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L'info culturelle

Jérôme Laffont, Les mains libres

Jérôme Laffont, Les mains libres

Le Mu.ZEE -Musée Royal des Beaux-Arts d’Ostende- consacre une rétrospective au graveur Frans Masereel. La Cinematek propose un cycle qui permet de voir un document de Frans Buyens, le dessin animé de Berthold Bartosch, L’idée, ainsi que le bio-doc de Jérôme Laffont, Les mains libres, qui restitue Frans Masereel dans son siècle. Jérôme Laffont signe un film sobre, à la composition classique, rythmé par les gravures de l’artiste. Frans Masereel est né à Blankenberge en 1889. Il meurt en 1972 à Avignon. L’homme est engagé, pacifiste et libertaire. L’œuvre est marquée par la tourmente de la Première Guerre mondiale. Les gravures dénoncent les horreurs de la guerre des tranchées et l’exploitation de l’homme projeté dans des paysages de villes industrielles aux perspectives chaotiques. Par la brutalité de l’entaille et l’opposition tranchée du blanc et du noir, la gravure sur bois traduit la révolte d’un artiste qui n’aura de cesse de dénoncer l’oppression et l’injustice. Membre du cercle internationaliste, défenseur d’une Europe culturelle et fraternelle, Frans Masereel est l’ami de Romain Rolland et de Stefan Zweig. Il est le créateur du premier roman graphique de l’histoire. Il défend une large diffusion à bas prix de son œuvre. La passion d’un homme, vingt-cinq gravures sur bois est un roman sans parole emblématique de son œuvre. L’histoire est une transposition de la vie du Christ dans un monde où Dieu n’est pas aux côtés des plus démunis. En 1932, Frans Masereel collabore avec le cinéaste autrichien Berthold Bartosch à la réalisation d’un film d’animation L’idée, un an avant l’arrivée des nazis au pouvoir et l’autodafé de 1933 qui fait disparaître les romans- images de Frans Masereel peu appréciés par le régime national-socialiste. L’engagement de l’artiste se vit dès lors beaucoup plus sur le terrain. Il participe à des congrès internationaux sur la paix. Il soutient les républicains en Espagne pendant la guerre civile. Il apprend le dessin aux ouvriers français pendant le Front populaire. A Paris, il vient en aide aux immigrés allemands pourchassés par le régime nazi. Une vie d’engagement menée par un humaniste indéfectible, malgré son regard critique porté sur les hommes … la race la plus infecte qui existe … et pourtant, je ne pourrais vivre sans les voir.

 

Interview de Jérôme Laffont par Pascal Goffaux.

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