Monde

Jérusalem: trois nouvelles attaques à l'arme blanche ce lundi

Les forces de sécurité israéliennes devant la "Lion Gate" de Jérusalem.
12 oct. 2015 à 12:02 - mise à jour 12 oct. 2015 à 13:28Temps de lecture3 min
Par RTBF avec Belga

La série des agressions à l'arme blanche se poursuit à Jérusalem où au moins deux hommes ont été abattus et une jeune femme blessée par balles après avoir poignardé des policiers et de jeunes juifs, dans un contexte d'escalade de la violence que rien ne semble arrêter.

Les trois attaques perpétrées lundi contre un policier près de la Vieille ville et dans une colonie israélienne à Jérusalem-Est, et à la limite de Jérusalem-Est et Ouest pour la troisième portent à 18 le nombre d'attaques à l'arme blanche contre des Israéliens et des juifs depuis le 3 octobre. Loin des attentats à la bombe meurtriers de la deuxième Intifida, ces agressions commises pour la quasi-totalité par des Palestiniens sans aucune coordination apparente ont fait deux morts et plus d'une vingtaine de blessés.

Neuf agresseurs ont été abattus. Ces agressions ajoutent au coeur même d'Israël et à Jérusalem à la vive nervosité causée par les troubles désormais quotidiens qui secouent les Territoires palestiniens occupés et réveillent le spectre d'une nouvelle intifada. La première agression s'est produite lors d'un contrôle près de la porte des Lions, à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, a indiqué la police.

Un homme identifié par les médias palestiniens comme Mustafa al-Khatib, 18 ans, de Jérusalem-Est, a porté un coup de couteau à un policier qui a été protégé par son équipement, a rapporté la police. D'autres policiers l'ont alors abattu. Dans l'après-midi, une jeune femme a poignardé et blessé, apparemment légèrement, un garde-frontière, selon la police. Il a tiré son arme et fait feu. La jeune femme, une écolière de 17 ans selon son entourage, a été emmenée à l'hôpital.

La litanie des funérailles

Des milliers de personnes aux funerailles de Mohannad Halabi, le palestinien tué après avoir assassiné deux Israéliens et blessé deux autres.
Des milliers de personnes aux funerailles de Mohannad Halabi, le palestinien tué après avoir assassiné deux Israéliens et blessé deux autres. ABBAS MOMANI - AFP

Plus tard dans la journée, au moins un homme a été abattu et un autre blessé par balles après avoir poignardé deux jeunes juifs, l'un gravement, l'autre sérieusement, dans la colonie israélienne de Pisgat Zeev à Jérusalem-Est, a dit la police. Le scénario est familier: le jeune homme allongé inerte dans une mare de sang sous les yeux d'une journaliste de l'AFP près de la porte des Lions était le huitième agresseur abattu dans des circonstances similaires depuis le 3 octobre.

Les tensions plus ou moins latentes depuis des mois entre Palestiniens et Israéliens se sont brutalement amplifiées avec l'assassinat de deux colons en Cisjordanie occupée le 1er octobre. L'agitation a gagné en Israël la communauté des Arabes israéliens (17,5% de la population), descendants des Palestiniens de 1948, titulaires de la citoyenneté israélienne et largement solidaires des Palestiniens des Territoires.

Deux soldats israéliens ont été blessés dimanche soir lorsqu'un Arabe israélien de 20 ans leur a foncé dessus avec sa voiture. Il a ensuite blessé deux civils israéliens avec un couteau avant d'être arrêté. Les Arabes israéliens sont appelés à une grève générale mardi. Les funérailles qui se succèdent alimentent la rage d'une jeunesse confrontée aux vexations de l'occupation, frustrée de perspectives et désabusée par ses dirigeants. Des centaines de jeunes sans aucun chef de file apparent vont chaque jour défier la mort près des postes de contrôle israéliens en Cisjordanie occupée en lançant des pierres sur les soldats israéliens qui ripostent à balles réelles.

Il est parti sans prévenir

De nombreux enfants, revêtus d'un treillis pour certains, encagoulés et brandissant des armes en plastique, se sont mêlés lundi aux centaines de personnes qui ont porté, à bout de bras, le corps drapé dans le drapeau palestinien d'Ahmed Charaké, 13 ans, à travers le turbulent camp de réfugiés de Jalazoune.

Le jeune garçon a été tué dimanche lors de heurts à Ramallah. "Il est parti sans me prévenir. J'ai vu à la télé qu'il y avait un mort, et ce n'est qu'après qu'on m'a dit que c'était Ahmed", a raconté sa mère éplorée, Houda, à l'AFP. Environ 25 Palestiniens, dont plusieurs auteurs présumés d'attaques à l'arme blanche, ont été tués depuis le 1er octobre. Des centaines ont été blessés, selon les services de secours.

Israël a par ailleurs annoncé avoir obtenu de YouTube la suppression de vidéos palestiniennes incitant, selon lui, "aux meurtres" et qui se propagent depuis deux semaines. Des responsables des Affaires étrangères doivent rencontrer mardi des représentants de Facebook lors d'une visite en Israël pour leur demander de suivre l'exemple de YouTube.