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Ittre, Braine : le retour de la bruyère et de sa biodiversité dans le bois de La Houssière

Un terrain d’environ 50 ares a été déboisé à Virginal. Le sol a été raclé pour permettre aux vieilles semences de bruyère conservée dans la terre de germer et de redonner de jeunes bruyères. Ces jeunes poussent s’ajouteront aux vieilles plantes de bruyère

© RTBF jch

La nature va progressivement reprendre ses droits avec l’aide de l’humain, à Ittre (Brabant wallon), Braine-le-Château (Brabant wallon) et Braine-le-Comte (Hainaut).

Un projet wallon et européen, soutenu par les autorités locales, a été lancé pour restaurer des zones de végétations de landes à bruyère, ces petits arbustes à fleurs mauves, menacés de disparition. Au nord du sillon Sambre-et-Meuse, l’habitat accueillant la "Calluna" (un des deux genres de bruyère) compte moins de 100 hectares ; au sud du sillon Sambre-et-Meuse, les surfaces résiduelles avoisinent les 500 hectares, principalement en Brabant wallon et dans l’Est du Hainaut. Habitat habituel de la bruyère : les anciennes sablières et les buttes sablonneuses. La plante pousse souvent en milieu "artificiel" ou lié à une activité humaine, comme le pâturage ou la surexploitation du taillis.

Plante menacée

Parmi les principales menaces qui pèsent sur cette espèce en Wallonie et en Europe : l’urbanisation, le boisement et l’intensification agricole. "Les arbres et les herbes ont naturellement tendance à prendre le pas sur la bruyère", explique Yvan Thienpont, chef de Cantonnement (Nivelles) au DNF, le Département de la Nature et des Forêts de la Région wallonne. "Là où il y avait d’anciens espaces de pâturage, par exemple, le bois a créé de l’ombre et, en quelque sorte, étouffé la bruyère. Celle-ci a besoin de soleil pour se développer. La bruyère pousse dans une terre pauvre, dans un sol acide, sablonneux. Son habitat, classé "Natura 2000", abrite une faune et une flore particulièrement remarquables. D’où l’intérêt de protéger la bruyère et de soutenir les projets de recolonisation de cette plante aujourd’hui menacée".

Intérêt biologique

Sauver la bruyère et restaurer son biotope présente un double intérêt. "Cette plante fait partie du patrimoine naturel", explique le bourgmestre d’Ittre, Christian Fayt. "Ici, dans le bois des Nonnes (à Virginal), nous avons un espace d’environ 50 ares où nous voulons, avec le DNF, faire revenir la bruyère. Les nouvelles pousses se développeront sur une bonne partie de la parcelle, de vieilles bruyères occupant déjà le reste de la surface. Cette recolonisation se fera progressivement. Les arbres ont été coupés et la terre raclée. Les semences des anciennes bruyères sont encore présentes dans la terre. Dans 3 à 4 ans, progressivement, la bruyère aura repris le dessus. On pourra alors admirer les fleurs mauves en août et en septembre".

Mais le retour de la bruyère présente un autre avantage. "Cette plante favorise une biodiversité typique. Elle apportera une flore et une faune particulières", explique le responsable du DNF. La bruyère attire des insectes, des coccinelles rares, des abeilles et des papillons, notamment."

Fonds wallons et européens

Les travaux d’abattage des arbres concurrents (hêtres et bouleaux, principalement) et de raclage du sol nécessitent des moyens. "Nous les avons obtenus via le Programme wallon de développement rural", explique Yvan Thienpont. "Ce programme est financé par l’Union européenne et par la Région wallonne". Le montage des dossiers est soutenu par le programme de financement européen "Life Nature". Objectif : soutenir des projets de restauration de la nature, de développement de la biodiversité et d’amélioration de la gestion d’environnement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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