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Joëlle Milquet pour un débat sur la taxation des plus-values en Belgique

Joëlle Milquet pour un débat sur la taxation des plus-values en Belgique

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11 sept. 2012 à 07:27Temps de lecture3 min
Par Thomas Nagant

La demande de naturalisation du milliardaire français Bernard Arnault a donné lieu à un déferlement de commentaires, face auquel la vice-première ministre cdH veut demeurer zen : "Il faut traiter ce dossier comme n’importe quel dossier", expose Joëlle Milquet

Les attaches durables et fortes avec le pays, ou la résidence d’au moins trois ans, "tout cela mérite d’être analysé avec la même rigueur et la même jurisprudence de la commission que pour n’importe quel autre cas". Pour autant, "que l’on se pose des questions (…), c’est logique", concède la vice-première. Ce phénomène de "naturalisation fiscale" - intention que l’on prête à Bernard Arnault- doit-il être mis en cause ? Joëlle Milquet ne répond pas mais souligne toutefois que, dans une période de crise, "quand on doit trouver des budgets, quand on doit investir dans la justice, dans la police, dans un plan de relance pour l’emploi et le développement socio-économique",  il n’est peut-être pas tout à fait absurde de réfléchir à une réforme du régime fiscal des plus-values.

"Il faut que ça ramène !"

"Nous nous avons toujours pensé qu’il fallait évidemment faire contribuer ceux qui ont le plus de moyens de manière beaucoup plus forte, mais qu’il faut le faire de manière efficace. Il faut que ça ramène !".

Une simple taxe sur les grandes fortunes n’est peut-être pas la solution la plus efficace, pense-t-elle, "mais par contre travailler sur la taxation des plus-values, sur les précomptes mobiliers pour des personnes qui ont des revenus très importants (…), c’est quelque-chose qui en terme de rentrées est parfois plus efficace". En la matière, Joëlle Milquet se veut pragmatique et évoque les "blocages" qui, dit-elle, surviennent à chaque fois que ces questions sont abordées lors de discussions budgétaires. "On peut faire les choses intelligemment et modérément", et on devrait pouvoir réaliser des avancées sur ce point, selon elle, "sans mettre  à mal en quoi que ce soit le déploiement de nos entreprises, ce qui est aussi important".

Accord "Rubik" avec la Suisse: ce serait absurde de ne pas au moins y réfléchir

Faut-il rejeter d’emblée l’idée d’un "arrangement" avec la Suisse pour compenser l’évasion fiscale vers ce pays ou bien faut-il, comme le suggérait le vice-premier MR Didier Reynders, réfléchir à la question sans a priori ? Joëlle Milquet rejoint la position du libéral.

"On serait quand même assez fous pour ne pas au moins analyser la question. Quelle est l’offre réelle des Suisses ? Nous n’avons pas encore eu de débriefing du voyage de M. Reynders en Suisse, et ce sera intéressant de l’avoir en kern", souligne Joëlle Milquet. Mais ce serait "absurde", estime-t-elle,  de ne pas au moins réfléchir à cette rentrée d’argent potentielle. "Quand on voit dans quelle situation budgétaire nous nous trouvons, moi ce qui m’intéresse avant tout –parce que les grandes idéologies, c’est très bien !- c’est d’avoir des moyens pour sécuriser les personnes au quotidien et pour relancer l’économie et l’emploi".

Convocations électorales en périphérie: trop précoce

La ministre de l’Intérieur observe que la législation flamande stipule que le gouverneur doit s’assurer du bon envoi des convocations électorales et du moment de l’envoi, soit 15 jours avant le scrutin. "Et nous ne sommes pas le 29 septembre, donc il est quand même assez étonnant que l’on anticipe le fait que des bourgmestres ne vont pas envoyer des convocations électorales et de se substituer à eux avant même qu’ils aient posé un acte dans le délai imparti par la propre législation flamande" souligne Joëlle Milquet. Constatant son incompétence en matière d’organisation électorale pour les élections communales –compétence désormais régionalisée- elle en conclut simplement "comme juriste", que l’action du ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois, n’est pas conforme au prescrit légal flamand. "S’il y a un recours, ce que sans doute ne manqueront pas de faire certains bourgmestres, ce sera aux autorités compétentes, notamment au Conseil d’Etat, à juger de la légalité ou pas de cet envoi".

"Il y a un problème" avec l'alcool à Bruxelles

"Je pense qu’on doit être beaucoup plus stricts et beaucoup plus ferme en matière de sécurité à Bruxelles", assène Joëlle Milquet, qui range les incivilités dans le même sac. Et de fait, dit-elle, "il y a un problème" avec le fait que l’achat d’alcool tard dans la nuit provoque attroupements, déchets, etc. L’idée d’interdire la vente d’alcool après 22 heures proposée par le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans "mérite qu’on y réfléchisse", même si "il ne faut pas décider dans l’émotion". D'ailleurs, "c’est une piste que moi j’ai défendue déjà avant".

T.N.

Joëlle Milquet dans Matin Première - B.Henne

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