"Je pense que nous avons échoué": le roi Carl Gustaf sort de sa réserve pour pointer l'échec de la stratégie suédoise face au Covid

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18 déc. 2020 à 10:15 - mise à jour 18 déc. 2020 à 10:27Temps de lecture1 min
Par RTBF

Jeudi matin, les Suédois se sont réveillés en entendant ces paroles inquiétantes : "Je pense que nous avons échoué. Il y en a un grand nombre qui sont morts et c’est terrible. C’est quelque chose dont nous souffrons tous." Un aveu d’échec du roi Carl XVI Gustaf, inhabituel dans un pays où les souverains observent généralement une stricte neutralité.

Il faut dire que la Suède, dont le modèle a d’abord été vanté lors de la première vague de la pandémie de covid-19 au printemps, se basant sur l’immunité collective et en refusant des mesures strictes comme la fermeture des restaurants ou le confinement, a depuis déchanté. A Stockholm, 99% des lits de soins intensifs sont occupés. Ces deux dernières semaines, il y a eu 738 nouveaux cas par 100.000 habitants, soit plus de deux fois et demi la situation belge. Il y a eu aussi 5 fois plus de morts rapportés à la population que dans les pays nordiques voisins.

Selon les conclusions d’un rapport d’experts, même la stratégie consistant à protéger les plus âgés, qui était pourtant affichée comme une priorité, a échoué. De fait, 90% des 7800 morts du covid-19 ont plus de 70 ans.


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Conclusion : mener une vie normale et penser pouvoir enrayer l’épidémie semble peine perdue. "Quand on a une maladie avec la caractéristique qui est de causer une maladie grave chez 14% des sujets infectés, une maladie critique chez 5% des sujets infectés et une mortalité variant de 0,5% à 4% en fonction des contextes géographiques, [la stratégie de l’immunité collective], c’est en effet exposer sa population et laisser circuler quelque chose qui donne des séquelles très graves, des mortalités en nombre important", expliquait Benoît Muylkens, virologue à l’université de Namur, dans Matin Première ce vendredi.

Mais ce qui inquiète le plus les Suédois, c’est que rien ne semble fait pour inverser la tendance. Sous pression, et alors que plusieurs alliés du gouvernement menacent de quitter le navire, le parlement suédois ne peut pas encore imposer de mesures. Il faut pour cela voter une loi d’urgence, mais celle-ci ne pourra entrer en vigueur qu’à la mi-mars.

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