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Initiative inédite des Etats-Unis et d’autres pays pour faire baisser les cours du pétrole : quels effets pour les consommateurs ?

23 nov. 2021 à 13:08 - mise à jour 23 nov. 2021 à 19:04Temps de lecture2 min
Par Lavinia Rotili, Simon Bourgeois, Belga

Les Etats-Unis et d’autres pays, dans une initiative coordonnée présentée comme inédite par les Américains, vont utiliser leurs réserves stratégiques de pétrole pour tenter de faire baisser les cours de l’or noir, a annoncé mardi la Maison Blanche.

La première puissance économique mondiale va mettre sur le marché 50 millions de barils de pétrole. Pour Washington, c’est une démarche inédite. Cela faisait dix ans que les Etats-Unis n’avaient plus touché à ces réserves : c’était le cas notamment pendant les printemps arabes.

En augmentant l’offre, les Etats-Unis et les autres Etats espèrent faire mécaniquement baisser les cours. Le principe est simple : on augmente l’offre pour faire en sorte que le pétrole soit moins rare et, donc, moins cher.

Un vrai problème pour les Etats-Unis

En effet, cela fait plusieurs semaines que Washington demande aux gros producteurs de pétrole tels que l’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak d’augmenter leur production. Une demande à laquelle ces pays répondent, mais de manière insuffisante : ce n’est pas assez pour satisfaire une demande très importante à un moment de reprise économique comme celui qu’on connaît. Sans compter que les pays qui produisent le pétrole ont tout intérêt à le vendre plus cher.


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Si les Etats-Unis prennent aujourd’hui cette décision plutôt rare, c’est que derrière le prix du pétrole se cache un véritable enjeu politique pour la présidence Biden : "Le principal problème des Etats-Unis aujourd’hui est l’inflation, qui a monté jusque 6,2%. C’est trop élevé et ça a un impact sur le pouvoir d’achat des ménages. Il s’agit donc de quelque chose susceptible de ralentir la croissance : voilà pourquoi Biden souhaite faire descendre les prix", analyse Xavier Timmermans, spécialiste du marché pétrolier chez BNP Paribas.

Une opération menée avec plusieurs Etats

Cette opération se fait en parallèle avec d’autres Etats gros consommateurs d’or noir, en particulier la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume-Uni, selon la Maison Blanche. Un haut responsable de l’administration américaine a assuré qu’une telle coordination était une première.

La flambée des prix à la pompe aux Etats-Unis, très gros consommateurs d’essence, pose un problème politique majeur au président Joe Biden. Ses tentatives de faire pression sur les pays producteurs, notamment l’Arabie saoudite, pour qu’ils augmentent leur offre n’ont jusqu’ici pas réussi.

Quelles conséquences pour le consommateur belge ?

Si la démarche semble être orientée essentiellement pour favoriser le consommateur américain, on peut toujours se demander si les effets de cette opération se feraient ressentir également ici en Europe ou en Belgique.

En ce sens, il faut déjà signaler que le marché est mondial : si les prix descendent donc aux Etats-Unis, ils devraient logiquement descendre ici aussi. La vraie question, et c’est là que le bât blesse, c’est de savoir comment vont réagir les autres gros producteurs tels que l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, etc.

En effet, s’ils souhaitent garder le prix du pétrole à un niveau assez élevé, ils peuvent toujours fermer un peu leur robinet. Autrement dit, diminuer leur production pour contrecarrer et neutraliser les effets de l’ouverture du robinet américain.

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