Belgique

Incroyable découverte de dinosaures de la fin du Jurassique aux USA bientôt à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

08 sept. 2022 à 12:09 - mise à jour 08 sept. 2022 à 12:09Temps de lecture3 min
Par Céline Biourge avec Lucie Dendooven et Sarah Heyndricks

Cet été, les squelettes de cinq dinosaures de la fin du Jurassique ont été mis au jour aux Etats-Unis dans le centre du Wyoming. Cette découverte est le résultat d’une campagne de fouilles entreprise par les paléontologues de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB). Deux de ces dinosaures sont en cours de rapatriement vers Bruxelles, les autres suivront dans les deux ou trois prochaines années.

A première vue, ces ossements semblent appartenir à un jeune Camarasaurus, à un Dryosaurus, à une sorte de Brachiosaure et à deux "dinosaures carnivores de taille moyenne, probablement de 5 ou 6 mètres de long", selon Pascal Godefroit, paléontologue à l’IRSNB et chef d’expédition.

Un dinosaure géant au long cou de 30 mètres de long et 10 mètres de haut

"Les plus spectaculaires sont ceux de deux longs cous, des dinosaures sauropodes. Nous n’avons pas trouvé de Diplodocus, mais un long cou d’un type un peu différent, c’est ce qu’on appelle un Camarasaure", explique Pascal Gedfroit.

Un des restes des cinq dinosaures découverts dans le Wyoming cet été.

"Nous avons entièrement fouillé un squelette complet plus ou moins articulé, d’une douzaine de mètres de long. C’était probablement un ado. Et sous ce petit long cou, nous avons découvert un squelette absolument énorme d’un dinosaure de type probablement brachiosaure. Ça, c’était vraiment les supergéants du Jurassique. Nous avons découvert des vertèbres qui font plus d’un mètre de haut. Donc, c’est vraiment un dinosaure gigantesque. On peut estimer que sa taille complète dépassait les 30 mètres de long pour une hauteur dépassant les 10 mètres !"

Si les restes de ce gigantesque dinosaure doivent encore être rapatriés, sa taille pose problème pour le musée : "Alors, comment nous allons les exposer ? Ça, c’est un autre problème et je pense qu’à chaque jour suffit sa peine".

Le jeune Camarasaurus (pratiquement complet) et le Dryosaurus sont donc les deux dinosaures en cours d’acheminement, le Dryosaurus étant "un petit iguanodon primitif de très petite taille" d’environ 1m20 de long. Trois à quatre tonnes d’ossements qui devraient arriver par containers en fin d’année. Le temps de les nettoyer et de les étudier, ces squelettes pourraient être exposés dès 2025.

Des dinosaures qui en cachent beaucoup d’autres

Cette découverte, selon Pascal Godefroit, on la doit à celle d’Arkhane en 2014. Une nouvelle espèce de dinosaure retrouvée dans le gisement de Pine Pit au Wyoming et exposée depuis 2019 dans la Galerie de l’Evolution du Musée royal des Sciences naturelles à Bruxelles.

"Il faut savoir que ce spécimen a été découvert par une équipe de paléontologues commerciaux. Aux Etats-Unis, si vous découvrez un dinosaure dans votre jardin, vous pouvez le vendre à n’importe qui, n’importe où dans le monde ; c’est vraiment une spécificité des Etats-Unis. Donc, pendant deux ans, des Allemands ont fouillé Arkhane. Ils ont décidé de le vendre et ce squelette a finalement été vendu aux enchères à Paris en 2018 où il a été acquis par un collectionneur privé qui a décidé de le laisser au musée de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Donc, nous avons assez rapidement décidé de retourner sur le gisement de la découverte d’Arkhane pour essayer de trouver d’autres squelettes et pour préciser son environnement, son âge, son écologie… Donc cette année-ci, nous sommes vraiment retournés dans la carrière dans laquelle Arkhane a été découvert et nous avons découvert sous Arkhane, vraiment un empilement de squelettes de dinosaures à long cou, une sorte de lasagne de dinosaures sauropodes dont nous avons entrepris la fouille."

Des fouilles sponsorisées par un mécène privé.

"La question est de savoir ce que nous allons découvrir au cours de ces 3 à 5 ans de fouilles. Bien entendu, si nous découvrons des squelettes spectaculaires, nous allons les exposer dans notre galerie des dinosaures."

Pourquoi autant de dinosaures au même endroit ?

Le paléontologue de l’Institut royal des Sciences naturelles rappelle qu’il y a "150 millions d’années, ces dinosaures vivaient dans un environnement de vaste plaine alluviale, parcouru de fleuves, de rivières et sous un climat subtropical. Ça veut dire que régulièrement, il y avait de fortes pluies qui créaient des crues très importantes et ces crues balayaient vraiment tout sur leur passage, dont des cadavres d’animaux, morts à droite ou à gauche. Et finalement, ces corps terminaient accumulés à certains endroits. C’est ce qui explique que dans cette formation de Morrison (une strate géologique avec des vagues de collines de couleur beige, grise et rouge, ndlr) aux Etats-Unis, on va retrouver des empilements phénoménaux de cadavres de dinosaures".

"C’est vraiment un hasard", ajoute-t-il, "les animaux se sont empilés à certains endroits. Maintenant, à nous de les retrouver ! Dans cette région il faut savoir qu’il y a des milliers de squelettes de dinosaures plus ou moins complets qui n’attendent que d’être découverts !"

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