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"Je l'ai lu dans leurs yeux", le CHU Ambroise Paré publie un recueil de témoignages

"Je l’ai lu dans leurs yeux", le CHU Ambroise Paré publie un recueil de témoignages.
24 déc. 2020 à 08:173 min
Par Corentin Laurent

On les a applaudis, tous les soirs à 20 heures. Aujourd’hui le personnel hospitalier témoigne, se livre dans "Je l’ai lu dans leurs yeux". C’est l’initiative du CHU Ambroise Paré, réunir des textes écrits par les médecins, les infirmiers mais aussi le personnel administratif et les agents d’entretien. Au total, ce sont 192 pages qui retracent la première vague à travers les yeux de ceux qui étaient en première ligne.

De la tristesse, de la colère, de l’humour

Extraits. Les soignants témoignent en mettant d’abord en avant les patients, des hommes et femmes qui étaient isolés de leurs familles, ayant pour seuls contacts humains le personnel de l’hôpital. " J’ai accompagné un patient dans la mort, je lui ai tenu la main, j’ai souri tendrement mais la dernière personne qu’il a vue, c’est cette infirmière derrière un masque et la chaleur de ses gants lui serrant la main. Avant de fermer le linceul noir, j’étais la dernière personne à voir son visage marquant une fin de vie difficile. Je pense que personne à l’extérieur ne pouvait s’imaginer ce qu’il se passait derrière les murs du CHU Ambroise Paré, derrière les murs du 1H", raconte Lilla Setila, une infirmière.

Un tableau nécessairement emprunt de la difficulté de cette expérience, mais dont il ne ressort pas que du négatif. Certains abordent ces moments avec un peu d’humour, en évoquant les kilos en trop qui sont apparu, "ces kilos que je qualifierais de compensatoires, qui racontent tout ce qui m’a manqué : les bisous, les câlins, les marques d’affection, la présence physique de mes enfants, les promenades en ville à la recherche d’une expo à dévorer des yeux, les achats compulsifs de livres. Le manque ravive le souvenir de l’importance du prix des choses", raconte André Delvigne, art-thérapeute.

Photographie extraite de "Je l'ai lu dans ses yeux".

Quoi qu’il en soit, à travers les témoignages, un mot est récurrent : la solidarité. " La solidarité au sein d’un service avec ses collègues proches, mais entre services, entre disciplines médicales et aussi entre l’hôpital et le reste de la société" énumère Stéphane Olivier, directeur du CHU Ambroise Paré. "Quelles que soient les fonctions, que ce soit des administratifs, des agents d’entretien, des infirmières, des médecins, … Il y a une équipe qui va à l’assaut que quelque chose de difficile et ça avait vraiment resserré les liens entre nous", ajoute le docteur Robin Bouton, neurologue en première ligne durant la crise.

Mieux connaître ses collègues

Au total, 250 photographies mettent des visages sur les mots, capturent des instants de la vie de l’hôpital, laisse transparaître les émotions. Une manière pour certains de découvrir comment leurs collègues ont vécu cette épreuve, "on travaillait en mettant nos émotions de côtés, ce n’est qu’à la lecture des émotions des autres que les miennes ont pu s’exprimer", raconte la docteure Camélia Rossi, infectiologue, " j’ai découvert que des collègues avec qui j’avais travaillé 7 ou 8 jours d’affilée, en fait venaient en ayant peur ou venaient avec les larmes aux yeux", poursuit-elle.

"Je l’ai lu dans leurs yeux" est disponible à la cafétéria de l’hôpital, à la librairie d’André Leto à Mons, ou pour ceux qui viennent de plus loin sur le site internet www.leursyeux.com. Le prix est de 15 euros et l’ensemble des bénéfices sera reversé à Médecins Sans Frontière, "une façon de les remercier pour l’aide qu’ils nous ont apporté et d’aider ceux qui en ont maintenant plus besoin que nous", explique Stéphane Olivier.

Photographie extraite de "Je l'ai lu dans ses yeux".

"Je l’ai lu dans leurs yeux" est disponible à la cafétéria de l’hôpital, à la librairie d’André Leto à Mons, ou pour ceux qui viennent de plus loin sur le site internet www.leursyeux.com. Le prix est de 15 euros et l’ensemble des bénéfices sera reversé à Médecins Sans Frontière, "une façon de les remercier pour l’aide qu’ils nous ont apporté et d’aider ceux qui en ont maintenant plus besoin que nous", explique Stéphane Olivier.

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