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Politique

Jean-Pascal Labille (Solidaris) : "Nous devons mieux préparer l’Etat aux crises qui, inévitablement, vont continuer d'arriver"

L'invité de Matin Première: Jean Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris

Quelles solutions pour les ménages ?

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21 juin 2022 à 07:47 - mise à jour 21 juin 2022 à 07:584 min
Par Kevin Dero, sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

Au lendemain d’une mobilisation qui a rassemblé entre 70 et 80.000 personnes dans les rues de Bruxelles et au moment de la sortie du thermomètre de Solidaris, Jean-Pascal Labille, le Secrétaire général de la mutualité socialiste, était l’invité de Thomas Gadisseux et de François Heureux ce matin.

Manifestation nationale ce 20 juin dans les rues de Bruxelles et Jean-Pascal Labille ce matin sur les antennes de la RTBF
Manifestation nationale ce 20 juin dans les rues de Bruxelles et Jean-Pascal Labille ce matin sur les antennes de la RTBF BELGA/RTBF

Mobilisation révélatrice

Jean-Pascal Labille pose trois constats concernant l’actualité sociale et la mobilisation de ce lundi.

Selon lui, " La force de mobilisation reste intacte ". Cela témoigne aussi de " grandes difficultés que rencontrent des gens pour terminer le mois ". On le voit notamment dans le nombre des reports d’hospitalisations, ajoute-t-il. Et le patron des mutualités socialistes de mettre le doigt aussi sur un sentiment d’" injustice " : " Quand on a des secteurs qui peuvent distribuer des dividendes à de telles hauteurs et que l’on refuse de négocier des augmentations salariales, il y a un vrai problème ".

La force de mobilisation reste intacte

Un constat donc qui lui fait penser au pire. " On est en phase d’explosion sociale. J’invite Monsieur De Croo à descendre de son cheval et à venir voir ce qu’il se passe dans nos quartiers ". Et l’ancien ministre socialiste des Entreprises publiques d’exhorter à se pencher sur ce qui s’est passé aux élections législatives en France, traduite dans les urnes par une montée des extrêmes à l’Assemblée nationale. " Il y a aujourd’hui un problème de cohésion sociale, d’accès à une vie digne "

Il y a aujourd’hui un problème de cohésion sociale, d’accès à une vie digne

Extrait de notre 19h30 de ce lundi :

Manifestation et transports perturbés

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Retrouvez le "baromètre Solidaris" ici 

Un Etat plus "prévoyant"

Le thermomètre Solidaris, fait transparaître, lui, un certain paradoxe. Sur la prise de température des trois millions de Belges affiliés à la mutuelle, il ressort que les citoyens demandent plus d’actions de la part de l’Etat, mais qu’en même temps ils ne savent plus très bien qui décide pour eux. Il y a une demande de plus d’Etat mais de la déviance concernant les politiques.

Et Jean-Pascal Labille d’expliquer que les études Solidaris se sont penchées sur les sentiments profonds des affiliés, après des épisodes importants arrivés coup sur coup que sont la crise du covid, les inondations de l’été dernier et la guerre en Ukraine. Et l’ancien ministre fédéral socialiste de synthétiser : " Nous devons mieux préparer l’Etat à ces crises qui inévitablement vont continuer à arriver. On veut un Etat plus prévoyant. Et une prévention construite sur une base collective (et pas stigmatiser des comportements individuels) ". Pour cela, dit l’invité de Thomas Gadisseux, qui se fait le porte — parole de ses affiliés " demandez-nous à nous, citoyens, quelles solutions nous voulons construire ". Et résume-t-il " on a besoin à la fois de plus de prévention et de plus de démocratie ". C’est-à-dire plus d’écoute et de démocratie participative.

Nous devons mieux préparer l’Etat à ces crises qui inévitablement vont continuer à arriver

Une démocratie proche du citoyen qui relayerait les désidératas de la population. Et de parler du thème environnemental. " On demande dans cette étude des mesures fortes sur les pollueurs – et non pas une stigmatisation individuelle de comportements —. On sait qui pollue, on sait qui provoque une destruction de la biodiversité, et on demande à l’Etat d’agir".

Manifestation nationale dans les rues de Bruxelles, le 20 juin
Manifestation nationale dans les rues de Bruxelles, le 20 juin © Tous droits réservés

« Chaudron social »

Maintenant place aux solutions, aux pistes de sortie. On l’a vu, d’aucuns veulent un Etat plus prévoyant. Redonner une perspective aussi. D’autant que le ressenti des sondés est sombre concernant l’avenir. Pour le socialiste, il faut pour éviter un " chaudron social ", se démener sur trois aspects : la prévention, la proximité et l’éducation permanente. Être proche de la population, être dans l'"aide concrète " et permettre des perspectives d’avenir. " Et pas être dans du bricolage institutionnel, de simplement donner des chèques… " explique-t-il.

 

Corps intermédiaire

Les Mutualités, chaînon entre les sentiments de la population et les institutions, ont donc un rôle tout à fait primordial selon Jean-Pascal Labille.

Une demande donc de plus état, d’un état plus responsable et plus prévoyant concernant les crises à venir. " Nous sommes une structure ancrée sur le terrain et qui remonte vers le monde politique ce que dit, ce que vit, ce que demande le terrain. C’est cette meilleure articulation que nous devons faire ". Il fait alors une remarque " je suis de ceux qui pensent que ce qui se passe en France – et nous ne sommes pas immunisés contre cela — c’est le décalage complet entre ceux qui dirigent et la réalité de terrain. Et ça, c’est l’explosion alors de la société, nous ne faisons plus société. Et c’est grave ".

Une Mutalité à donc un rôle de contre-pouvoir et doit pousser le monde politique à " agir dans le sens de l’intérêt général ". Et le secrétaire général de rappeler que Solidaris est là pour " aider ce gouvernement à changer la société ".

Ce qui se passe en France […] c’est le décalage complet entre ceux qui dirigent et la réalité de terrain

Bruxelles, lundi 20 juin 2022
Bruxelles, lundi 20 juin 2022 © Tous droits réservés

La piste de « mini-codeco » ?

Après les constats apparus dans l’enquête, et notamment que " ces crises ont montré que les inégalités sociales se creusent ", des pistes de solutions sont sur la table. Et Jean-Pascal Labille de préconiser notamment une certaine " décentralisation ". Et de revenir, à mots cachés, sur les inondations et la pandémie : " Au moment où une crise surgit, nous devons savoir exactement ce que nous avons à faire. Si vous interrogez des bourgmestres, ils vous diront avoir été à la fin de la ligne de décision, n’avoir pas eu de contact avec le gouvernement fédéral (au contraire du régional, précise Jean-Pascal Labille)." Et expliquer que les demandes des autorités locales sont " préparez-vous à ce genre de situation, car ça risque de se reproduire. Nos modes de vie nous conduisent aujourd’hui probablement à retrouver ce genre de pandémie ".

Les inégalités sociales se creusent

Vers une meilleure gouvernance

Et le secrétaire général de Solidaris de conclure en citant trois composantes " intimement liées ", selon lui, qui permettront pour une bonne gouvernance dès à présent. " Les forces politiques qui demain changeront la société sont celles qui seront le mieux intégrer les aspects sociaux, environnementaux et démocratiques ".

L'invité de Matin Première: Jean Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris

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