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Belgique

J. Milquet: "A côté du plan de relance, il faut un plan justice/police"

J. Milquet: "A côté du plan de relance, il faut un plan justice/police"
17 juin 2012 à 11:364 min
Par RTBF

Elle a marqué les esprits toute cette semaine : la polémique entre le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf et la cdH Joëlle Milquet, le premier accusant la ministre de l’Intérieur de laxisme, a inauguré les échanges sur le plateau ce midi. Joëlle Milquet persiste et signe: "Suite aux récents événements, les instructions ont bel et bien été données pour assurer la protection des policiers, des commissariats et autres voitures de police. Ce n’est pas responsable de déclarer au grand public, comme l'a fait Vincent De Wolf, que les mesures nécessaires de sécurité ne sont pas prises". Fin de controverse sur ce point? Pour ce dimanche, oui!

Un relatif consensus sur la question des militaires

Les échanges se posent alors sur cette question du renfort des militaires pour assurer la sécurité dans nos grandes villes, autre foyer de controverse cette semaine. Pour le dire simplement, faut-il plus de militaires dans nos rues? Sur ce point, Vincent De Wolf apporte des précisions par rapport à ce qu'il a dit dans la presse ces derniers jours. "Il y a une carence à Bruxelles de 1000 policiers. Et si l'on tient compte de l’évolution démographique de la population dans la capitale, il manque 1500 policiers pour que le travail soit assuré. C’est donc pour combler ce manque qu’on souhaite récupérer des militaires mais pour les dédier à la protection d'endroits stratégiques, comme les ambassades par exemple. Pas à chaque coin de rue donc".

Courbe rentrante? Cela se rapproche plus, en tout cas, de l'idée proposée par la ministre de l'Intérieur cette semaine, qui consiste à constituer une réserve mixte de policiers et de militaires autour des bâtiments stratégiques du pays. "Rien de neuf dans ce projet" indique alors le FDF Bernard Clerfayt, bourgmestre de Schaerbeek. "Attention toutefois à la mixité des corps de sécurité dans les lieux publics. On a connu des couacs par le passé. La réforme de la police a permis de corriger ces dysfonctionnements". Eddy Lebon, Secrétaire général du syndicat Sypol.be, est du même avis. "La gendarmerie a été démilitarisée. Il ne faudrait pas à présent faire marche arrière dans cette réforme des polices". "La question des militaires, cela doit rester une mesure exceptionnelle" indique pour sa part Jean-Michel Javaux, bourgmestre d'Amay.

L'ensemble des partis semblent donc plutôt d'accord sur cette question, en rejetant l'idée d'un plan Vigipirate permanent et la présence renforcée de militaires dans nos rues.

Le MR soutiendra la note budgétaire de Joëlle Milquet

Vient la question centrale liée à cette insécurité : le manque de policiers. Un trou de 2500 unités dans le pays. "On réclame ce renforcement du cadre à corps et à cris. Il y a eu beaucoup d’effets d’annonces depuis les deux dernières législatures. Il y a un trou énorme. La police fédérale est exsangue. On est aujourd'hui en train de payer le fruit des incompétences des deux derniers ministres! Je salue par contre la démarche actuelle de Joëlle Milquet", indique sur ce point Eddy Lebon.

Pour rappel, la nouvelle ministre a décidé d'engager 300 policiers supplémentaires à l'horizon 2013. C'est une mesure qui coûte 12 millions d'euros. Sur ce point, "les libéraux apporteront leur soutien à cette enveloppe budgétaire nouvelle", précise alors Vincent De Wolf. "Je me réjouis de l'entendre. C'est nouveau" ironise la ministre Joëlle Milquet. "J'attendrai donc confirmation de cette position au kern mercredi prochain par le ministre Didier Reynders!"

Comment recruter plus de policiers ?

Pour Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise, il faut aussi parler de la vocation liée au métier de policier. Impossible en effet de combler les cases manquantes sans augmenter le recrutement "Il faut avoir un débat sur l’engagement d’agents de police qui font carrière. Il faut faire sauter le plafond d’engagement des agents de police, dont les conditions de recrutement sont plus souples et faire en sorte qu'ils deviennent inspecteur dans leur carrière".

Favoriser donc le recrutement et faire en sorte que davantage de policiers sortent des écoles pour gonfler les effectifs. L'éternelle question du poids administratif dans le quotidien des policiers revient également sur la table.

Une justice de plus en plus répressive

Enfin, pas de lutte contre l'insécurité sans une justice efficace. Pour Christian de Valkeneer, Procureur général de Liège, "il n'y pas de laxisme, le parquet, en correctionnel, enregistre 700 000 nouveaux dossiers par année. Le système là aussi a ses limites. Il n'est pas possible de poursuivre tous les délits. Nous avons, nous aussi, besoin de moyens supplémentaires. Une des solutions est une meilleure gestion des flux en amont pour recevoir moins de dossiers. Cela ne signifie pas l'impunité mais les parquets pourraient se recentrer sur leurs réelles missions".

"Et une justice accélérée" rappelle alors Vincent De Wolf. L'idée du "snelrecht" qui ressort donc des cartons avec les événements des dernières semaines à ce moment du débat, tout comme l'augmentation des sanction administratives, une façon de soulager les parquets à condition de ne pas augmenter le sentiment d'impunité.

Un plan justice/police

Pour l'ensemble des représentants des partis autour de la table, sur cette question de la sécurité, les moyens doivent être mis pour faire des réformes structurelles et durables, prévention et répression comprises. "Refinancer toute la chaîne judiciaire, je n’y crois pas ! Quand j’écris au ministre, je n’ai pas de réponse. Ce n'est pas du désenchantement mais du réalisme", tempère Christian de Valkeneer pour terminer.

Conclusion de ce débat, elle vient de la ministre de l'Intérieur. Pour Joëlle Milquet, "on peut trouver ces moyens avec les 6 partis partenaires au gouvernement. Le plan de relance, on en a besoin, mais on a aussi besoin d’un plan de redéploiement justice et police dans les semaine qui viennent". Reste à voir la compatibilité de cet engagement avec cette période de crise et d'austérité.

F.L.

Mise au point : comment combattre l'insécurité

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