"L'Iran a menti": Israël a des "preuves concluantes" d'un programme nucléaire iranien secret, selon Netanyahu

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30 avr. 2018 à 17:24 - mise à jour 30 avr. 2018 à 18:39Temps de lecture2 min
Par RTBF avec Agences

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi que son pays disposait de nouvelles "preuves concluantes" d'un programme secret iranien pour se doter de l'arme nucléaire.

Le Premier ministre israélien, virulent détracteur de l'accord international sur les activités nucléaires de l'Iran, a présenté à la presse à Tel-Aviv et en direct devant les télévisions israéliennes ce qu'il a décrit comme "les copies exactes" de dizaines de milliers de documents originaux iraniens obtenus il y a quelques semaines au prix d'une "formidable réussite dans le domaine du renseignement".

Ces documents contenus sur papier ou sur CD et servant de décor à la déclaration de M. Netanyahu constituent des "preuves nouvelles et concluantes du programme d'armes nucléaires que l'Iran a dissimulé pendant des années aux yeux de la communauté internationale dans ses archives atomiques secrètes", a-t-il dit.

Ces documents montrent que, malgré les assurances des dirigeants iraniens affirmant n'avoir jamais cherché à avoir l'arme nucléaire, "l'Iran a menti, et sacrément!", a-t-il déclaré.

M. Netanyahu s'exprimait à l'approche de la date butoir du 12 mai fixée par le président américain Donald Trump pour décider ou non de dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par six grandes puissances, dont les États-Unis, avec la République islamique.

Un accord très contesté en Israël

Benjamin Netanyahu a reçu dimanche le nouveau secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, qui a plaidé par le passé pour la manière forte contre l'Iran.

Il s'est aussi entretenu au téléphone avec Donald Trump ce week-end, a fait savoir la Maison blanche, selon laquelle "les deux dirigeants ont discuté des menaces et défis persistants au Proche-Orient, en particulier des problèmes posés par les activités déstabilisatrices du régime iranien".

Donald Trump doit décider d'ici au 12 mai d'un éventuel retrait des Etats-Unis de l'accord conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances.

Israël s'est toujours été opposé à l'accord de Vienne.

Lundi, le député et vice-ministre israélien en charge de la diplomatie publique, Michael Oren, a accusé Téhéran de mettre à profit l'accord et la levée des sanctions internationales qui en a découlé pour mener un nettoyage ethnique "systématique" en Syrie, en remplaçant les arabes sunnites par des chiites dans
les territoires contrôlés par le régime de Bachar al Assad.

"Une des raisons qui leur permet de le faire, c'est l'accord sur le nucléaire qui leur a donné à la fois les liquidités et la légitimité", a dit cet ancien ambassadeur aux Etats-Unis.

"Ironie du sort, l'Iran utilise l'argent que lui rapportent les contrats avec l'Europe pour vider la Syrie des sunnites. Et où vont les sunnites? En Europe. Vous parlez d'un effet boomerang", a-t-il poursuivi.

Les puissances européennes, France et Allemagne en tête, ont plaidé ces derniers jours auprès de Donald Trump pour qu'il reste dans le cadre de l'accord sur le nucléaire, sans succès apparent.