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Jean-Claude Juncker, le vieux briscard luxembourgeois

Jean-Claude Juncker, le vieux briscard luxembourgeois

© GEORGES GOBET - BELGAIMAGE

27 juin 2014 à 12:56 - mise à jour 27 juin 2014 à 15:02Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoumi

L’homme est un européen convaincu, persuadé que son petit pays n’a pas d’autre choix que de s’appuyer sur l’Union pour exister face à au monde, et sur la Commission pour exister face aux grands pays européens. De là à en faire un "fédéraliste" convaincu, il y a un pas : Jean-Claude Juncker s'inscrit avant tout dans la lignée de ses prédécesseurs, capable d'évoluer aussi bien dans la logique "intergouvernementale" que dans la "méthode communautaire".

Un européiste convaincu?

C’est aussi une grande gueule qui en pleine crise de la zone euro, qui n’hésitait jamais à publiquement stigmatiser l’Allemagne: d'après lui, elle humiliait lui les Grecs. Mais pas seulement: il reprochait à la Chancelière et à son gouvernement qui, disait-il, menait sa campagne électorale interne sur le dos de l’euro.

Mais malgré ses vacheries, Jean-Claude Juncker est un homme consensuel, doté, disent ceux qui ont travaillé avec lui, d’une grande capacité d’écoute, et  souvent au courant des malheurs des uns et des autres dans leur pays.

Lors de la dernière crise politique belge, Jean-Claude Juncker, alors encore premier ministre, avait eu ces quelques mots.

Une fin de carrière nationale entâchée

Après 18 ans à la tête de du gouvernement grand-ducal, Jean-Claude Juncker a cependant du quitter ses fonctions, en 2013, par la petite porte. Éclaboussé par un scandale lié aux services de renseignements luxembourgeois, il a du remettre sa démission.

Aux élections qui ont suivi, en octobre 2013, le parti populaire chrétien social de Jean-Claude Juncker s'était maintenu comme premier parti. Mais, perdant des plumes, il n'avait pu éviter qu'une coalition de centre-gauche se construise contre lui, offrant le poste de Premier ministre au maire de Luxembourg, Xavier Bettel.

La démission de J.-Cl. Juncker, Premier ministre luxembourgeois

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Ses détracteurs rappellent que le Luxembourg a, durant de très nombreuses années, bloqué toute avancée européenne dans les dossiers d'harmonisation fiscale. Le public se rappelle de sa réplique sur le sujet: "La France n’est pas plus exemplaire en terme de moralité financière que le Luxembourg", s'exclamait-il en 2008. Sur le sujet, Jean-Claude Juncker a toujours botté en touche, se contentant de signaler qu'il n'était pas le seul à la table européenne.

La candidature de Jean-Claude Juncker à la Commission en a cependant surpris plus d’un. On le savait plus intéressé par le poste de président du Conseil, le poste occupé par Herman Van Rompuy, qui doit lui aussi être renouvelé.

Il n'est pas sûr que la masse de dossiers techniques, de normes précises à négocier, amusent beaucoup ce passionné de négociations politiques. Il essaiera sans doute de sortir la Commission de son rôle de cabinet de consultance pour tenter d’en faire un moteur d’une union plus efficace. Mais tout cela reste à voir.

Portrait de Jean-Claude Juncker

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