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Jacques Brel, absent (par rancune) de l’espace public flamand

L'oeil de Flandre avec Joyce Azar

Jacques Brel ne fait toujours pas sourire les Flamands

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Dans l’un de ses nombreux témoignages, Jacques Brel affirmait qu’il ne tournait pas les Flamands en ridicule, malgré ses célèbres chansons sur les Flamandes et les flamingants. Aujourd’hui pourtant, force est de constater que le chanteur du plat pays est totalement absent de l’espace public du nord du pays.

Un dossier récemment consacré à Jacques Brel par le quotidien De Morgen révèle un constat assez frappant : aujourd’hui, en Flandre, seule une petite statue de Marieke située à Bruges rend hommage à Jacques Brel.

A Bruxelles, on le sait, le grand Jacques est partout : on retrouve des noms de rue ou de station de métro, une belle statue au cœur du Pentagone, et de multiples plaques commémoratives. Entre la capitale belge et la Wallonie, une cinquantaine d’endroits affichent le nom de Brel. En France, on en dénombre même plus de 230. Mais en Flandre, c’est donc le néant, ou presque.

Dans une ancienne interview accordée à l’époque à la BRT, Jacques Brel disait pourtant de lui-même : "Je ne suis pas un francophone flamand, mais bien un Flamand qui parle français." Une origine qu’il a d’ailleurs revendiquée à plusieurs reprises.

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Désamour ou vieille rancune ?

On s’en rappelle, Brel avait une première fois fâché les habitants du nord du pays en 1959, avec sa chanson sur "Les Flamandes".

"Les Flamandes ça n’est pas souriant"… quelques mots de ces paroles qui, on peut le comprendre, ont pu vexer les âmes les plus sensibles, mais la chanson se voulait en fait comme une caricature de la vie rurale catholique, et le titre aurait donc pu tout autant être "Les Bretonnes". Seulement voilà, "Les Flamandes", ça 'sonnait mieux', comme on dit en Belge, sauf aux oreilles des Flamands qui – il faut le rappeler – menaient à l’époque une forme d’opposition au catholicisme et surtout aussi à la bourgeoisie francophone.

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Et puis, moins de 10 ans plus tard, il y a eu sa fameuse phrase disant "merde pour les flamingants". Les flamingants qui, finalement, ont eu droit à leur propre chanson.
 

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Entendons-nous bien : ce sont donc les Flamingants que Brel emmerde, et non pas les Flamands.


►►► À lire aussi : Les Flamands moins flamingants qu'on ne le croit


Une absence injustifiée de l’espace public ?

C’est en tout cas ce que pense un grand amateur flamand de Jacques Brel, Luc Ferdinand, qui a envoyé une requête à de nombreuses villes du nord du pays et au ministre-président flamand, Jan Jambon, pour demander de rendre hommage au célèbre chanteur en lui accordant davantage de place dans les rues flamandes. Cette requête a été soutenue par une centaine de signataires, parmi lesquels on retrouve le chanteur Arno, l’auteur Tom Lanoye, ou encore l’évêque d’Anvers, Johan Bonny.

Luc Ferdinand rappelle dans sa lettre que les liens, bien réels, entre Brel et la Flandre sont loin de manquer. Il évoque notamment l’école de navigation d’Ostende, où Brel a obtenu son diplôme, les villes de Blankenberge, De Haan et Damme, où il a tourné son film "Franz", celle de Wenduine, où il a passé ses vacances de jeunesse, sans oublier évidemment les célèbres tours de Bruges et Gand.

C’est donc pour tout ce vécu, pour toutes ces raisons, que Jacques Brel mérite qu’on l’honore en Flandre, selon Luc Ferdinand. D’après lui, "Les Flamandes" et "Les Flamingants" sont deux détails de la carrière du chanteur que le nord du pays doit aujourd’hui pouvoir effacer d’un coup d’éponge, pour mieux se rappeler que c’est grâce à Brel que la Flandre est désormais, et pour toujours, ce si joli plat pays.

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