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Inondations 2021

Inondations : changement de vie pour Chantal et Jean-Michel Larondelle, leur pâtisserie ne rouvrira pas

30 ans de boulangerie balayés par la Vesdre à la mi-juillet
12 janv. 2022 à 19:00 - mise à jour 13 janv. 2022 à 08:25Temps de lecture2 min
Par Françoise Dubois

Les inondations meurtrières de la mi-juillet ont plongé certains quartiers dans un désert commercial total. A Ensival (Verviers), certains magasins subsistent dans des containers provisoires, d’autres ne rouvriront pas. C’est le cas notamment de la boulangerie-pâtisserie de Chantal et Jean-Michel Larondelle.

L’enseigne avait une réputation qui dépassait largement le quartier, elle allait fêter ses 30 ans d’existence. La Vesdre en a décidé autrement en ravageant tout sur son passage la nuit du 14 au 15 juillet 2021.


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Retrouver un logement et un travail

On ne sait toujours pas pénétrer au-delà du magasin, les machines bloquent les accès
On ne sait toujours pas pénétrer au-delà du magasin, les machines bloquent les accès FB Larondelle

Cette fameuse nuit et cette journée, Chantal Larondelle s’en souvient : "on a finalement pu être évacués fin d’après-midi, le lendemain. Je me vois encore accrochée aux draps de lit que mon mari avait noués. Des amis sont venus avec un tracteur puis se sont encordés pour parvenir jusqu’à nous ".

La boulangère mesure la chance d’être en vie. Une vie qui a radicalement changé du jour au lendemain. "Mon mari et moi, on est en fin de carrière. Très vite, on s’est rendu compte que tout recommencer à zéro, c’était impossible". Après avoir été hébergé temporairement dans la région, le couple a retrouvé une petite maison à Warsage, à 25 kilomètres d’Ensival. L’expérience de Chantal et Jean Michel Larondelle leur a permis aussi de trouver un nouveau travail. Lui est responsable pâtisserie pour le traiteur Les Cours, elle est à la boutique du même traiteur. "On a pu valoriser notre savoir-faire. Mon mari a une grande liberté de création. Travailler pour un patron n’est pas un problème, ça se passe bien et on aime ce que l’on fait".

Un bâtiment où rien n’a bougé depuis six mois

Ce travail, les Larondelle en ont bien besoin car, même s’ils ont reçu des avances des assurances, les charges sont importantes et leur ancien lieu de vie et de travail est loin d’être restauré. "Rien n’a bougé en 6 mois parce qu’on ne sait pas entrer dans le bâtiment. On pénètre dans le magasin mais c’est tout. Derrière, les accès sont bloqués par la boue, des morceaux d’arbres et les énormes machines qui se sont déplacées avec l’eau. Ici, on a eu jusqu’à 6 mètres, l’atelier est en contrebas. On a loué un lift pour aller rechercher quelques affaires à l’étage ! On a même utilisé un drone pour voir s’il n’y avait quand même pas un accès possible. Finalement, on va utiliser une grue pour passer des containers par-dessus le toit de la maison, on parviendra ainsi à dégager petit à petit un passage par l’atelier et ce n’est que lorsque l’expert pourra entrer partout que l’on saura si on doit démolir ou non."

Les Larondelle attendent le verdict pour connaître leur taux d’indemnisation ou décider de ce qu’ils feront du bâtiment. "Jamais je n’aurais imaginé que ma vie allait changer de façon aussi brutale. Aujourd’hui, même si les choses s’arrangent progressivement, je ressens le contrecoup. Je suis beaucoup plus émotive mais on n’est évidemment pas les plus à plaindre".

L'interview de Chantal Larondelle

L'interview de Chantal Larondelle

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