaut la ville pour récupérer le voyou, le shérif John T. Chance (John quoi) aidé de son adjoint (alcoolique) et d’un jeune homme des plus téméraires protègent tant bien que mal les lieux !

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Huis clos à ciel ouvert, "Rio Bravo" se veut tout aussi psychologique que prenant et tendu dans l’action. On y parle de responsabilité, de rédemption, de liberté, de justice (mais attention, pas à n’importe quel prix), de légitimité. Inspiré du "Train sifflera trois fois", "Rio Bravo" servira encore de base pour d’autres productions comme "Assaut" du grand John Carpenter et d’autres films de zombies de George Romero.

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Et juste comme ça encore, pour le plaisir, concluons ce Top 3 avec un quatrième film, réalisé par Michel Hazanavicius ("The Artist"), à savoir le cultissime "La classe américaine". Magnifique compilation de grandes scènes de films divers de la Warner, redoublées pour l’occasion (et elle est là l’idée de génie), cette "Classe" est une excellente master class de drôlerie. John Wayne y incarne (bien malgré lui) Georges Abitbol, l’homme le plus classe du monde. À juste titre !

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