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Crise politique

Jean-Claude Marcourt: "En Wallonie, ils ont changé de casting, mais pas de politique"

Jean-Claude Marcourt: "En Wallonie, ils ont changé de casting, mais pas de politique"

Près de trois mois après le déclenchement de la crise politique francophone, Jean-Claude Marcourt (PS) ne digère pas l'éviction du PS en Wallonie. Autrefois ministre wallon de l'Économie, il dit ne toujours pas comprendre le choix posé par le président du cdH Benoît Lutgen.

À la Région wallonne, un nouveau gouvernement MR-cdH a pris ses fonctions. D'autres têtes pour mener la même politique socio-économique, estime-t-il.

"Il y a un très grand paradoxe : on dit qu'il faut une rupture socio-économique, mais qu'il faut surtout continuer la politique que les socialistes ont menée depuis treize ans avec le Plan Marshall, ironise le Liégeois, invité de Matin Première ce jeudi. Ça me fait grincer des dents, parce que l'on va perdre 6 mois. Toutes les entreprises, les responsables syndicaux, les responsables académiques disent qu'il faut continuer la logique des pôles de compétitivité."

"Alors, il faudra que M. Lutgen explique pourquoi il fallait un changement pour la continuité. C'est simplement le changement de casting qu'il voulait et pas du tout un changement de politique."

Pourtant, les libéraux pointent le taux de chômage wallon (10,6% en 2016) comme une preuve de "la faillite du système socialiste en Wallonie". Si Jean-Claude Marcourt reconnaît que ce "taux de chômage est insupportable", il balaie la responsabilité du PS : "Ce n'est pas nous qui avons fermé Caterpillar ou qui avons provoqué la fin de la sidérurgie…"

Et, ajoute-t-il, "depuis 40 mois, bien avant l'entrée en vigueur du gouvernement fédéral, le taux de chômage diminue plus vite en Wallonie que dans les deux autres Régions du pays". Bien que, notons-le, il reste deux fois plus important qu'en Flandre (4,9% en 2016).

"Il y a une part d'hypocrisie"

Poussé vers la sortie en Wallonie, Jean-Claude Marcourt est toujours ministre de l'Enseignement supérieur et des Médias en Communauté française. Mais pour combien de temps ? Le cas de la Fédération est toujours dans le flou, dans l'attente. Et le travail continue tant bien que mal, dans une ambiance particulière pour le parti socialiste.

"Il y a une part d'hypocrisie. Tout le monde faisait semblant à la première réunion alors que l'intention de nous éjecter du gouvernement de la Communauté française était encore palpable. Je prends note des déclarations aujourd'hui de Mme (Alda) Greoli (cdH, ndlr) dans La Libre Belgique qui dit qu'elle veut continuer dans ce gouvernement. Je pense que c'est la solution la plus sage."

"Mais je ne comprendrai jamais pourquoi le président du cdH s'est lancé dans cette aventure… Si ce n'est qu'un parti en difficulté avec un président lui-même en difficulté dans son parti voulait donner un électrochoc."

"Je n'oublierai pas"

Au-delà de l'incompréhension, le PS est-il aujourd'hui animé par une certaine rancune ? Un goût amer laissé par une trahison inattendue ? La manœuvre politique, semble-t-il, restera du moins bien ancrée dans la mémoire de Jean-Claude Marcourt.

"Ne pas oublier ce qui vous a été fait est une chose, travailler dans l'intérêt de la population en est une autre. Mais nous n'oublierons pas l'insulte et les mots qui ont été prononcés à l'égard de ma formation politique, lance-t-il. J'ai été épargné par ces remarques des uns et des autres, mais, au nom de ma formation politique, je n'oublierai pas. Et cela ne m'empêchera pas de travailler dans l'intérêt de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des Wallons et des Bruxellois."

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