Ce mercredi 6 janvier, des milliers de manifestants favorables au président sortant des Etats-Unis Donald Trump ont envahi la colline du Capitole à Washington, plongeant dans la confusion la session du Congrès qui devait confirmer la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle du 3 novembre.
Pauline Manos, présidente de Democrats Abroad en Belgique, a un sentiment partagé sur la journée du 6 janvier : "D’un côté, c’était une belle journée avec la victoire en Géorgie. De l’autre côté, on a vu qu’on ne peut pas célébrer l’élection d’un sénateur noir et d’un sénateur juif, fils d’immigrant, d’un État confédérationniste : on a dû assister à la journée la plus dangereuse de l’histoire des États-Unis depuis la Guerre civile."
Selon elle, cette réaction des partisans de Donald Trump était prévisible : "Pendant des années, le parti républicain, dont Trump était la culmination, a tenté d’éroder la confiance envers les institutions démocratiques."
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11 septembre politique
Benoît Frydman, philosophe et professeur à l’ULB, avait pour sa part déjà évoqué le risque de guerre civile ces derniers mois. "Ici, il s’agit d’une insurrection fomentée par le président lui-même. C’est une attaque extrêmement grave, c’est un 11 septembre politique dans lequel les Américains et le monde entier assistent à une attaque contre le cœur des institutions démocratiques."
Selon le professeur, on assiste à la chute de la Maison Trump : "Trump finit un peu comme Néron, cet histrion narcissique qui dit "puisque je dois finir, que le monde périsse avec moi." Il entraîne les républicains dans sa chute. "
Le champ libre ?
Après avoir perdu les élections, les Républicains ont perdu la maîtrise du Sénat américain. Cela veut-il dire que les Démocrates, majoritaires depuis l’élection en Géorgie, ont le champ libre ?
Ce n’est pas la conviction de Benoît Frydman : "Les démocrates seront maîtres de l’ordre du jour et seront les présidents des commissions. Les projets vont donc pouvoir être discutés." Il rappelle néanmoins la règle Filibuster : "La plupart des décisions sont prises à une majorité de 60/40 jusqu’à ce que le sénat y renonce. Joe Biden et son parti démocrate n’ont donc pas les coudées franches."