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La couleur des idées

Jean-Claude Ellena, nez et parfumeur : "L’odeur est un mot, le parfum est littérature"

Jean-Claude Ellena, nez et parfumeur : "L’odeur est un mot, le parfum est littérature"
14 janv. 2022 à 13:05 - mise à jour 14 janv. 2022 à 14:042 min
Par Tania Markovic et Pascale Seys

Au menu ce samedi dans La Couleur des Idées, nous nous interrogeons sur le rapport qu’entretiennent les mots et les odeurs. Pour en parler, Pascale Seys reçoit Jean-Claude Ellena, "compositeur de parfums" à l’origine de fragrances iconiques comme "First" pour Van Cleef & Arpels, "Eau parfumée au thé vert" pour Bulgari ou encore "Terre" et "Un Jardin en Méditerranée" pour Hermès dont il fut le nez exclusif pendant quatorze ans. Avec le journaliste Lionel Paillès, il publie chez Actes Sud le "Petit lexique des amateurs épris d’odeurs et de parfums". Le pari de ce livre, "écrit à quatre mains et à deux nez" ? Nommer les choses que notre nez respire et que souvent nous ne savons pas décrire, car nous ignorons comment dire ou penser les odeurs. Tout un programme !

Un long apprentissage

Jean-Claude Ellena est avec nous depuis Nice où il vit. Il connaît bien la Côte d’Azur puisqu’il a grandi à Grasse qui se présente aux yeux du monde comme la "Capitale mondiale des parfums", un héritage datant de la seconde moitié du XIXe siècle. Dans sa ville d’origine, Jean-Claude Ellena baigne dans les odeurs des fleurs des champs et des usines de distillation. C’est là qu’il commence son apprentissage, à l’âge de 16 ans, dans l’usine Antoine Chiris où il travaille comme ouvrier. Une de ses tâches consiste à nettoyer les alambics ce qui lui permet d’apprendre à discerner les différentes odeurs. Jean-Claude Ellena éprouve immédiatement le besoin de "comprendre l’odeur" au-delà de ce qu’il sent. Il cherche à savoir ce qu’elle lui raconte, ce qu’elle lui dit, car maîtriser les odeurs est la clef de voûte de l’élaboration des parfums. Cette nécessité de comprendre, Jean-Claude Ellena confie l’éprouver encore aujourd’hui.

En 1968, Jean-Claude Ellena intègre la prestigieuse école de parfumerie Givaudan, à GenèveAux postulants, on fait passer un test de mémoire olfactive et un entretien au cours duquel la passion de Jean-Claude Ellena a dû s’exprimer pleinement : les odeurs, c’est son terrain de jeu, sa façon de communiquer, le matériau de ce qui va devenir son art.

Le parfum comme un lien invisible

Avec ses parfums, Jean-Claude Ellena désire avoir un propos simple :

Par goût je n’aime pas les parfums qui sont trop violents ce qui fait que je m’éloigne de vous parce que ça sent trop fort. Je préfère les parfums qui font que je m’approche de vous. J’estime que les parfums ont une vocation, celle de rapprocher les êtres. Si les parfums peuvent rapprocher les êtres, c’est aller vers l’autre et aller vers l’autre, c’est un acte d’amour.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien mené par Pascale Seys, à écouter ci-dessous ce samedi 14 janvier dès 11h

La couleur des idées

Jean-Claude Ellena

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