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Belgique

J.-C. Marcourt dans l'indiscret: "Ne rien promettre qu'on ne puisse tenir"

J.-C. Marcourt dans l'indiscret: "Ne rien promettre qu'on ne puisse tenir"
27 janv. 2013 à 11:392 min
Par Thomas Nagant

"Nous ne sommes pas d’accord avec la décision d’ArcelorMittal et en 2003 nous n’étions pas d’accord avec la décision d’Arcelor", répond Jean-Claude Marcourt, qui évoque un "bras de fer" avec la direction du sidérurgiste. Il dit avoir le sentiment que ceux qui étaient déjà à la direction en 2003 et sont encore en place aujourd’hui avaient déjà programmé tout ce qui arrive. "Depuis plusieurs années nous proposons d’accompagner ArcelorMittal  dans le redéploiement : lettre morte". Silence radio aussi pour le plan industriel sollicité par les autorités et les syndicats, complète-t-il.

ArcelorMittal joue-t-il dès lors avec les pieds des politiques ? Le socialiste liégeois ne dément pas tout à fait : "Avec mes pieds cela n’a beaucoup d’importance, avec ceux des travailleurs, avec aujourd’hui 2000 familles qui sont dans la crainte de l’avenir pour leurs enfants, pour eux-mêmes, alors je dis que les responsables d’ArcelorMittal devraient avoir du mal à dormir la nuit lorsqu’on sait que c’est un massacre qui a été en partie programmé."

Le ministre wallon de l’Economie, un petit poucet face au géant Mittal ? Jean Claude Marcourt s’en défend : "Je pèse la même chose que le président de la République française face à M. Mittal, et c’est pour ça qu’avec mon collègue Montebourg, on va demander que Mittal vienne expliquer la stratégie européenne ; parce que je pense que ce qui se passe à Florange, ce qui se passe à Liège n’est qu’un début et qu’en réalité l’incapacité de ce groupe de s’adapter face à l’évolution du monde, face aux marchés qui évoluent fait que eux perdent de l’argent là ou d’autres en gagnent."

Spectateurs ?

Jean-Claude Marcourt conteste encore que le monde politique soit spectateur de ce qui arrive : "Il y a une véritable unanimité", dit-il. Il prend pour exemple l’attitude de Didier Reynders, pas opposé à une forme de portage public de l’entreprise. "Tout cela montre que ce n’est pas du show, que nous voulons véritablement faire en sorte d’arriver à développer une sidérurgie…"

Aux familles concernées très directement, Jean-Claude Marcourt ne veut  rien promettre qu’il ne puisse tenir. "Il y a des avancées, on a eu beaucoup de contacts, nous continuerons encore à en avoir énormément, mais ‘faire les choses et ne pas promettre’ parce que les gens en ont marre…" Jean-Claude Marcourt se donne deux mois. Parallèlement, il entend pousser la proposition de loi qui obligera celui qui veut fermer un outil à présenter un repreneur. Rappelant ce qu’il s’est passé aussi à Ford Genk, il affirme que "le cynisme est général, et la crise n’est pas seulement économique, c’est une crise de société où l’hyper-capitalisme est en train de dicter sa loi".

Un portage public comme alternative à la fermeture : "Nous n’excluons rien, et cela ne veut pas dire qu’on ne fera rien. Il faut être capable de dire 'voilà le chemin', mais si c’est pour se retrouver dans un an avec une société en faillite où les gens seront dans le même état, je dis non."

T.N.

Jean-Claude Marcourt dans l'Indiscret

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