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JO d'hiver - Pékin 2022

JO Tokyo 2020 : Petites désillusions ou gros flops, ces 10 stars des Jeux repartent de Tokyo avec des regrets

JO Tokyo 2020 : Petites désillusions ou gros flops, ces 10 stars de Jeux repartent de Tokyo avec des regrets

Les Jeux Olympiques, cet univers impitoyable. Une quinzaine ultra-intense où les émotions se bousculent et où chaque sportif peut passer, en l’espace de quelques instants, du rêve au cauchemar et vice-versa. Même covidée, même… vidée de ses spectateurs, cette édition tokyoïte n’a pas dérogé à la règle. Et si certains athlètes ont su se sublimer pour toucher leur rêve de médaille du bout des doigts, d’autres ont flanché au pire des moments. Petites désillusions ou gros flops, voici 10 sportifs (ou équipes) qui repartiront sans doute du Japon avec quelques regrets.

1. Des Bleus amochés et sans défense

André-Pierre Gignac dépité avec l'équipe de France.

Un désastre, un naufrage, un calvaire. Débarquée dans la métropole japonaise avec de vraies ambitions, l’équipe de France de football a vite déchanté, broyée d’entrée par le rouleau-compresseur mexicain (1-4). Et s’ils ont (difficilement) sorti la tête de l’eau grâce à un Gignac XXL contre l’Afrique du Sud par la suite (4-3), les Bleus ont tendu l’autre joue contre le Japon lors de leur 3e match de poules (0-4).

5 buts marqués, 11 buts encaissés, 3 points et deux défaites en trois matches, bref n’en jetez plus la coupe est pleine, la France quitte la scène olympique par la toute petite porte. Un fiasco collectif qui contraste avec les prestations monstrueuses des délégations bleues en volley-ball, hand-ball ou basket.

2. Shericka Jackson, ou l’art de couper son effort trop tôt

Shericka Jackson à l'arrivée du 200m qui précipite son élimination.

L’image a fait le tour de la toile, tournant assez vite la pauvre Shericka Jackson en ridicule. Tout juste auréolée d’une belle médaille de bronze sur 100m, la Jamaïcaine se présentait pourtant sur la ligne de départ du 200m avec une vraie pancarte d’outsider pour une 2e breloque. Confirmation dans la foulée puisque Jackson s’est baladé pendant… 180 mètres, surclassant la concurrence et dégageant une étonnante impression de facilité.

Mais peut-être trop présomptueuse, peut-être un tantinet trop naïve, la Jamaïcaine a coupé son effort avant la ligne, trottinant tranquillement sur les 20 derniers mètres. Résultat, elle a laissé la concurrence, lancée comme un boulet de canon derrière elle, revenir à son niveau… et même repasser devant. Bouche bée à l’arrivée, Jackson n’a pu que constater les dégâts : elle finit finalement 4e de sa série et est éliminée au temps. Jackson Faille.

3. Mathieu Van der Poel et l’histoire de la planche en bois

Mathieu van der Poel à la faute en VTT.

"Maudite planche en bois". Cette phrase, Mathieu van der Poel risque de la ressasser pendant quelques temps. Aligné en VTT avec, dans le coin de sa tête un rêve de médaille (d’or), le Néerlandais a dû dire prématurément adieu à ses aspirations de podium. La faute (selon lui) à une planche en bois, présente lors de la reconnaissance du parcours mais enlevée au moment de la course, qui l’a poussé à la faute et finalement à l’abandon.

"On lui a pourtant dit 100 fois que cette planche ne serait plus là" clamait, avec amertume, le sélectionneur néerlandais Gerben de Knegt après coup. Il aurait probablement fallu essayer une 101e fois. Chance dans la malchance, van der Poel ne souffre heureusement d’aucune fracture après sa chute. Mais sa chance olympique, elle, est bien passée…

Mathieu van der Poel chute de manière spectaculaire en début de course

JO Tokyo 2020 - Mountainbike

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4. Novak Djokovic, le Serbe acerbe

Novak Djokovic lors de sa demi-finale contre Zverev.

Entendons-nous bien, à proprement dire, la 4e place de Novak Djokovic n’est pas une déception. Le Serbe a eu le mérite de résister à la ribambelle de forfaits notoires de dernière minute et de se présenter sur la ligne de départ tokyoïte dans un tableau tennistique dépeuplé de ses têtes d’affiche. C’est plus qu’honorable alors qu’il aurait pu, comme beaucoup d’autres, faire l’impasse sur ce long déplacement.

Mais au vu des ambitions illimitées du Joker, permettez-nous de (malgré tout) le placer dans la catégorie des déceptions. Tout simplement parce qu’au fond de lui, Djoko risque d’en avoir. Gargantuesque depuis le début de la saison, l’insatiable serbe ne laissait que des miettes à la concurrence. Sur le dur de Tokyo, il espérait encore une fois tout rafler pour viser un historique Grand-Chelem doré (remporter les 4 levées en GC + les JO la même année).

Ce ne sera pas pour cette fois pour Djokovic, mis K.O par un surprenant Alexander Zverev en demi-finale et finalement terrassé par Pablo Carreno-Busta pour le bronze. A 37 ans, il se lancera probablement dans un dernier baroud d’honneur aux Jeux de Paris pour ajouter cette médaille d’or, dont il rêve tant, à son impressionnant tableau de chasse.

5. Le relais 4x100 américain ? Il n’y avait point de relais

Fred Kerley, sprinteur américain.

Trayvon Bromell, Fred Kerley, Ronnie Baker et Cravon Gillespie. Sur papier, le quatuor aligné par Team USA sur le relais 4x100m avait une sérieuse gueule d’épouvantail, de grandissime favori même pour rafler la timbale. Sur la piste, le rêve a vite tourné au cauchemar. La faute à des relais difficiles et à une dernière ligne droite mal maîtrisée par le malheureux Gillepsie, déposé par ses adversaires au fil des mètres.

6e de leur série qualificative, les Etats-Unis ont donc pris la porte bien trop tôt, éliminés d’entrée alors que la finale aurait dû leur tendre les bras. Dézingué par la légende Carl Lewis qui a traité la performance américaine de "honte inacceptable", le relais a confirmé son aversion récente pour la discipline. On rappelle que les Américains ne sont plus parvenus à décrocher l’or depuis les J.O de 2000, alors que le 4x100m était autrefois leur chasse gardée.

6. Simone Biles, prendre du recul pour mieux s’envoler

Simone Biles, gymnaste américaine.

Comme Novak Djokovic, Simone Biles ne devrait pas figurer dans ce classement. Parce que l’acrobate américaine a évidemment des circonstances atténuantes pour justifier son retrait inattendu (et soudain) de plusieurs compétitions de gymnastique. Biles s’est dite usée, fatiguée, éreintée par des "démons intérieurs" qui la hantaient depuis de nombreux mois. Avec le recul, elle a aussi expliqué que le récent décès de sa tante l’avait impactée moralement.

Mais force est de constater qu'au niveau comptable, Biles elle-même devait sans doute s’attendre à plus en débarquant dans le gymnase tokyoïte. Superstar de sa discipline, l’Américaine visait 5 (voire 6) médailles comme elle l’avait fait à Rio. Au final, elle doit se "contenter" de deux breloques, l’une d’argent glanée en équipe malgré son abandon en cours de route et la 2e, de bronze après avoir fait un beau come-back à la poutre.

Lessivée mentalement, la très courageuse Biles s’en contentera probablement. Le grand public, assoiffé de records et de résultats, gardera sans doute un léger goût de trop peu au moment de se remémorer le parcours de l’Américaine dans la capitale japonaise.

La gymnaste américaine Simone Biles face à ses démons

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7. Teddy Riner, la marche était sans doute trop haut

Teddy Riner éliminé en demi-finale lors du concours individuel.

Son grand sourire au moment de brandir la médaille d’or par équipes mixtes contrastait avec l’immense tristesse qu’il avait connue quelques jours plus tôt.

Double tenant du titre et grandissime favori à sa propre succession, Teddy Riner avait une occasion… en or de rafler une 3e breloque dorée consécutive en individuel pour marquer encore un petit peu plus l’histoire du judo de son imposante empreinte.

Ce ne sera pas pour cette fois. La faute à un rugueux et valeureux adversaire russe Tamerlan Bashaev qui a mis le colosse au tapis sur waza-ari dans le golden-score de la demi-finale. Une désillusion, à peine atténuée par la médaille de bronze acquise quelques heures plus tard.

Au final, Riner quitte les tatamis nippons avec deux médailles dans son escarcelle personnelle. Un rêve pour de nombreux sportifs, une moisson qui gardera malgré tout un goût de trop peu pour Teddy Bear.

Judo +100kg : Teddy Riner - Tamerlan Bashaev

JO Tokyo 2020 - Judo +100kg

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8. L’équitation française en jumping : du rêve au cauchemar

Penelope Leprevost lors du concours de jumping.

On le disait en introduction, le sport est un monde cruel où on peut passer du rêve au cauchemar en quelques fractions de secondes. Demandez plutôt à la malheureuse équipe de jumping française ce qu’elle en pense. Ultra-convaincant, le trio français déjoue tous les pronostics pour s’installer en tête du concours, devant les mastodontes suédois, américain… et l’équipe belge. Après deux passages, les Bleus peuvent même rêver d’une incroyable médaille d’or.

Entre alors en piste, Penelope Leprevost, la dernière représentante française. Déjà en difficulté lors du concours individuel, elle heurte un premier obstacle avant que son cheval ne refuse tout bonnement (et à deux reprises) de franchir un second. La sentence est cruelle. Leprevost est éliminée et la France dégringole au classement pour se nicher à une frustrante 8e place.

Une désillusion monumentale qui a fait le bonheur des Belges, tout heureux de remonter à la 3e place du podium et de rafler une historique médaille de bronze.

9. Naomi Osaka a perdu la flamme

Naomi Osaka lors des Jeux Olympiques.

Les temps sont très durs pour Naomi Osaka. En dépression depuis trois ans, la Japonaise avait été pointée du doigt pour ses déclarations en marge de Roland-Garros, où elle avait fini par jeter l’éponge, fatiguée par la vague de critiques qui s’était abattue sur elle.

De retour pour disputer les JO dans son pays et même promue porte flamme par l’organisation, elle n’a malheureusement pas su élever son niveau de jeu au meilleur des moments. Baladée par Marketa Vondrousova (6-1 6-4 en 1h10 de jeu), elle a quitté le tournoi la tête basse. Par la suite, elle a honteusement été prise à partie par plusieurs journalistes et consultants japonais, expliquant à la TV qu’elle n’était pas une "vraie Japonaise".

10. Yohann Diniz, attention à la marche

Yohann Diniz lors du 50km marche.

Recordman du monde sur le 50km marche, le pauvre Yohann Diniz a vécu un véritable calvaire à Tokyo. A 43 ans et alors qu’il visait un dernier bon résultat avant de tirer sa révérence olympique, le Français, visiblement touché par des problèmes gastriques, a été contraint à l’abandon à l’aube du 28e kilomètre.

Auparavant, il avait fait le show un peu malgré lui, alternant entre arrêts inopinés aux "stands", remontées fantastiques pour recoller au peloton et immobilisations inexplicables.

"C’était la compétition de trop, l’olympiade de trop", a-t-il estimé après la course. Un cruel dénouement pour ce grand homme, véritable icône de sa discipline, qui quitte la scène olympique par la petite porte.

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