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Italie : toujours pas de président à l'issue du 3e tour de scrutin

Italie : toujours pas de président à l'issue du 3e tour de scrutin
26 janv. 2022 à 16:072 min
Par Belga

Le troisième tour de scrutin organisé mercredi au parlement italien pour élire le président de la République n'a pas permis de désigner un vainqueur, prolongeant l'incertitude pesant sur l'avenir du chef du gouvernement Mario Draghi et de son gouvernement.

Pas moins de 412 grands électeurs sur le millier appelés à s'exprimer (députés, sénateurs et représentants régionaux) ont voté blanc, reflétant l'absence de consensus sur un candidat entre les principaux partis.

 

Le président sortant en tête

C'est le président sortant Sergio Mattarella, 80 ans, très populaire mais qui a exclu de rempiler pour un second mandat, qui est arrivé en tête avec 125 voix.

Un quatrième tour de scrutin aura donc lieu jeudi, avec toutefois un changement notable. En effet, la majorité absolue sera suffisante pour désigner un vainqueur, alors qu'une majorité des deux tiers était requise pour les trois premiers tours.

Le président de la République a un rôle surtout protocolaire en Italie, mais cette année l'enjeu est de taille: si Mario Draghi était élu, il abandonnerait la tête de son gouvernement reposant une fragile coalition.

Un tel choix pourrait provoquer des élections anticipées, voire faire dérailler les réformes nécessaires à l'obtention des milliards d'euros promis à l'Italie dans le cadre du méga-fonds de relance européen.

L'élection du président est notoirement difficile à anticiper. Cette élection sans candidats officiels et à bulletins secrets aux allures de conclave est propice aux rebondissements.

Aucun parti en majorité absolue

Aucune formation politique ne dispose aujourd'hui de la majorité absolue au Parlement, mais tous les partis, sauf la formation d'extrême droite Fratelli d'Italia, participent à la coalition dirigée par M. Draghi.

L'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE) avait été nommé par Sergio Mattarella en février 2021, en pleine récession causée par l'épidémie de Covid.

Sous sa houlette, l'Italie a renoué avec la croissance et la campagne de vaccination contre le coronavirus a été couronnée de succès.

Il a également entamé plusieurs réformes (systèmes fiscal et judiciaire, de l'administration publique) réclamées par Bruxelles en échange de près de 200 milliards d'euros de subventions et de prêts de l'UE.

De nombreux investisseurs internationaux craignent que l'Italie, très endettée, ne prenne du retard sur le calendrier serré des réformes en cas de départ de M. Draghi.

Et de nombreux députés craignent de perdre leur siège en cas d'élections anticipées.

D'autres estiment que M. Draghi serait mieux placé en tant que président pour garantir la stabilité politique et les bonnes relations avec Bruxelles, notamment si l'extrême droite remporte les législatives prévues en 2023.

Le chef de l'État exerce un pouvoir crucial pendant les crises politiques, qu'il s'agisse de dissoudre le Parlement, choisir un nouveau Premier ministre ou refuser des mandats à des coalitions fragiles.

 

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