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La Touche belge

Jean-Louis Rassinfosse, une histoire d’amour avec la contrebasse qui dure depuis plus de 50 ans

Jean-Louis Rassinfosse, une histoire d’amour avec la contrebasse qui dure depuis plus de 50 ans
04 nov. 2020 à 10:582 min
Par Brigitte Mahaux et Arnaud Clément

1m93 de chair et de bois. Ainsi pourrait-on résumer la fusion qui existe depuis plus de cinquante ans entre le jazzman Belge Jean-Louis Rassinfosse et sa contrebasse. Musicien d’envergure chez nous et sur la scène jazz internationale, Jean-Louis Rassinfosse a joué avec les plus grands, présidé l’association des musiciens jazz belges, enseigne au Conservatoire, s’est vu couronné de prix prestigieux. Avec plus de 120 disques enregistrés, sa contrebasse et lui ne peuvent décidément passer inaperçus. Son dernier disque, Le Métèque, avec le trio l’Ame des Poètes, est publié chez Igloo.

Pourtant, c’est la guitare que le jeune adolescent, né en 1952, choisit d’abord pour faire ses premiers pas dans la musique. À une époque où le yéyé est roi, Jean-Louis Rassinfosse s’intéresse à un autre courant : le jazz. Il a tôt fait de troquer sa six-cordes un peu étroite pour un instrument à sa mesure : la contrebasse. L’histoire d’amour commence et c’est en autodidacte qu’il explore toutes les capacités de son nouvel instrument. Au milieu des années septante, une fantastique opportunité s’offre à lui : accompagner le légendaire trompettiste américain Chet Baker pour une tournée italienne en trio avec le guitariste belge Philip Catherine. Jean-Louis Rassinfosse, déjà fidèle à son principe de saisir les occasions comme on embarque dans des trains, saute dans l’aventure sans savoir encore qu’il signe pour une collaboration régulière de dix ans.

Fort de cette reconnaissance, le Bruxellois devient incontournable à son retour au pays. Il multiplie les collaborations (Toots Thielemans, Bruno Castellucci, Steve Houben, Charles Loos…) et les occasions de tourner se bousculent au portillon. Gourmand, joueur, il accepte tout ce qui le tente, ce qui prête aujourd’hui à considérer que ses collaborations peuvent déjà se compter par centaines.

C’est en 1992 qu’il en démarre une au long cours, toujours en vogue aujourd’hui : L’Âme des poètes, 9 disques et des spectacles où, avec Pierre Vaiana au saxophone soprano et Fabien Degryse à la guitare, il réarrange et interprète des œuvres majeures de la chanson française. Leur dernier disque, sorti cette année, porte le nom du Métèque et rend hommage à tous ces artistes qui, d’origines diverses, ont fait la gloire de la chanson et de la culture francophones.

Jean-Louis Rassinfosse le revendique : il aime la scène, offrir au public ses mots et son humour dévastateur.

J’ai un véritable plaisir à faire un stand up.

Communiquer des émotions, créer et transmettre. C’est aussi ce qui le conduit à entrer dans l’enseignement, au Conservatoire de Liège puis à celui de Bruxelles. Il y a transmis sa technique exigeante, ainsi que l’art de se comporter au sein d’un ensemble : écoute, respect, propositions autour de règles communes.

Auréolé d’un Octave d’Honneur en 2019, Jean-Louis Rassinfosse s’est imposé comme un excellent soliste sur un instrument dont il a su développer au mieux tous les possibles. Reconnu, admiré et aimé par ses pairs, il sait leur rendre la pareille.

Un portrait signé Brigitte Mahaux

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