Monde

Intervention en Syrie: un cap a été franchi au Congrès américain

La communauté internationale réclame des preuves de l'utilisation d'armes chimiques

© Archive Ammar al-Arbini - IMAGEGLOBE

05 sept. 2013 à 04:53 - mise à jour 05 sept. 2013 à 04:58Temps de lecture3 min
Par Alain Lechien

Par 10 voix contre 7, les sénateurs ont voté pour une intervention limitée en Syrie de maximum 60 jours, sans déploiement de troupes au sol. Mais le plus dure reste à venir: convaincre les membres de la Chambre des représentants, majoritairement républicaine et contre l'usage de la force en Syrie. Le lobbying de l'administration Obama est donc en marche.

C'est lors d'une séance publique que trois responsables clés de l'administration Obama ont tour à tour pris la parole. Leur but: convaincre les parlementaires de permettre au président d'agir en Syrie.

John Kerry, secrétaire d'Etat américain a scandé : "Le monde nous regarde. Et il se questionne. Non pas sur le fait de savoir si oui ou non le régime de Bachar al-Assad a utilisé du gaz, je pense que cela va au-delà de cela. Le monde se demande si les USA vont consentir à se taire et à rester en dehors du conflit quand de telles brutalités se commettent sans qu'il y en ait la moindre conséquence".

Même type de discours du côté de Chuck Hagel, le secrétaire à la Défense américain : "Refuser d'agir en Syrie mettrait en péril la crédibilité d'autres engagements américains en matière de sécurité, notamment l'engagement du président d'éviter que l'Iran ne se dote de l'arme nucléaire".

Enfin, le général en chef des armées, Martin Dempsey, a tenu à rassurer ses interlocuteurs sur la teneur exacte de l'intervention envisagée par Obama: "Sur le plan militaire, plus la résolution sera large, plus d'options j'aurais à proposer. Ceci étant, je tiens aussi à vous assurer que le président m'a donné des consignes très claires. Cette intervention serait une opération limitée et ciblée et non une opération de grande ampleur".

Des discours qui ont déjà convaincu les sénateurs, majoritairement démocrates. Prochaine étape: les débats dans chacune des deux chambres, prévus dès lundi, date de la rentrée parlementaire aux USA.

Nouvelles preuves

Le rôle de la Russie reste déterminant dans le dossier syrien. Ce pays accueille à partir de ce jeudi, à Saint-Pétersbourg, le sommet du G20, dont l'agenda économique a toutes les chances d'être éclipsé par le conflit syrien, et les positions antagonistes des Etats-Unis et de la Russie. En Belgique comme ailleurs, tout tourne autour de cette question : les forces fidèles au régime de Bachar al-Assad ont-elles utilisé des armes chimiques? L'hebdomadaire allemand Der Spiegel apporte de nouveaux éléments de réponse.

Der Spiegel révèle des éléments que le BND, les services secrets allemands, ont recueilli et transmis aux parlementaires du pays. Des éléments qui portent sur l’attaque chimique du 21 août dernier dans la banlieue de Damas. Bien plus meurtrières que celles rapportées précédemment.

Alors, comme leurs homologues américains, français et britanniques, les agents de renseignements allemands estiment que seule l’armée de Bachar al-Assad a pu commettre cette attaque chimique. D’abord parce que seul le régime disposerait du gaz sarin, pourrait le mélanger avec d’autres substances et enfin le charger dans les missiles de petits calibres.

Mais les services secrets allemands apportent surtout un élément nouveau. Ils auraient intercepté une conversation téléphonique entre deux alliés du régime. Un dirigeant du Hezbollah y affirmerait à un diplomate iranien, que Bachar al-Assad a "perdu le contrôle de ses nerfs et commis une grave erreur" en ordonnant cette attaque chimique.

Plus deux semaines après l’attaque, l’espoir de trouver des preuves formelles, réclamées par la communauté internationale, s’éloigne de plus en plus. Alors à défaut de preuves, tout ce qui renforce le faisceau d’indices est le bienvenu. Et pourrait légitimer une intervention en Syrie.

RTBF

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous