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Information: peut-on diffuser toutes les images qui exposent un fait d'actualité?

Information: peut-on diffuser toutes les images qui exposent un fait d'actualité?
09 oct. 2017 à 12:06 - mise à jour 09 oct. 2017 à 12:062 min
Par Audrey Vanbrabant

Les images parlent. Beaucoup. Elles peuvent tout dire, de la vérité à son contraire. Dans une actualité toujours plus rapide, plus dense, ce sont souvent elles qui permettent d'accrocher l'œil du lecteur et de l'internaute. On peut lire: "Les premières images du drame" ou encore "Cette photo poignante qui fait le tour du monde", "Attention, certaines images peuvent choquer". L'info se fait aussi, surtout, en images. Mais peut-on tout diffuser? Comment agir dans l'urgence de l'actualité? Comment authentifier une photo quand tout le monde devient photographe grâce à son téléphone? 

Attentats de Las Vegas

On dit souvent que les images valent 1000 mots. À se demander si l'actualité ne pourrait pas, parfois, se résumer par une simple photo. Avec l'avènement des réseaux sociaux, une information peut être diffusée à une rapidité fulgurante. Il en va de même pour les photos et les vidéos. Lors des attentats de Las Vegas début octobre, les clichés sont arrivés par dizaines sur nos différents canaux d'informations. Par exemple, celle d'un homme qui protège le corps de son épouse. 

Information: peut-on diffuser toutes les images qui exposent un fait d'actualité?
Information: peut-on diffuser toutes les images qui exposent un fait d'actualité? Getty Images David Becker

Dorian de Meeûs, rédacteur en chef à La Libre Belgique, explique que, dans ce cas de figure, la photo n'a pas été utilisée directement: "Ce qui arrive souvent avec ce genre d’événement c'est qu'on n'utilise pas directement ce genre de photo. Puisqu'on ne sait pas si c'était une personne blessée ou morte. On a une déontologie, on ne peut pas montrer le visage de quelqu'un de mort comme ça. On devait attendre l'histoire réelle."

Traque à la fake news

Difficile aussi pour des médias qui se situent au front de l'actualité de dénicher les fausses informations. Fréquemment, il arrive que des photos ou des vidéos d'événements antérieurs refassent surface pour illustrer une actualité chaude. Malgré le fait qu'il existe des outils pour savoir où les images ont réellement été prises, il n'est pas impossible qu'elles soient utilisées à mauvais escient. 

Se pose une autre question : faut-il montrer des photos de victimes d'attentats, de guerres, etc. ? Selon Dorian de Meeûs, si les journalistes ne le font pas, il en va de la désensibilisation de l'audience. En particulier quand un événement tragique a lieu à l'étranger. "Il faut se rendre compte que si on ne met pas des visages sur les chiffres hallucinants, les gens ne vont retenir que des nombres."  

Images justifiées

Aussi, l'utilité d'une image semble se calculer en fonction de son sens informatif. "Il y a eu tellement d'erreurs avec les attentats de Paris et de Bruxelles que nous sommes beaucoup plus vigilants" conclut Dorian de Meeûs.

Avec la rapidité et la puissance d'Internet, il est désormais possible de tomber nez à nez avec des clichés violents et sans aucune portée informative. Même si l'individu doit établir des filtres par lui-même, les rédactions ont également pour mission de prendre le soin de ne pas tomber dans le voyeurisme et ce, peu importe le sujet d'actualité abordé. 

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