Belgique

Inondations de juillet : le gouvernement mis sur la sellette par les députés à propos de la gestion des secours

La séance à la Chambre de la commission sur les inondations

© BELGA PHOTO JAMES ARTHUR GEKIERE

Au Parlement fédéral, les députés de plusieurs commissions, Intérieur, Sécurité, Migration et Matières administratives, Santé et Égalité des chances se sont penchés ce mardi après-midi sur la gestion des inondations survenues cet été, à la mi-juillet. Plusieurs ministres du gouvernement fédéral (Intérieur, Santé, Défense) étaient sur la sellette pour répondre aux interrogations et remarques des parlementaires.

Revenir sur les dysfonctionnements dans la gestion des secours

Après un bref exposé du Premier ministre, qui est revenu sur ce que le gouvernement a mis en place cet été et dans les mois qui ont suivi les inondations, les différents groupes politiques ont dressé, à travers leurs questions, le portrait de l’inefficacité des secours.

Comment expliquer que le réseau de communication Astrid ne fonctionne pas partout, a-t-on pu entendre ? Pourquoi n’a-t-on pas évacué à l’avance, se sont interrogé plusieurs députés, demandant notamment qu’on rédige, pour l’avenir "des protocoles d’évacuation". "Je n’ai rencontré que des personnes qui n’avaient qu’une envie totale de bien faire, mais globalement, nous n’avons pas été en capacité de réagir de la manière la plus efficace", a constaté le député-bourgmestre de Chaudfontaine, Daniel Bacquelaine. Il a pointé du doigt le manque de matériel, le manque d’hommes pour réagir rapidement et en masse afin d’évacuer ceux qui devaient l’être. En réponse au Premier ministre qui rappelait que la Défense a déployé, chaque jour des militaires sur le terrain, Daniel Bacquelaine a ajouté "on parle de 172 à 384 militaires par jour. Or, nous avons besoin de milliers de personnes les premières heures" et a fait le même constat pour le matériel. Pour sa collègue MR, Catherine Jadin, "les choses doivent pouvoir se faire plus rapidement et plus efficacement".

Repas pour les sinistrés

Autre question posée dans les rangs des députés : pourquoi la Croix-Rouge n’a-t-elle pas été capable de prévoir l’organisation des repas qu’après une semaine et demie ?

Le manque de moyens, notamment depuis la réforme de la Protection civile, et la mauvaise coordination des services ont aussi été épinglés par le cdH. "Chacun a cru dans sa commune que les moyens allaient arriver", "mais la cavalerie n’est jamais arrivée", a souligné Vanessa Matz (cdH), pour qui il faut revoir la copie.

Du côté du PS, on a aussi épinglé la réforme de la Protection civile, achevée sous la législature précédente avec moins de casernes et 30% d’effectifs en moins. Et le Député PS Hervé Rigot de s’interroger sur une dotation exceptionnelle du Fédéral pour rééquiper les zones de secours.

Quant à son collègue député-bourgmestre de Wanze, Christophe Lacroix, il a qualifié ces inondations d’anormales et estimé qu'"on a besoin de la présence de l’Etat", et s’est demandé s’il était possible d’accélérer le rythme du côté des assurances, donnant l’exemple d’une famille avec cinq enfants, toujours sans chauffage au début du mois d’octobre.

Pour le PTB et Raoul Hedebouw, "on a abandonné les gens et on les abandonne encore" et il s’étonne "qu’on n’aille pas au fond des choses dans ce qui n’a pas été dans cette crise".

Du côté de Défi, la Députée Sophie Rohonyi est aussi revenue sur la réforme de la protection civile. "Les casernes supprimées auraient pu venir en aide. Je n’ose imaginer ce qu’il se serait passé si on avait connu une autre catastrophe en même temps que les inondations", a-t-elle déclaré. Elle a aussi interrogé la ministre de l’Intérieur sur la nécessité d’instaurer un plan fédéral d’évacuation.

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