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Chroniques

Index : la dernière (s)cène

Index : la dernière (s)cène
18 mars 2015 à 05:412 min
Par Bertrand Henne

Pour l’opposition c’est une question de scénographie politique, il fallait faire trainer le plus possible les choses. Il fallait montrer que ce saut d’index qui suscite pour les syndicats une lutte dans la rue, mérite pour les partis de gauche et de centre gauche une lutte quasi physique au parlement. Même si l’issue du combat était connue d’avance.

Pour Kris Peeters, ministre de l’emploi, CD&V c’est l’inverse, c’est donc un long accouchement, douloureux puisque son parti a mal à ce qui lui reste d’aile gauche et de relais du syndicat chrétien. Un long accouchement, mais au final la satisfaction que ce saut d’index soit derrière, acquis avant que fleurissent les mobilisations syndicales du printemps. C’est l’une des explications de l’urgence demandée par la majorité au parlement. Un accouchement douloureux plutôt qu'un supplice chinois.

Y avait-il urgence ?

Économiquement non. Il y aurait eu urgence en période de très forte inflation, ou le saut d’index permet d'éviter d’alimenter la spirale inflationniste et à l’Etat de rééquilibrer ses comptes. C’est tout l’inverse aujourd’hui. L’inflation ressemble au relief de la campagne hesbignonne. Quasiment plat et largement dégagé.

Politiquement c’est différent. Il y a la volonté de dire aux syndicats, " c’est acquis, on ne reviendra pas dessus ", c’est un acte d’autorité. C’est dire que cette mesure symbole du retour à la compétitivité voulu par le gouvernement, sous l’impulsion de la NVa, est hors de portée de l’opposition, des syndicats ou même du CD&V.

Il y a la volonté d’apaiser certains secteurs où l’indexation est appliquée différemment et qui sont proches de l’indice pivot. C'est l'explication technique donnée par Kris Peeters. Elle est valable puisque Marc Goblet avait lui aussi évoqué ces secteurs particuliers pour dire lui l'urgence à ne pas faire de saut d'index.

Et puis il y a aussi la volonté que le saut d’index soit acquis pour le contrôle budgétaire à venir.

L’index est un empêcheur d’augmenter la TVA en rond.

Car dans ce contrôle budgétaire se discutera, se décidera peut être le fameux Tax shift, le Transfer de fiscalité. Et au minimum on évoque une augmentation de la fiscalité environnementale, les accises sur les carburants et une augmentation de certains taux réduits de Tva. Or ces hausses impliquent une augmentation des prix, donc de l’indice santé ce qui génère une indexation. Une indexation qui annule en partie le gain pour l’État de ces hausses de fiscalité indirecte. L’index est un empêcheur d’augmenter la TVA en rond. Enfin plus depuis ce matin…

Bertrand Henne

Index:la dernière (s)cène - La chronique de Bertrand Henne

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