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Belgique

Irak: à fleurets mouchetés entre la suédoise et le gouvernement Di Rupo

Didier Reynders ou Pieter De Crem à la fois dans le gouvernement Di Rupo et dans la probable future coalition suédoise.
25 sept. 2014 à 05:00 - mise à jour 25 sept. 2014 à 18:392 min
Par Rachel Crivellaro

Mercredi soir, on a frôlé l’unanimité à la Chambre. Par 25 voix pour, 0 contre et 2 abstentions, les commissions Affaires étrangères et Défense ont adopté la proposition de résolution balisant l’intervention de la Belgique en Irak, au sein de la coalition internationale. Une proposition de résolution qui n’attend plus que l’approbation de la Chambre en session plénière, ce qui - sauf grosse surprise - devrait être fait (vendredi) dans l’après-midi.

Mais derrière ce bel élan collectif, on aura droit au préalable à une véritable guerre de tranchée, une passe d’armes entre alliés d’hier et adversaires de demain.

Rétroactes

Dès la demande des Etats-Unis d’une participation de la Belgique au sein de la coalition internationale connue, c’est peu dire qu’on s’est agité dans les états-majors des partis. Rapidement, les membres de la coalition suédoise prennent langue, palabrent et concluent qu’en tant que (futur) nouveau gouvernement, à eux d’imprimer leur cachet sur la lettre de mission de la Belgique sur le champ de bataille. La "suédoise" dégaine en premier et concocte via ses parlementaires un texte de résolution "relative à la participation belge à l’intervention internationale contre l’EI".

La réplique ne va pas tarder. Pour la composante socialiste et humaniste du gouvernement en affaire courantes, ce texte est tout simplement imbuvable. La proposition suédoise ne limite pas l’intervention belge au seul territoire irakien, elle suggère l’implication de troupes au sol (forces spéciales en appui des peshmerga et des combattants irakien) et ne prévoit aucune limite dans le temps à la mission. Socialistes et humanistes se retranchent derrière la primauté du conseil des ministres restreint sur la manière d’impliquer la Belgique dans le conflit irakien. C’est le début alors de tractations en coulisses entre les "suédois" et "certaines composantes du kern", obligeant au passage certains protagonistes coiffés d’une double-casquette - comme Didier Reynders ou Pieter De Crem - à faire le grand écart entre les deux camps. Au final, les parties parviendront à conclure une paix des braves, poussées aussi dans le dos par l’ampleur des enjeux, et à produire un texte de résolution qui fera presque l'unanimité.

Rachel Crivellaro

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