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Belgique

"J'ai mis les socialistes dehors partout. J'aimerais ne plus les revoir"

"J'ai mis les socialistes dehors partout. J'aimerais ne plus les revoir"
08 oct. 2014 à 17:38 - mise à jour 08 oct. 2014 à 18:153 min
Par Julien Vlassenbroeck

C’est un Bart De Wever visiblement ravi qui est apparu à l’écran ce mercredi soir.

Ce qui le met d’aussi bonne humeur? "La trajectoire budgétaire que l’on a dessinée: l’équilibre en 2018 et la charge fiscale globale qui va baisser dans les prochaines années. C’est un énorme travail", s’est-il félicité depuis la rue de la Loi.

Pourtant, la colère sociale gronde déjà, notamment dans le monde syndical qui accuse ce gouvernement d’être antisocial.

"On n’est pas antisocial mais on ne peut pas continuer avec des déficits et une dette nationale qui ne fait qu’augmenter. On fait ce qu’on doit faire, ce n’est pas toujours agréable, cela je peux bien le comprendre. Mais on doit le faire", a répondu avec aplomb le bourgmestre d’Anvers.

Des propos qui ne calmeront sans doute pas les syndicats dont certains, la FGTB en particulier, réclament déjà le départ de cette coalition.

"On ne va pas démissionner avant la prestation de serment, ça serait ridicule. Tout le monde peut avoir des critiques mais les propos aussi exagérés sont insignifiants", balaie d’un revers de main l’homme politique le plus populaire de Flandre.

Pas d’institutionnel ? "L’absence du parti socialiste est une réforme en soi"

Comme l’a relevé Thomas Gadisseux, on ne trouve aucune trace de débat institutionnel dans l’accord de gouvernement. Ce qui étonne certains étant donnée la présence de la N-VA dans cet attelage. "Pour moi c’est surprenant que ce soit une surprise, parc qu’en 2007 déjà on a tenté d’appliquer la logique que gouverner sans le parti socialiste c’est une réforme de l’Etat en soi. En ce temps-là, la N-VA était présente aussi (en cartel avec le CD&V, ndlr). Pour moi, le communautaire n’a jamais été un but en soi, c’est un instrument pour avoir une gestion pour laquelle les gens ont voté. Et la Suédoise va nous livrer exactement cela", affirme-t-il sans sourciller, alors que son parti plaide toujours pour le confédéralisme.

Mais en pragmatique qu’il est, le président de la N-VA sait aussi que mettre le doigt dans l’engrenage institutionnel, c’est mettre en péril la stabilité du gouvernement de droite qu’il vient à peine de mettre sur pieds. "On a une coalition suédoise qui doit être stable qui devra prendre des décisions assez difficiles et parfois dures, donc il ne faut pas jouer. On va installer le gouvernement et lui garantir la stabilité politique dont il a besoin", a-t-il confirmé.

"J’ai mis les socialistes dehors à Anvers après 90 ans, dehors au niveau flamand après 20 ans et maintenant au fédéral après 25 ans"

L’homme le plus puissant du plus important parti de cette coalition ne se formalise nullement de ne pas être lui-même Premier ministre (il n’a jamais été candidat). Au contraire, il souligne l’importance d’avoir sorti les socialistes de tous les niveaux de pouvoir, ce qui lui apparaît bien plus important.

"C’est dans l’accord de base, je suis un des architectes de la suédoise. J’ai mis les socialistes dehors à Anvers après 90 ans, on les a mis dehors au niveau flamand après 20 ans et on le fait maintenant au fédéral après 25 ans. Le parti socialiste va dans l’opposition. Finalement, j'ai envie de dire, finalement. Pour moi, j’aimerais ne plus jamais les revoir. Dans l’accord de base pour avoir cette coalition, j’ai dit que je ne prononcerais pas l’ambition de devenir Premier ministre. Ça c’était l’accord et je tiens toujours ma parole".

Et le fait que ce soit finalement un francophone qui ait hérité du "16" lui apparaît comme un détail.

Quand Thomas Gadisseux lui demande si un francophone Premier ministre cela ne le dérange pas, il enchaîne immédiatement : "Pas du tout, le contenu est bon, donc pour moi n’importe qui (faisait l’affaire). On avait prévu que ce serait Kris Peeters au ‘16’ mais le CD&V a préféré pouvoir nommer le Commissaire européen, alors j’ai dit que c’était logique que cela passe dans la famille libérale. Le MR est le plus grand parti de la famille libérale, donc Monsieur Michel" s’imposait logiquement.

@julienvlass

Réaction de Bart De Wever à l'accord de gouvernement

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