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Ixelles: plus de 150 véhicules par jour encore flashés dans la zone apaisée

Comme ici, rue du Prince Royal, même si un panneau (le rond blanc sur fond rouge) interdit l'accès entre 7h et 19h tous les jours, pas mal de voitures le franchissent chaque jour et se font alors flasher par des caméras situées un peu plus loin

© B. Schmitz - RTBF

26 mars 2021 à 06:15 - mise à jour 26 mars 2021 à 06:15Temps de lecture3 min
Par Bruno Schmitz

Voilà presque deux ans et demi qu’elle existe. La zone apaisée d’Ixelles a été lancée le 15 octobre 2018. Son principe est simple : réserver plusieurs rues aux piétons et aux vélos en journée, tout en permettant aux autres véhicules d’y circuler le soir et la nuit à vitesse réduite.

Une zone apaisée dans laquelle se trouvent plusieurs caméras. Elles flashent en fait les véhicules qui franchissent quand même les panneaux d’interdiction d’accès, entre 7h du matin et 19h. A chaque fois, le conducteur fautif reçoit une amende de 58 euros.

Les amendes pleuvent

Dès son lancement, cette zone apaisée ne fait pas l’unanimité et beaucoup de conducteurs se font avoir en continuant à y circuler en journée. Sur les derniers mois de 2018 et durant l’année 2019, plus de 7.000 véhicules par jour vont ainsi être flashés et mis à l’amende.

L’année 2019 enregistre au total 87.000 sanctions établies. Ce qui fait donc en moyenne 7250 par mois ou 238 par jour. "C’était déjà énormément à l’époque. On a même dû alors engager deux personnes en plus pour mon service, même si, ici, on ne gère que les dossiers de contestations", explique Bertrand de Buisseret, le fonctionnaire sanctionnateur de la commune d’Ixelles.

"En 2020, puisque la zone apaisée était désormais bien connue dans la population et avec la diminution générale des déplacements qu’on a vue avec la crise sanitaire, on s’attendait donc à une chute des amendes. Il y a eu une baisse, c’est vrai. Mais cela n’a pas chuté".

Le nombre total d’amendes envoyées en 2020 dépasse encore les 55.000, soit 4580 par mois en moyenne ou 150 par jour. "Ce qui ne manque pas de nous étonner nous aussi. En plus, les chiffres des deux premiers mois de cette année 2021, qu'on vient de recevoir, vont encore au-delà de ces moyennes de 2020". 

Dans son bureau, Bertrand de Buisseret le fonctionnaire sanctionnateur d'Ixelles, a pas mal de dossiers à analyser, dont ceux des conducteurs qui contestent l'amende reçue dans la zone apaisée
Dans son bureau, Bertrand de Buisseret le fonctionnaire sanctionnateur d'Ixelles, a pas mal de dossiers à analyser, dont ceux des conducteurs qui contestent l'amende reçue dans la zone apaisée B. Schmitz - RTBF

Un problème de connaissance de code de la route ?

Alors comment expliquer que ces chiffres restent élevés ? "Difficile à dire. Moi, en tout cas, ce que je vois c’est que j’ai l’impression que nombre de conducteurs ne connaissent pas bien leur code de la route. Ici, ils franchissent clairement des panneaux d’interdiction d’accès. Que ce soit de manière volontaire ou pas, mais c’est un fait", explique Bertrand de Buisseret.

Nous nous rendons alors dans cette zone apaisée pour constater s’il y a vraiment autant d’infractions. En dix petites minutes, nous croisons trois voitures qui franchissent les panneaux pour entrer dans la zone. Pourtant, il est 11h30 et l’accès est interdit entre 7h du matin et 19h. "Je ne savais pas, j’ai suivi mon GPS", se défend l’un de ces automobilistes. "Je n’ai pas vu… tant pis si j’ai une amende", confie une autre.

97% des sanctions infligées doivent être payées

Ils recevront probablement bientôt une amende. Des amendes qu’il est toujours possible de contester. "Environ 10% des sanctions infligées reviennent chez moi parce que les conducteurs les contestent", indique Bertrand de Buisseret. "En deux ans et demi on a lu sans doute toutes les excuses possibles et imaginables. Au final, un quart-un tiers maximum de ces contestations sont acceptées. Les autres doivent payer., surtout s’ils sont récidivistes. Jusqu’ici, tous ceux qui ont été jusque devant le tribunal pour contester ont perdu et nous avons gagné. Il faut vraiment une bonne raison pour s’opposer puisque nous avons la photo du véhicule avec la plaque minéralogique et l’heure de passage. Cela signifie donc qu’environ 97% des sanctions infligées doivent être payées".

Même s’il y a d’autres exceptions, comme certains véhicules autorisés (police, pompiers, commune, gaz, …) mais qui étaient mal encodés ou des véhicules de chantier ou livraison qui ne se sont pas enregistrés au préalable avant de venir travailler dans la zone. "Sans oublier ceux qui ne paient pas les amendes qu’ils reçoivent. Mais, au maximum, on peut dire que cela représente 10 à 20% de l’ensemble des cas".

Le panneau d'accès interdit entre 7h et 19h situé sur la Chaussée d'Ixelles en venant de la place Fernand Cocq. Les véhicule qui le franchissent se font flasher automatiquement et reçoivent une amende de 58 euros
Le panneau d'accès interdit entre 7h et 19h situé sur la Chaussée d'Ixelles en venant de la place Fernand Cocq. Les véhicule qui le franchissent se font flasher automatiquement et reçoivent une amende de 58 euros B. Schmitz - RTBF

Autrement dit, c’est une jolie manne financière qui revient dans les caisses de la commune. Un montant qui se chiffre en millions d’euros chaque année depuis 2019. "Mais j’insiste", conclut le fonctionnaire sanctionnateur, "la zone apaisée a été créée pour favoriser les piétons, ou encore améliorer la qualité de l’air. Pas du tout pour infliger des amendes. Nous serons contents lorsque l’ensemble des voitures, motos et scooters (qui sont aussi verbalisés) auront compris qu’il ne faut plus passer à cet endroit entre 7h et 19h. Pour rappel, les caméras fonctionnent sept jours sur sept entre ces heures-là, dimanche compris".

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